lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéLe REN-LAC et le Ministère de l’Economie et des Finances – en...

Le REN-LAC et le Ministère de l’Economie et des Finances – en tandem pour combattre la corruption

Le ministre de l’Economie et des finances, par lettre n° 2011– 1400/MEF/IGF du 08 juin 2011, a pris l’initiative de convier les responsables du Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC) à une journée de concertation et d’échange sur la fraude et la corruption au sein de son département. Faut-il le rappeler, dans les derniers rapports du REN-LAC, certaines structures du MEF ont été pointées du doigt.

Aussi, les premiers responsables du secteur de l’Economie et des finances se sont sentis interpellés et ont voulu résolument et sans tabou s’attaquer à cette question de la corruption. A bien des égards, l’organisation de cette journée de concertation a permis de mener des échanges fructueux et enrichissants pour les deux parties. Pour le ministère de l’Economie et des finances, la rencontre a été une heureuse occasion de faire le point des actions de lutte contre la corruption, la fraude et le faux au sein de ce département. Ainsi en la matière, le ministère a mis en place un certain nombre de structures dont la Coordination nationale de lutte contre la fraude (CNLF), la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), la brigade mixte de contrôle impôts-douane (BMC), la Direction des enquêtes douanières (DED) au sein de la direction générale des douanes et la Direction des vérifications et des enquêtes (DVE) au sein de la direction générale des Impôts. Ce qui a permis d’atteindre des résultats probants en termes d’application de la réglementation, de contrôle, d’audit et de vérification. Il s’agit pour celles-ci d’assurer le bon fonctionnement des services, la bonne gestion des deniers publics et le suivi du patrimoine de l’Etat.

Au-delà des résultats tangibles enregistrés au niveau des différentes structures, il est important de mentionner les effets induits par la présence effective des organes de contrôle sur le terrain. Du reste, des initiatives ont été prises par le MEF pour renforcer les capacités des structures de contrôle et pour le renforcement de la collaboration, par la mise en place d’un cadre de concertation des structures de contrôle et d’un observatoire des bonnes pratiques au sein du MEF. Par ailleurs, la création des guichets de renseignement, notamment au sein de la Direction générale du budget, de la Direction générale du contrôle financier, de la Direction générale des marchés publics et de certaines régies financières, afin d’éviter les contacts physiques entre les usagers et les agents, constitue une preuve éloquente de la volonté de lutter contre le fléau.

Concernant le REN-LAC, la tenue de cette journée de concertation a permis de connaître et de saluer les efforts multiformes déployés au sein du MEF pour contrer le phénomène de la corruption. Le secrétaire exécutif du REN-LAC a mis à profit cette rencontre pour présenter les méthodes utilisées pour mener leurs sondages et enquêtes. A l’unanimité, les participants ont salué cette initiative qui a permis une meilleure connaissance réciproque des deux acteurs. Ils ont souhaité que ce processus de collaboration soit un élan d’ensemble impliquant les autres départements ministériels. Il a, en outre, été suggéré que des ateliers thématiques soient organisés entre le REN-LAC et chaque service du MEF, ce qui permettrait l’instauration d’une collaboration étroite entre eux. Tout en saluant les efforts déployés par chaque acteur, les participants ont relevé la nécessité d’intensifier la communication autour des actions du MEF.

En effet, ces réformes importantes opérées méritent d’être renforcées pour plus d’impacts sur les populations à la base. Pour y remédier, un mécanisme permettant de détecter les indélicats pourrait être mis en place au sein du département. A travers l’organisation de cette journée de concertation avec le REN-LAC, les premiers responsables du ministère de l’Economie et des finances ont pris une option sérieuse dans la lutte contre la corruption et traduisent par la même occasion que cette lutte est loin d’être un vain mot. Ainsi, ce sont de nouvelles perspectives qui s’ouvrent pour apporter davantage de crédibilité et de lisibilité à l’action au sein du secteur économie et finances pour combattre ce fléau qu’est la corruption.

Celestin BAKOUAN | DCPM/MEF


Des mesures pour renforcer la lutte contre la corruption

Au terme de leurs travaux, les participants se sont accordés sur les mesures suivantes dont la mise en œuvre devra contribuer au renforcement de l’efficacité de la lutte contre la corruption  :

  1. Appliquer la méthode des Comités anticorruption (CAC) dans les différents services La systématisation d’un tel dispositif au sein notamment des grandes structures du MEF, devra contribuer à renforcer l’information et la communication en direction des usagers et des agents.
  2. Mettre en place un numéro vert pour recueillir et traiter les dénonciations, les plaintes et les réclamations.
  3. Etablir un lien entre les constats et les études thématiques du REN-LAC. A travers ces études thématiques, les causes réelles du phénomène pourront être cernées et des solutions durables envisagées au profit du MEF et de l’Administration publique en général ;
  4. Ouvrir systématiquement un dossier de suivi pour chaque saisine administrative adressée par le REN-LAC au MEF, avec des mécanismes de communication mutuelle des informations  ;
  5. En plus de l’administration publique, prendre en compte dans les enquêtes du REN-LAC les actes et méthodes des auteurs de fraude et de corruption ;
  6. Répertorier les problèmes communs au MEF et aux autres départements ministériels en matière de corruption pour examen à travers des rencontres interministérielles (MEF, Justice, Fonction Publique…) ;
  7. Intensifier les actions de communication pour informer les agents de l’administration et les usagers sur leurs droits et leurs devoirs. Cela peut se faire au moyen des affiches, des dépliants, des boîtes à idées dans les services, des supports de communication audiovisuels ;
  8. Dynamiser les inspections techniques  ;
  9. Veiller au fonctionnement adéquat des conseils de discipline et au suivi de leurs décisions et dans ce cadre, appliquer avec fermeté les sanctions ; 
  10. Envisager un appui technique et financier aux acteurs non étatiques de la lutte contre la corruption ;
  11. Mettre en place une cellule de suivi pilotée par l’Inspecteur général des finances (IGF) qui sera chargée de l’opérationnalisation des conclusions issues des échanges ;
  12. Organiser une session en 2013 entre les deux parties, afin d’évaluer la mise en œuvre des conclusions de la présente rencontre.

Sidwaya.bf

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular