Le prix Nobel d’économie a été décerné, ce lundi 10 octobre 2011, à deux Américains, Thomas Sargent et Christopher Sims. Ce sont leurs travaux sur les relations entre les politiques économiques et leurs effets sur l’économie qui ont été récompensés.
Comment le PIB et l’inflation sont affectés par une baisse d’impôts ? Que se passe-t-il si un gouvernement modifie son objectif d’équilibre budgétaire ? Les deux chercheurs américains ont élaboré des méthodes statistiques qui permettent de comprendre l’impact que peut avoir une politique économique sur les grands équilibres économiques. Les deux économistes, primés ce lundi, ont mis au point une méthode pour analyser le lien de causalité entre une politique budgétaire ou monétaire et différentes variables économiques comme le produit intérieur brut, le niveau de l’inflation, l’emploi et les investissements.
Bien que Thomas Sargent et Christopher Sims aient effectué leurs recherches indépendamment, « leurs travaux sont complémentaires », souligne l’Académie royale suédoise des sciences qui relève que les théories élaborées par les lauréats dans les années 1970 et 1980 « ont été adoptées aussi bien par les chercheurs que par les dirigeants politiques du monde ».
Des travaux sur les « anticipations rationnelles »
Christopher Sims, 68 ans, professeur à l’université de Princeton, a notamment appliqué cette méthode pour analyser les effets d’une augmentation du taux d’intérêt fixé par une banque centrale sur le PIB et l’inflation. Quant à Thomas Sargent, 67 ans, de l’université de New York, il est récompensé pour ses travaux sur les « anticipations rationnelles ».
Ces « anticipations rationnelles » désignent le comportement des agents économiques face aux initiatives publiques ou privées. Exemple : la faillite d’une grande banque d’affaire va-t-elle entrainer une réduction des dépenses ? Un endettement trop important de l’Etat va-t-il peser sur l’épargne ? L’économie est, en effet, fonction des anticipations, c’est-à-dire de la façon dont les agents économiques perçoivent certains évènements, tels que la flambée du prix du pétrole, et les politiques des pouvoirs publics. Ces changements, temporaires ou plus structurels, vont inciter certains agents économiques à revoir leurs anticipations. Les ménages vont, par exemple, réduire leurs revendications salariales et les entreprises leurs investissements.
Fin de la saison des Nobel
Officiellement appelé « prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel », le Nobel d’économie clôt comme chaque année la saison. Mais contrairement aux autres, cette récompense n’a pas été prévue par Alfred Nobel dans son testament. Décerné depuis 1969 et financé par la banque centrale suédoise, il fonctionne néanmoins comme les autres avec un comité et une dotation de 10 millions de couronnes (1,1 million d’euros).
L’an dernier, le comité Nobel avait choisi de récompenser des spécialistes du marché du travail, le Britannico-Chypriote Christopher Pissarides et les Américains Peter Diamond et Dale Mortensen.
RFI




