Quelle évaluation le gouvernement peut-il faire des pertes causées par les délestages et quelles sont les mesures préconisées pour réparer le préjudice subi par les ménages ? Pourquoi l’exécutif n’a-t-il pas imposé à la société Iamgold Essakane SA le bitumage des voies d’accès à la mine, maintenant devenues impraticables ? Abdoul Kader Cissé, ministre des Mines, des carrières et de l’énergie, a essayé d’apporter des réponses à ces questions orales, le vendredi 8 octobre 2010 devant la représentation nationale.
33 députés présents, 43 votants, la salle était clairsemée. Le 2e vice-président de l’Assemblée nationale, Naboho Kanidoua, estime que le quorum est atteint. Le député Nestor Bassière peut poser, au nom du député Yamba Malick Sawadogo (UNIR/PS) en mission, la question orale adressée au Premier ministre, datant du 30 juin 2010. Il s’agit des délestages : « Pouvez-vous nous faire l’évaluation de toutes ces pertes cumulées à ce jour ? Quelles mesures avez-vous préconisées pour réparer le préjudice subi par les citoyens ? » Le ministre de l’Energie reconnaît qu’il y a des pertes et des préjudices. Mais il assure que la préoccupation du gouvernement est de faire en sorte que cette situation ne se répète plus. D’où une série de projets d’une valeur de 310 milliards de F CFA et qui, à terme, devraient permettre qu’on dise en « mi-2012, finis les délestages ! » Mais cette explication n’a pas satisfait Nestor Bassière.
La centrale de Komsilga sera fonctionnelle avant le 31 décembre 2010
Naboho Kanidoua ouvre les débats. La majorité des députés s’accorde : le ministre n’a pas répondu à la question posée par le député Sawadogo. On réclame des chiffres. Kader Cissé reconnaît finalement qu’il n’en a pas mais promet ces chiffres pour une prochaine fois. « Mais le plus dur est passé ! », dit-il en indiquant que le Burkina a été le moins délesté en termes d’heures dans la sous-région. Nestor Bassière questionne encore : « Où en est-on actuellement avec la centrale de Komsilga ? » Celle-là, le ministre la promet avant le « 31 décembre 2010 », après avoir expliqué les raisons de sa tardive arrivée. Elle se trouve actuellement à Abidjan, en Côte d’Ivoire, et ne peut être transportée sur les routes du Burkina, car certains ponts ne résisteraient pas à son poids. « On peut mentir dans tous les domaines, mais pas dans celui de l’énergie », ajoute Kader Cissé. Boutade de Norbert Michel Tiendrebeogo : « Y a-t-il des domaines où le gouvernement a eu à mentir ? » Le ministre resta sans mot dire face à cette question. La question orale suivante a été posée par le député Athanase Boudo de l’UNIR/PS. Dans son premier volet, le député demande les raisons pour lesquelles le gouvernement n’a pas exigé de la société Iamgold Essakane SA qu’elle bitume les voies d’accès à la mine, devenues impraticables aujourd’hui.
« On négocie, on échange, mais on n’impose pas ! »
« On négocie, on échange, mais on n’impose pas ! », répond Kader Cissé. Dans le cas contraire, les entreprises fuiraient le pays, comme l’a provoqué le Code minier de 1997. Le ministre adresse alors des éloges au Code de 2003 qui a attiré de nombreuses sociétés sur notre sol et permettra de classer bientôt le Burkina 3e producteur d’or en Afrique. Le deuxième volet de la question concerne la lutte contre la fraude de l’or et a donné lieu à une joute oratoire entre le ministre et le député Boudo. « Dans la production industrielle, il n’est pas possible de frauder ! », soutient Abdoul Kader Cissé, qui fait confiance à la douane et aux impôts. Athanase Boudo n’y croit pas et estime qu’il n’y a même pas de structure de contrôle. En tout cas, Kader Cissé reste ferme dans sa conviction : « Aucune fraude ne nous a été signalée jusqu’à présent ! »
Abdou ZOURE
Source : lepays.bf




