Quarante-huit heures après sa nomination au poste de Premier ministre en remplacement de Tertius Zongo, Beyon Luc Adolphe Tiao a accordé une exclusivité hier en fin de journée à la Télévision nationale du Burkina (TNB).
« Qui suis-je pour mériter cet honneur, ce privilège dans un pays qui regorge de tant de femmes et d’hommes capables de remplir cette fonction ? » se demande-t-il.
Avant d’ajouter que s’il a accueilli cette marque de confiance du président du Faso avec « beaucoup d’humilité et de modestie », il étrenne cependant ses nouvelles fonctions « sans complexe » car, dit-il, le chef de l’Etat a peut-être pensé qu’il était l’homme de la situation.
De l’évangile selon St-Luc, on retient qu’il va travailler comme il l’a toujours fait : « avec beaucoup de loyauté, de dévouement et de désintéressement », autant de vertus qui devraient être aussi, en plus de la compétence, celles des futurs membres de son gouvernement qu’il promet « ouvert et resserré ».
« Je sais, a-t-il confié, que chacun des Burkinabè a déjà formé son équipe dans sa tête… Il faut les hommes qu’il faut pour que notre pays reparte rapidement ». Et d’indiquer que, sans être naïf, il est de nature optimiste, même s’il n’arrive pas, on a beau être à la veille de Pâques, « en messie, en homme providentiel » mais en être ordinaire avec ses qualités et ses défauts. « La situation est difficile mais nous devons garder espoir », estime le nouveau chef du gouvernement dont l’équipe devrait être connue aujourd’hui ou demain au plus tard selon certaines sources.
Quand notre confrère lui demande cependant comment le sapeur-pompier qu’il est compte s’y prendre pour éteindre les multiples feux allumés ces derniers mois, il répond : « Il est encore trop tôt… Je sais seulement, comme tous mes compatriotes, que quelque chose ne va pas dans notre cité et je vais voir ce que je peux faire pour recoller les morceaux, pour préserver notre richesse fondamentale qu’est la paix sociale ».
Et de conclure avec un brin de lucidité : « Nous avons toujours vécu dans cette stabilité que nous avons peut- être oublié que nous sommes un pays comme les autres ». Il est sans doute temps de se rendre à l’évidence.
O.I.
Lobservateur




