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Léonce Koné tape du poing sur la table

Sur la disponibilité, la hausse des prix et la qualité des produits de grande consommation, le ministre du Commerce, de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat, Léonce Koné, a donné un point de presse le jeudi 26 août 2010 à la Maison de l’Entreprise. Entouré de ses collaborateurs immédiats et de certains responsables de sociétés, il a fourni des informations qui s’imposent, non sans évoquer les mesures de réajustement et le retour aux prix normaux pour soulager les consommateurs.

Abordant d’entrée de jeu le point sur les hydrocarbures, le ministre Léonce Koné, appuyé par la suite dans ses propos par le directeur général de la SONABHY, Hubert Yaméogo, a rappelé que depuis février 2001, le gouvernement a adopté une politique de fixation des tarifs à la pompe, fondée sur l’application relative de la vérité des prix du marché international. Traduction.

Lorsque le prix sur le marché mondial baisse, le consommateur final doit en bénéficier à travers une réduction du prix à la pompe. Quand c’est le contraire, le prix à la pompe doit normalement être réajusté à la hausse. Toutefois, les hydrocarbures étant des produits de première nécessité, l’Etat a opté pour un mécanisme qui ne répercute pas brutalement et systématiquement sur le consommateur, l’augmentation de prix observée sur le marché international.

C’est ce qu’on a pu constater les sept derniers mois, a indiqué le chef du département du Commerce. De février à juillet de l’année en cours, le soutien du gouvernement à travers la SONABHY a été de 6 500 000 F CFA. Le réajustement des prix en août lui a donc permis d’éviter un effort d’ajout de 1 050 000 000 de F CFA. Continuer dans cette lancée pouvait dangereusement mettre à mal la situation financière de la Nationale des hydrocarbures et entraîner une perturbation de l’approvisionnement du Burkina en produits pétroliers.

Il faut retenir donc que l’augmentation des prix décidée le 11 août passé (6%) correspond à un ajustement qui a été largement différé, après que l’Etat a consenti un effort pour assurer aussi longtemps que possible le maintien des prix à la pompe. Pour ce qui est du gaz domestique, le mot d’ordre est que les distributeurs qui ont l’agrément pour la commercialisation du gaz butane soient naturellement les seuls habilités à consigner et à déconsigner les bouteilles de gaz. Sur le terrain, ce n’est pas le cas.

Des bouteilles ne présentant pas toutes les garanties de sécurité et n’appartenant, le plus souvent, à aucune société de distribution sont anarchiquement vendues par le secteur informel, à Ouaga comme à Bobo. Cela n’est pas sans freiner les actions menées pour assainir le marché du gaz. Les transactions en matière de sucre, en cette période de jeûne où on enregistre une forte demande, souligne le ministre Léonce Koné, se caractérisent par un bon niveau d’approvisionnement des marchés.

Cependant, on note une légère tension sur les prix au consommateur, malgré la disponibilité du produit et la stabilité du prix fournisseur (SODISUCRE). Que dire du ciment ? Sa disponibilité ne souffre d’aucun débat, selon le ministre, et même que l’offre de Diamond Cement Burkina (DCB) qui est de 12 000 tonnes de ciment par semaine est complétée par des importations provenant essentiellement du Ghana et dans une moindre mesure du Togo.

Comme les autres produits ci-dessus cités, on remarque actuellement une légère augmentation des prix au consommateur par rapport à leur niveau d’avant le réajustement des prix sortie-usine de DCB. Le sac de 50 kg s’achète présentement entre 6 250 et 6 500 F CFA, contre 6 000 F CFA en moyenne auparavant. Le réalignement des prix de DCB en début août 2010 se justifie par la prise en compte des nouvelles charges que la société supporte depuis mars dernier.

Des dispositions coercitives

Au regard de ce qui précède, des mesures énergiques et contraignantes sont prises par le ministère et ses partenaires pour des solutions à court et moyen terme. Il s’agit notamment d’informer les consommateurs de l’achat des bouteilles aux seuls points de vente agréés ; de fixer un délai aux vendeurs de bouteilles pour la restitution à chaque distributeur agréé de sa marque de bouteille, en contrepartie du taux de consignation en vigueur, sous peine qu’elle soit retirée et le vendeur poursuivi et puni par la loi…

Le moins que l’on puisse dire est que le ministère en charge du Commerce a tapé du poing sur la table. Résultat, les prix ont été réajustés comme il se doit. Dans les boutiques, le sucre s’obtient entre 650 et 750 F CFA/kg et dans les grandes surfaces entre 750 et 900 F CFA/kg. Les chaînes de supermarchés Marina Market et SCIMAS ont pour leur part ramené les coûts à 700 F CFA/kg le sucre en morceau et 650 F CFA/kg celui en granulé.

Dans un délai d’une semaine, le prix du ciment reviendra à son niveau d’avant le réajustement, a savoir 6 000 F CFA/sac maximum. Ce tarif pourrait se stabiliser et même baisser avec l’accroissement de l’offre annoncé grâce aux importations attendues. DCB se met au premier plan pour contribuer à juguler les prix, améliorer la qualité du ciment.

Stratégie adoptée, la sensibilisation continue des distributeurs ; l’importation mensuelle de 15 000 tonnes/mois ; la réalisation effective d’une production de 55 000 tonnes/mois ; le perfectionnement de la qualité de l’emballage. Le département du Commerce, a martelé son premier responsable, malgré un marché libéralisé, s’investira toujours sur le terrain comme il l’a toujours fait à travers ses services techniques pour contrôler les prix, afin de mettre à l’abri le portefeuille des consommateurs qui ne fait que perdre du poids.

D. Evariste Ouédraogo

Source : lobservateur.bf

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