Le ministre de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, a rencontré respectivement les agents préposés et les assistants des douanes (de 8h à 10h) ainsi que les inspecteurs et les contrôleurs (de 10h à 12h) le jeudi 5 mai 2011 à l’Ecole nationale des douanes. Objectif, discuter avec les douaniers de leurs revendications qui ont trait notamment à de meilleures conditions de vie et de travail.
C’est par les agents préposés et les assistants des douanes qu’ont débuté les concertations avec le ministre de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, le jeudi 05 mai 2011 à l’Ecole nationale des douanes. Débutée sous le coup de 8 h, la rencontre a duré près de 2 h. “Nous sortons satisfaits de cette rencontre. Cela nous réconforte davantage et nous permettra de donner le meilleur de nous-mêmes une fois de retour à nos postes”, a souligné à leur sortie, l’assistant des douanes Mathieu Tokida Maré de la Brigade d’intervention. Pour lui, il ne faudrait pas attendre des situations conjoncturelles pour tenir ce genre de rencontres : “Le mieux serait de créer de cadres périodiques pour ce dialogue direct qui permettraient de résoudre pas mal de problèmes”.
“Contrairement à ce que pense le commun des mortels”, les douaniers croulent sous les problèmes à en croire M. Maré. Leurs difficultés sont liées notamment à l’insécurité : “chacun de nous a son Justin Zongo parce que pas mal de camarades ont été tués dans l’exercice de leur fonction et leurs ayants-droits n’ont pas été dédommagés. Nombre de dossiers sont pendants. Ça démoralise. Ces rencontres doivent permettre de mettre fin à nos problèmes. Il ne faut pas abuser de notre sagesse”.
Et de déplorer la difficulté de finition de leur siège à Ouaga 2000 arguant que bien qu’ils fassent entrer des recettes pour l’Etat, force est de constater qu’ils sont toujours abrités dans des bâtiments qui datent de l’époque coloniale. Pour l’assistant de douanes Boureima Ouédraogo, en poste à Ouaga Gare, il ne faudrait pas que les promesses restent des promesses ; “Toute entité de l’Etat où qu’elle soit, possède des armes. Nous, nous avons plusieurs types d’armes. Nous avons des armes qui font du bruit et qui crachent du feu. Nous avons aussi des armes qui ne font pas de bruit et qui ne crachent pas du feu mais qui sont plus destructrices. Nous voulons qu’ils prennent en compte nos revendications.
Nous restons toujours dans la logique du dialogue et de la concertation. Nous avons fini avec les promesses, les félicitations, des décorations, nous voulons des garanties pour nous et pour nos familles”. Garanties de sécurité et augmentation de salaires sont les principales revendications, à l’en croire : “On pense en général que les douaniers sont bien lotis. C’est une façade”. Après une courte pause, c’est le tour des inspecteurs et des contrôleurs des douanes d’entrer en conclave avec le MEF aux environs de 10 h.
Au dire du secrétaire général du Syndicat national des travailleurs des douanes (SYNATRAD), l’inspecteur des douanes, Daniel Gandéma, leurs concertations ont porté sur l’enrôlement des dossiers pendants en justice, de meilleures conditions de travail (notamment au niveau de l’Ecole nationale des douanes et de leur siège), la gestion des ressources humaines (la suppression des préposées de douanes et leur reclassement comme assistants), un statut particulier des douaniers, la formation des inspecteurs des douanes. “Ce n’est pas normal que ceux qui entrent inspecteurs des douanes sortent inspecteurs des douanes”, ajoute M. Gandéma pour qui il faut pencher sur le “dossier Galons” en se conformant aux pays de l’UEMOA.
Satisfecit du ministre Lucien Marie Noël Bembanba au sortir de ces rencontres qui ont eu, selon lui, pour but d’avoir un dialogue direct avec les agents des douanes pour mieux comprendre les préoccupations et mieux programmer les réponses à y apporter. “J’ai pris bonne note de leurs préoccupations et de l’urgence de les traiter, notamment les dossiers pendants en justice et l’amélioration de leurs conditions de travail. Nous allons nous y atteler et chaque fois que ce sera nécessaire, nous organiserons ce genre de concertations” , a-t-il promis.
Hyacinthe Sanou
Lobservateur




