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Le SYNTER au Ministre de l’Economie et des Finances : « Le ministre est-il membre du SYNADEC ? »

Dans la lettre ci-dessus adressée au ministre de l’Economie et des Finances, le Comité SYNTER de la Directon générale des inspections et de la formation des personnels de l’éducation (DGIFPE) dénonce un traitement inique et tendancieux. Au total, il invite le ministre à reconsidérer sa position.

Monsieur Le Ministre,

Le Comité SYNTER de la Direction générale des inspections et de la formation des personnels de l’éducation (D.G.I.F.P.E) vient, par la présente, vous exprimer son total désaccord, au nom de tous les encadreurs pédagogiques, quant au contenu de votre lettre n° 2010-1974/MEF/SG/DGCTP/DAMOF/SEPE du 23 Juillet 2010, adressée au ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique. Cette lettre ayant pour objet « Révision d’une délibération », traduit votre ignorance de la situation réelle de l’encadrement pédagogique dans notre pays. Afin de vous éclairer ainsi que l’opinion publique nationale, le Comité SYNTER de la DGIFPE tient à faire :
– le point sur le sort réservé aux encadreurs dans les écoles de formation des enseignants du secondaire.
– l’analyse critique du contenu de votre lettre.

1. De la situation des encadreurs pédagogiques dans les écoles de formation des enseignants du secondaire

Depuis quelques temps, la situation des encadreurs pédagogiques en service dans ces établissements ou y intervenant s’est dégradée de façon notable. Deux faits, entre autres, peuvent l’illustrer de manière éloquente :

1.1. La discrimination

Les encadreurs pédagogiques sont victimes de mesures discriminatoires car « ils ne sont pas des universitaires de rang magistral ». Sollicités initialement dans ces établissements pour leurs compétences, ils sont aujourd’hui classés comme des « Enseignants à temps plein ou E.T.P. » Avec l’adoption des nouveaux textes pour l’enseignement supérieur, ce sont les plus chargés en termes de volume horaire. Pourtant, à l’ouverture de ces écoles, on leur a fait miroiter quelques avantages afin de les « débaucher » de la Direction générale des inspections et de la formation des personnels de l’Education. En effet, pendant que les enseignants de rang universitaire voient leurs indemnités augmenter parfois de plus de 100%, les prises en charge des diverses prestations des encadreurs n’ont connu qu’une augmentation symbolique. Par exemple, l’inspecteur qui percevait quatre mille deux cent soixante quinze (4 275) F CFA comme taux horaire pour les examens pratiques des élèves professeurs, perçoit maintenant quatre mille cinq cent (4 500) F CFA. En déduisant les deux pour cent d’impôt, il reste quatre mille quatre cent dix (4410) F CFA soit une augmentation de 2% environ.

1.2. Un traitement inique

Avec les nouveaux textes, l’inspecteur de l’enseignement secondaire, président des jurys d’examen pratique, est moins bien rémunéré que l’enseignant d’université qui est imposé parmi les membres de jury d’examen pratique. Celui dont la responsabilité est la plus engagée dans l’acte d’évaluation certificative est rémunéré moins qu’un simple membre dont la place n’est pas toujours justifiée. C’est comme si un professeur du secondaire qui intervenait à l’Ecole nationale des enseignants du primaire (E.N.E.P.) devait être membre de droit du jury de certification de l’examen pratique du Certificat d’aptitude professionnel (C.A.P.) de l’instituteur. De plus, il serait mieux payé que l’inspecteur du primaire qui conduit la certification. Ces exemples, sans être exhaustifs, montrent le niveau de frustration atteint par nos collègues à l’IDS et à l’ENS-UK. Devant cette injustice flagrante, les encadreurs pédagogiques avaient décidé de boycotter les examens professionnels de la session 2010 organisés par ces écoles. Devant la paralysie des examens, les premiers responsables du ministère des Enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique, notamment le secrétaire général, ont cherché à débloquer la situation à travers l’organisation de concertations. C’est dans ce contexte que vous-même, Monsieur Le Ministre, nous aviez informés de votre décision de soumettre le dossier à la Commission Interministérielle (C.I.M.) chargée du suivi de la règlementation des Etablissements publics de l’Etat (cf. 2e paragraphe de la lettre citée ci-dessus). En l’absence de propositions concrètes, et malgré le fort sentiment que ce n’était qu’une manœuvre dilatoire, les encadreurs pédagogiques ont accepté de faire subir les examens 2010 aux élèves-professeurs en attendant les conclusions des travaux de la C.I.M. C’est pourquoi, Monsieur le Ministre, c’est avec stupéfaction que nous avons reçu votre lettre ci-dessus, en réponse aux attentes des encadreurs pédagogiques.

2. De l’analyse critique de votre lettre

Pour le Comité SYNTER de la DGIFPE, le contenu de votre lettre est non seulement hors sujet, tendancieux et inapproprié, mais aussi il traduit un mépris souverain pour le personnel d’encadrement.

2.1. Une lettre au contenu hors sujet et tendancieux

En effet, en guise de réponse, vous écrivez ce qui suit à votre collègue du MESSRS : « Pour faire suite, j’ai l’honneur de vous informer qu’il ressort des travaux de cette Commission – C.I.M. ajouté par nous- réunie le jeudi 27 mai 2010, que la délibération prise est conforme aux conclusions des négociations Gouvernement-SYNADEC d’avril 2009 et doit être maintenue » (paragraphe 2 de votre lettre) Le contenu de cette lettre est hors sujet et tendancieux, en ce sens qu’au lieu de répondre aux préoccupations qui vous ont été posées, vous vous référez à des négociations auxquelles nous n’avions été associés ni de près, ni de loin. En quoi des conclusions de négociations entre des enseignants-chercheurs du supérieur et le gouvernement peuvent-ils engager des encadreurs relevant de l’enseignement secondaire ? Le ministre est-il membre du SYNADEC pour défendre, bec et ongles dehors, les acquis de ce syndicat ? Hors sujet, cette réponse est aussi tendancieuse car elle tend d’une part, à faire croire que le SYNADEC s’oppose aux intérêts des encadreurs pédagogiques, et d’autre part, que ces mesures discriminatoires seraient de leur fait.

2.2. Une lettre au contenu inapproprié

Cette lettre a aussi un contenu inapproprié. C’est bien la première fois qu’un membre du gouvernement montre tant de zèle à défendre et faire appliquer des accords avec les travailleurs. Nous en savons quelque chose car vous ne mettez pas la même détermination à appliquer des accords signés par vos prédécesseurs. Faut-il vous rappeler les conclusions du « Rapport final des négociations entre le gouvernement et les syndicats sur la relecture du régime indemnitaire applicable aux agents publics de l’Etat du 17 août 2000″ ? Suite aux négociations du 06 décembre 1999 au 17 août 2000, ce protocole d’accord a été signé par les deux parties. Dans ce protocole, le gouvernement donnait son accord pour revaloriser les indemnités servies aux travailleurs. C’est ainsi qu’eut lieu la relecture concertée du décret n°97-408/PRES/PM/MFPRE/MESSRS du 3 octobre 1997 portant régime indemnitaire applicable aux agents publics de l’Etat. Ce protocole stipule (page 7) que : « Nonobstant, la décision de préserver les avantages acquis pour les travailleurs bénéficiaires de diverses indemnités, les deux parties ont convenu de fixer les taux des indemnités de logement des enseignants et assimilés des catégories P aux taux de 60 000 F CFA, à l’horizon 2005.’’ Différents décrets furent pris dans le sens du respect strict dudit protocole. Durant plusieurs années, les agents publics de l’Etat ont ainsi constaté la revalorisation de leurs indemnités conformément aux dispositions du protocole d’accord de 2000. Dans leur ensemble, les agents publics concernés ont vu l’application effective desdites dispositions par des décrets successifs. Certaines catégories ont même dépassé leur niveau de 1986. Seuls les inspecteurs ne connaissent pas cette évolution de leur indemnité de logement. Sans raisons valables, les différents décrets maintenaient ladite indemnité à 35 000 francs CFA, contrairement à l’esprit et à la lettre du protocole d’accord du 17 aout 2000. Pourtant, l’indemnité de logement de l’inspecteur était de 50 000 F CFA en 1986 ! Le 30 décembre 2008, le décret n°2008-866/PRES/PM/MFPRE/MESSRS fixant les taux de l’indemnité de logement du personnel enseignant de la grille P, porte le nouveau taux de l’indemnité de logement des inspecteurs de l’enseignement secondaire à 40 000 francs CFA, sans aucune explication de la stagnation. Dans le même temps, après deux années de formation, les conseillers pédagogiques de l’enseignement secondaire voient leur indemnité de logement bloquée au niveau d’avant leur admission au concours. Malgré les actions multiples qu’ils ont engagées, seule une bonification d’un échelon leur a été accordée, en dépit de leur droit à un reclassement. Dans notre cas, on se rend compte que l’application d’un précédent accord syndicats-gouvernement ou la recherche de solutions aux questions posées depuis une décennie constitue le dernier de vos soucis. Par contre, avec l’IDS et l’ENS-UK, vous vous érigez en « Zorro » des accords bien plus récents signés avec le SYNADEC, en vous fendant d’une lettre qui exprime un mépris mal contenu.

2.3. Une lettre au contenu méprisant

Avant de conclure votre lettre, vous n’avez pas pu vous empêcher d’affirmer de manière péremptoire, à notre Ministre de tutelle ce qui suit : « aussi, il est à noter que les arguments avancés par des encadreurs pédagogiques ne sont pas fondés sur des dispositions règlementaires car l’assimilation d’une part, des inspecteurs de l’enseignement secondaire aux maîtres-assistants et d’autre part, des conseillers pédagogiques aux assistants, bien que tolérée autrefois, reste sans fondement juridique ». Il fallait le dire et c’est vous, Monsieur le ministre des Finances, qui avez écrit ces arguties balbutiées par certains enseignants obtus, engoncés dans un complexe de supériorité injustifiée. Au plan professionnel, nous ne sommes pas des maîtres- assistants et ces derniers ne sont pas des inspecteurs, malgré leurs savoirs académiques. Cela tombe sous le sens, mais c’est très déplorable, sous la plume d’un ministre des Finances. Au plan financier, nous sommes très chagrinés au SYNTER de vous rappeler que les inspecteurs de l’enseignement secondaire ont toujours été dans la grille P et y sont encore aujourd’hui. C’est pourquoi, nous demandons le rétablissement de notre indemnité de logement à la hauteur de celle de la grille P.

Pour conclure,

Monsieur le Ministre, loin d’avoir cherché à solutionner des problèmes réels, vous avez plutôt jeté de l’huile sur le feu, par votre lettre. « La tête est rasée mais pas damée, ni cuirassée ». Les examens 2010 ont eu lieu grâce à la roublardise. Mais d’autres examens approchent à grands pas. Aussi, le Comité SYNTER vous invite à reconsidérer votre position et à prendre en compte les préoccupations objectives du personnel d’encadrement pédagogique. Sinon, nous vous tiendrons pour responsable quant à la dégradation de la situation des encadreurs pédagogiques et de toutes les conséquences qui pourront en résulter. Monsieur le Ministre, recevez l’expression de notre détermination à défendre, pied à pied, les intérêts du personnel d’encadrement pédagogique.

Pour le bureau du Comité SYNTER de la DGIFPE Victor BARRY, Inspecteur de l’enseignement secondaire

Lepays

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