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Les banques manquent de produits financiers adaptés aux besoins des Pme

Secteur bancaire – Ibrahima Diouf: « Les banques manquent de produits financiers adaptés aux besoins des Pme » – La Pme étant par excellence une entreprise risquée, les banques rechignent à y mettre leur argent, explique le directeur des Pme, Ibrahima Diouf. Il propose des solutions pour surmonter les écueils que rencontrent les Pme sur le chemin du financement. Les difficultés de l’accès des Petites et moyennes entreprises (Pme) sont de plusieurs ordres dont l’exigence de garantie par les banques sollicitées pour un crédit, explique le directeur des Pme, Ibrahima Diouf. « Les raisons des réticences des banques doivent être recherchées du côté même des banques où il y a une insuffisance de produits financiers adaptés aux besoins des Pme », estime M. Diouf.

L’exigence d’une garantie préalable à tout prêt posée par les banques « résulte du fait que le risque Pme est très élevé, c’est les Pme de tous les pays », a ajouté M. Diouf, joint au téléphone.

« La Pme par excellence est une entreprise risquée, marquée par l’empreinte d’une personne, son promoteur qui est l’homme-orchestre qui fait tout ». Ce qui engendre un risque spécifique, a-t-il ajouté.

Le deuxième handicap des Pme devant les banquiers, c’est souvent la faiblesse de leurs fonds propres. « Cette faiblesse explique que le banquier se dit que le promoteur ne croit pas en son projet, sinon son argent serait plus élevé avant qu’il ne sollicite un emprunt », estime le directeur des Pme.

La troisième raison des difficultés d’accès au financement réside dans l’absence de transparence dans la gestion même des Pme, explique Ibrahima Diouf. Les Pme ne produisent pas souvent d’états financiers fiables et réguliers, par conséquent les banques ne sont pas rassurées. Il y a également l’absence de maîtrise du marché par la Pme, car les banques n’aiment pas prêter à une personne qui pourrait avoir du mal à écouler ses produits.

L’exigence d’états financiers fiables

A son avis, le jeune promoteur d’une Pme a des besoins spécifiques différents de ceux de son confrère qui a fait dix ans ou qui est en phase de croissance. « Les banques n’offrent pas des produits adaptés à ces besoins » pour le démarrage ou la croissance ou la restructuration. Devant de pareilles situations, les banques appliquent des taux d’intérêt très élevés ou refusent d’accorder le prêt, poursuit le directeur des Pme.

L’environnement du crédit ne permet pas souvent de financer une Pme qui veut se lancer dans des investissements avec un financement sur le long terme car « nos banques n’ont pas de ressources longues », explique Ibrahima Diouf.

La plupart de nos établissements bancaires gèrent les épargnes de leurs clients retirables à tout moment. Donc, « il est hasardeux de prendre cet argent pour financer le long terme.

La rémunération de l’épargne n’est pas incitative pour que l’épargnant laisse son argent longtemps à la banque », poursuit M. Diouf. Que faire alors pour surmonter ces écueils au financement des Pme ?

Ibrahima Diouf estime qu’il faut d’abord préparer les Pme à produire des états financiers fiables, « il y va de leurs perspectives de croissance ». Il est aussi nécessaire de faciliter l’accès des Pme aux conseils d’experts comptables et financiers.

Sur ce point, les Pme n’ayant pas les moyens de s’attacher les services d’experts, Ibrahima Diouf propose que l’Ordre des experts, l’Etat et les partenaires trouvent un moyen de faciliter l’accès des Pme aux conseils.

Le directeur des Pme suggère que l’Etat mette en place un fonds de garantie « qui jouera la fonction de rendre solvable la demande exprimée par les Pme ». A son avis, « c’est une demande qui peut être satisfaite parce que les Pme ont la capacité de rembourser le crédit grâce à leurs activités et à la garantie de l’Etat.

C’est le rôle régalien de l’Etat ». Il invite à éviter les mauvaises expériences du passé. « Les fonds de garantie, dans le passé, n’étaient pas bien fonctionnels. Il faut que la nouvelle génération de fonds de garantie soit une initiative de l’Etat, avec la participation du secteur bancaire et du secteur privé, avec un mode de gestion privé », suggère Ibrahima Diouf.

« L’idée d’une banque des Pme poursuit son chemin »

Parmi les sources de financement, il y a les fonds d’investissement qui peuvent venir renforcer les capitaux propres des Pme et sortir de la spirale du refus des banques, estime Ibrahima Diouf.

Le marché financier est aussi une solution. « Il offre des opportunités en développant chez nous l’arrivée de fonds d’investissement. On a un vivier de Pme qui sont dans le Programme de mise à niveau et qui ont un profil de croissance intéressant », estime M. Diouf.

Sur ce point, il a révélé que le département des Pme envisage un forum international à Dakar sur le financement des Pme avec l’accent sur la Bourse des Pme qui sera une rencontre entre offreurs et demandeurs de financement.

« Nous pensons au portefeuille de 300 Pme du Programme de mise à niveau du Sénégal », ajoute M. Diouf. Quid d’une banque spécialisée dans le financement des Pme ? « L’idée poursuit son chemin », répond Ibrahima Diouf.

Il rappelle que lors de la deuxième concertation sur le crédit, en mars 2010, il a été recommandé la mutation du Fonds de promotion économique (Fpe) en banque de financement des Pme pour combler le vide constaté, aujourd’hui, avec la disparition des banques de développement du Sénégal.

L’Etat ne pouvant pas détenir à lui seul plus de 50 % du capital de cette banque, selon la Bceao, il faudra, dans une première phase, que l’autorité étatique soit actionnaire majoritaire pour ensuite rétrocéder ses parts au fur et à mesure au secteur privé, explique le directeur des Pme.

M. Ciss

Le Soleil

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