Pour la première fois depuis 2008, les assises des chefs d’audit interne des Banques centrales des pays francophones se tiennent en Afrique sub-saharienne.
Et c’est Dakar qui a été choisie pour accueillir cette 4e édition dont l’objectif sera de renforcer la coopération entre ces institutions financières soumises aux risques croissants qui pèsent sur l’économie mondiale.
‘L’union fait la force’. Cette devise résume et justifie bien la démarche de la conférence des chefs d’audit interne des Banques centrales des pays francophones, qui se déroule depuis hier à Dakar.
En effet, face aux risques et aux incertitudes qui planent sur l’économie mondiale, le secteur financier doit être surveillé de près afin d’éviter qu’il ne bascule dans une crise, comparable à celle de 2008 ou encore à celle que connaît actuellement l’Europe.
C’est ce qu’a rappelé, hier, le gouverneur de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao), Tiémoko Meyliet Koné, à l’ouverture de la session de réflexion qui réunit 17 institutions couvrant 28 pays francophones à travers les continents africain, asiatique et européen.
‘La crise financière a récemment mis en lumière les difficultés des banques, ayant un portefeuille important d’actifs publics, ainsi que certaines faiblesses de la régulation et de la supervision bancaire qui méritent d’être corrigées’, note le président de séance.
Décrivant de nouveaux dangers tels que la cyber criminalité, par exemple, apparue avec le développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (Ntics), le gouverneur de la Bceao a appelé les différentes institutions concernées et leurs responsables dans le domaine de l’audit interne à ‘recueillir (au cour de ces 4e assises, Ndlr) d’importantes informations pour l’amélioration continue des pratiques d’audit interne et pour mieux assurer la conformité avec les normes internationales’.
L’objectif est, en effet, d’aller dans le sens d’un renforcement de la coopération entre ces acteurs majeurs du système financier. Qui, en partageant leurs expériences et savoirs techniques, pourraient envisager des solutions viables afin d’accroître leur vigilance et leur contrôle. Ce, grâce à une ‘évaluation appropriée des risques, des contrôles et de la gouvernance d’entreprise’, précise Koné.
Les débats porteront, durant ces deux jours, sur les perspectives de l’audit interne des banques centrales mais aussi et avant tout sur ‘les problématiques de risques, d’organisation, de méthode, de système d’information et de moyens humains ou techniques appropriées’, annonce le gouverneur de la Bceao.
Rappelons que cette rencontre de Dakar a lieu après les sessions tenues en France en 2008, au Maroc en 2009 et au Liban en 2010. Elle se déroule dans un contexte où l’économie mondiale est exposée à des risques liés à la question de la soutenabilité des dettes souveraines, à la fragilité du système financier et aux incertitudes sur la croissance économique.
Walf Fadjiri




