Face à l’offensive des pays asiatiques sur le marché mondial du coton et à l’abandon progressif de la filière en Afrique par les multinationales, l’Association des producteurs africains de coton (APROCA) engage la bataille pour la survie du coton africain.
Le Burkinabé, François Traoré, (58 ans), surnommé le José Bové africain qui présidait les destinées de l’APROCA depuis sa création en 2005 à Bamako, a passé le flambeau au Sénégalais, Sabaly Moussa. La cérémonie officielle de passation s’est déroulée ce vendredi 27 août à Bamako, à l’hôtel Olympe.
Récipendiaire en 2005 du prestigieux Prix de l’Institut agronomique de Gennebloux (Belgique) pour son combat en faveur du développement de l’agriculture africaine, François Traoré a été désigné par ses pairs comme président d’honneur de l’APROCA après de lourds sacrifices consacrés à la cause de la filière cotonnière mal en point.
Rompu aux tâches, d’un entregent atypique, le Sénégalais, Moussa Sabaly, président des Producteurs sénégalais de coton, est investi d’un mandat de cinq ans pour piloter cette association qui regroupe aujourd’hui 15 pays africains producteurs de coton.
Interrogé par Les Afriques, M. François Traoré a reconnu « Les Africains ne transforment pas. Il faut que nous, producteurs, nous affranchissions de cette barrière en s’appropriant tout le processus de la filière ».
Cette année, le Burkina qui espère récolter quelque 500 000 tonnes de coton contre 360 000 tonnes l’an dernier, est l’un des rares pays au Sud du Sahara à éponger la dette des contonculteurs, estimée à près de 30 milliards Fcfa. Deux banques locales, la BIB et Ecobank ont mobilisé pour la campagne 2010 plus de 60 milliards Fcfa pour sauver la filière.
A l’heure où les multinationales se désengagent progressivement de la filière en Afrique subsaharienne à l’instar de la CMDT au Mali et de la SODEFITEX au Sénégal, les Chinois sont devenus plus agressifs et se lancent tous azimuts dans la transformation via leurs unités industrielles du coton africain. A cela s’ajoutent les subventions accordées par certains pays occidentaux à leurs agriculteurs et le récurrent dumping exercé sur la filière, qui étranglent du coup les producteurs africains en incapacité d’imposer le label du coton africain.
Pour rappel, le coton qui fait vivre quelque 20 millions de personnes en Afrique, a entamé sa descente aux enfers ces dix dernières années.
Par Ismael Aidara
Source : lesafriques.com




