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Le secteur de l’assurance à la conquête des ménages africains avec des produits adaptés

Le marché des assurances est un secteur en expansion sur le continent africain. Même s’il reste assez marginal si on le compare au marché occidental, les grandes entreprises du continent et les PME n’hésitent plus à souscrire des contrats auprès des assureurs.

Mais si l’assurance progresse au niveau des entreprises et des professionnels, le grand public demeure encore largement sous-assuré. Afin de séduire une part plus importante de la population, les assureurs diversifient aujourd’hui leurs produits et proposent des couvertures santé ou décès en s’inspirant des méthodes mises en oeuvre par la micro-finance.

Adapter les assurances aux besoins des Africains

En Afrique, le sous-développement de l’assurance tient au faible niveau de vie de beaucoup d’Africains mais pas seulement. Il existe peu de produits adaptés aux besoins des populations. Parmi les besoins longtemps ignorés par la profession, l’assurance santé. Conscients du potentiel des produits santé, les assureurs s’y développent désormais. C’est le cas, par exemple, de NSIA. Le groupe panafricain d’origine ivoirienne a mis au point un produit d’assurance santé, Vitalis, qui prend en charge les soins pour les retraités. Surtout, il commercialisera dans les prochains mois un produit de micro­assurance santé. L’offre a été conçue par plusieurs assureurs de la région (NSIA, Cnart, Salama, CGA, Colina, Askia et Sonam) et le Centre international de développement et de recherche, un groupement associatif français. NSIA a par ailleurs fait du Mali son pays-pilote pour tous les types de produit de microassurance.

Essor de la micro-assurance

La micro-finance appliquée à l’assurance semble l’un des axes stratégiques adoptés par les assureurs subsahariens pour parvenir à conquérir le grand public. Avec des primes inférieures à l’assurance classique et un système de distribution décentralisée, s’appuyant sur des institutions de microfinance existantes ou des regroupements professionnels, les assureurs africains commencent aujourd’hui à atteindre de plus en plus de personnes sur le continent.

La Banque Mondiale a lancé sur ce principe une initiative visant à assurer 25 millions de pauvres en Afrique. Cette micro-assurance devrait ainsi couvrir leurs “business”. Le projet découle d’un investissement de 20 millions de dollars opéré dans Leapfrog Financial Inclusion Fund par la Société Financière internationale (SFI), filiale à part entière de la Banque mondiale. Les activités de Leapfrog sont essentiellement tournées vers l’Afrique du Sud, le Ghana et le Kenya, trois pays où seraient disponibles des compagnies partenaires et une expertise avérée en matière d’assurance commerciale.

Les assureurs plaident pour une législation obligeant les Africains à s’assurer

Pour bon nombre d’assureurs, il faudrait multiplier les obligations d’assurance, pour des impératifs d’ordre public : besoin de protéger les tiers en responsabilité civile, protection des biens des acquéreurs de maisons, retraite obligatoire par capitalisation.

En Afrique, en effet, les obligations légales d’assurances sont soit inexistantes (l’assurance habitation notamment), soit très mal respectées (assurance auto). On estime que si l’obligation d’avoir une assurance automobile était appliquée, le chiffre d’affaires auto des assureurs serait multiplié par deux.
Pour doper l’assurance vie, un produit à très fort potentiel auprès des salariés du secteur formel, les assureurs souhaiteraient également voir l’État prendre les choses en main en réalisant des incitations fiscales. L’effet serait alors presque garanti, car les épargnants trouveraient dans le versement de cotisations d’assurance-vie une façon à la fois d’épargner mais aussi de réduire leur imposition.

Afrique Avenir

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