Au moment où d’aucuns défendent le désengagement de l’Etat voire sa disparition dans certains secteurs, l’inspecteur général d’Etat, Boubacar Camara prononçant la leçon inaugurale de l’année académique 2010-2011 de l’Ucad, soutient que la puissance publique (Etat) en plus que jamais présente même si elle s’est inscrite dans une dynamique de modernisation.
Le conférencier estime à cet effet que l’Etat est le fruit d’une évolution et chacun d’entre nous se reconnaît à travers un Etat. D’où la pertinence selon lui de plaider pour un mieux service de l’Etat. Et d’ajouter : « que le citoyen le veuille ou non, il bénéficie des services de l’Etat ».
“Le citoyen retient une sorte de responsabilité sans faute dans toutes les situations qu’il ne peut pas régler lui-même“, poursuit-il. Celui-ci, au-delà de ses missions régaliennes traditionnelles, a une fonction sociale et environnementale importantes.
Servir l’Etat, c’est résister et rembourser
Définissant l’Etat, le conférencier et ancien Directeur général des Douanes, souligne que les éléments constitutifs de celui-ci sont la population, le pouvoir politique et le territoire.
L’Etat est organisé pour garantir les équilibres entre le pouvoir politique et les citoyens ou entre gouvernants et gouvernés.
Sa fonction de ce cas pense le fonctionnaire de l’Etat, est de favoriser le développement économique et social. Par voie de conséquence, il ne doit pas constituer une menace pour le citoyen.
En plus du triomphe de l’Etat, il y a le fait qu’il soit un instrument de cohésion sociale. Selon lui, toutes les fonctions de l’Etat ont une égale dignité et personne ne peut remplacer l’Etat dans ses fonctions.
Pour ce serviteur de l’Etat, les exigences de servir l’Etat pèse sur ses ressources humaines que sont les fonctionnaires et les agents de l’Etat.
Au regard de tout ce qui se passe dans l’administration, M. Camara s’est posé la question de savoir : « Est-ce que tous les agents de l’Etat ont une claire conscience du rôle de celui-ci ?».
“Il faut que ces derniers sachent qu’ils portent l’image de l’Etat“, ajoute-t-il. L’inspecteur général d’Etat et Docteur en droit estime que certains comportements tels le détournement de pouvoir, la corruption et l’enrichissement illicite, l’absentéisme, découragent les citoyens.
Et de poursuivre “le sentiment d’injustice révolte les populations, d’où l’obligation pour l’Etat de surveiller le comportement de ses agents“. “En clair martèle-t-il, il faut que l’administration soit soumise au droit ; au cas contraire, le citoyen n’est pas protégé“.
Dans son analyse, Boubacar Camara soutient que le fonctionnaire doit avoir un certain nombre de vertus telles la discrétion professionnelle, la neutralité, la probité, la réserve et l’obligation de servir l’Etat.
Car, indique-t-il, “la valorisation du fonctionnaire est une source de crédibilité de l’Etat“.
Toutefois, note le conférencier, “les contestations quelles soient estudiantines, syndicales, politiques ou religieuses, commencent à fragiliser la puissance de l’Etat“. “Et, à partir de ce moment, il est obligé de cohabiter avec d’autres forces. C’est dans ce sens qu’on voit un fonctionnaire qui détourne des deniers publics et va voir son marabout pour échapper à la prison“.
Il s’y ajoute la décentralisation, le secteur privé et la régulation qui tendent à réduire la puissance de l’Etat.
Le Conférencier estime à ce niveau qu’il faut développer des “externalités“ qui selon lui “ne remettent pas en cause la puissance de l’Etat“.
Par Cheikh NDONG, sudonline.sn
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