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Les femmes africaines au secours de l’agriculture africaine

L’agriculture africaine a besoin de bras. Les femmes y ont donc leur place et un rôle de plus en plus important à jouer. La campagne « Nous sommes la solution : célébrons l’agriculture familiale africaine » a été lancée à Dakar la semaine passée. Appelée à durer trois ans et à s’élargir progressivement aux autres régions du continent, elle est portée par douze associations de femmes rurales d’Afrique de l’Ouest.

Ce forum propice aux concertations entre organisations régionales et plateformes de producteurs africains a permis d’aborder les questions de souveraineté alimentaire en Afrique: impliquer davantage les femmes dans la production et la commercialisation des produits agricoles semble aujourd’hui être une nécessité pour développer l’agriculture africaine.

Un constat de l’état de l’agriculture africaine

80% de la population sont nourris par les petits producteurs. Malgré les ressources naturelles encore importantes et les savoir-faire des millions de femmes paysannes productrices agricoles vivant et travaillant dans leurs exploitations familiales agricoles, la région demeure fortement dépendante de l’extérieur pour son alimentation.

Cette contradiction est le produit de politiques agricoles nationales encore insuffisamment adaptées, d’insuffisance dans la mobilisation sociale et dans l’organisation des paysans et producteurs agricoles. Elle résulte également d’une trop faible efficacité des espaces et des mécanismes de dialogue entre les acteurs nationaux.

Cela a conduit à rendre les pays et les populations plus vulnérables face aux aléas Ces questions peuvent être réglées avec des politiques basées sur la souveraineté alimentaire, c’est-à-dire le droit pour tout pays ou ensemble de pays à définir sa politique agricole dans l’intérêt de ses populations, à développer et protéger ses productions et ses marchés afin que ceux-ci puissent satisfaire les besoins d’une alimentation saine, suffisante.

Une prise de conscience civique du rôle primordial d’une agriculture autosuffisante en Afrique

En moyenne, les femmes représentent 43 % de la main-d’œuvre agricole dans les pays en développement, cette proportion atteint presque 50 % en Afrique subsaharienne. Conscients des rôles et responsabilités qui sont les leurs vis-à-vis des populations qu’elles représentent, les organisations africaines de femmes rurales chargées d’opérationnaliser la campagne ont décidé de réagir.

En effet le secteur agricole en Afrique est la base du bien-être de la majorité de la population, de la richesse régionale, de la préservation des ressources naturelles, de l’avenir de la jeunesse, des sociétés et de la paix sociale. Le développement agricole du continent peut donc se fonder sur le développement de l’agriculture familiale avec une forte connotation agro-écologique mettant en valeur les savoirs traditionnels et les pratiques endogènes agricoles.

Car l’agriculture est la base de la promotion industrielle et économique à travers ses multiples secteurs que sont la production végétale, l’élevage, la pêche, l’exploitation forestière et la transformation de produits agricoles.

Les pratiques agricoles traditionnelles et les savoirs locaux sont une solution aux crises agricoles et économiques dans le monde rural. Une solution à laquelle les femmes contribuent en jouant un rôle primordial dans tout le processus de production, de transformation et de commercialisation agricole.

La souveraineté alimentaire ne saurait être atteinte sans une forte implication des femmes

Selon un rapport de la FAO, si les femmes dans les zones rurales avaient le même accès que les hommes à la terre, aux technologies, aux services financiers, à l’instruction et aux marchés, il serait possible de nourrir 100 à 150 millions de personnes en plus dans le monde…

On estime à 925 millions le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde en 2010, dont 906 millions dans les pays en développement. Ce rapport est une puissante plaidoirie en faveur de la parité hommes-femmes dans l’agriculture.

Rien qu’en donnant aux agricultrices le même accès que les agriculteurs aux ressources agricoles, il serait possible d’augmenter de 20 à 30 % la production des exploitations gérées par les femmes dans les pays en développement.

Cela se traduirait par une augmentation de la production agricole des pays en développement de 2,5 à 4 %, ce qui réduirait de 12 à 17 % le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde, soit 100 à 150 millions de personnes.

Afrique Avenir

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