La mode africaine connaît un véritable sursaut depuis quelques années, une mode en vogue et appréciée par les africains. Cela témoigne bien de la place incontestée qu’elle occupe de nos jours. En effet, la mode africaine est un facteur d’identité culturelle mais aussi de prestige en Afrique.
Cependant selon Fatoumata Binta DIALLO, jeune mannequin d’origine guinéenne : « la mode africaine n’est pas assez reconnue dans le monde. Pour lui donner plus d’attrait des jeunes africains à l’étranger s’impliquent de plus en plus dans la mode et le design. Les investisseurs africains commencent aussi à reconnaître que la mode peut être une source de revenus ».
Au Burkina Faso comme partout en Afrique, les stylistes et modélistes se démarquent de par leur créativité et leurs innovations. Cela se remarque lors des défilés, des foires, des expositions etc.
Toutefois, le problème de la valorisation et de la promotion des tenues africaines restent un souci majeur du fait qu’elles ne bénéficient pas d’assez de financement.
La mode en Afrique reste un pan délaissé. Elle occupe une place inférieure dans les domaines économique, politique et social. Les tribunes de valorisation des tenues africaines ne sont pas très nombreuses, ce qui rend difficile sa promotion.
Il est vrai que les défilés qui sont organisés tels que « Folie de mode », les évènements tels que le SITHO (Salon International du Tourisme et de l’Hôtellerie de Ouagadougou) dont l’édition avait pour thème « Tourisme et art vestimentaire » sont très représentatifs mais ne sont que des occasions.
unik.swf De plus en plus, le développement des boutiques de mode peut être considéré comme des vitrines de valorisation des tenues africaines. Ces boutiques réunissent des tenues de divers pays africains démontrant ainsi de la notoriété dans laquelle cette mode veut se lancer.
Ces boutiques sont de véritables entreprises non pas seulement en terme de vente mais aussi en terme de représentativité. Parmi celles-ci, citons l’exemple de Unik-Boutik dont le manager Christelle Tiendrébéogo s’est donnée comme mission d’offrir espace de valorisation de la mode africaine.
De retour au Burkina Faso après ses études de management à Accra, Christelle Tiendrébéogo a ouvert une boutique de tenues africaines tout en continuant d’exercer sa profession. Elle a toujours eu ce penchant vers la mode africaine bien qu’elle n’ait jamais fait du stylisme.
Christelle s’est lancée parce que de nature, elle aime tout ce qui est beau, bien présenté et de surcroît les créativités africaines. Mais le fait d’avoir travaillé avec une styliste ghanéenne pendant deux ans et d’avoir animée le défilé du SIAO 2010 l’a amenée à s’orienter vers la mode. Ce qui l’a motivée en premier lieu c’est son physique.
Mais ce qui a agrandi ses motivations, c’est la rencontre d’une autre styliste au Burkina Faso avec qui elle a travaillé de nouveau. Sa seule envie est de promouvoir la mode africaine. Elle exerce sa profession de manager depuis quatre ans tout en travaillant dans la mode. Sa boutique existe depuis peu (août 2011). Mais avant l’ouverture, elle faisait la promotion des articles ghanéens chez elle, parce c’était le marché qu’elle connaissait le plus.
Christelle ne rencontre aucune difficulté particulière pour l’instant et ça ne marche pas mal comme elle le dit. Sa formation en management lui apporte un plus dans la gestion de la boutique. Pour elle, la mode africaine a un futur brillant parce que les africains débordent de créativité et de diversité dans leurs articles. De plus, la mode africaine est sans limite. Beaucoup d’images, de sigles, de dessins rendent tout ce qu’un africain fait très beau, à leurs yeux et à ceux d’européens.
Son rôle, de par la boutique, est de représenter les stylistes africains et les artisans africains à travers notamment la bijouterie. Elle veut démontrer que les africains ont du savoir-faire, que cela ne s’arrête pas à un défilé de mode ni à une foire.
Elle aimerait qu’après leur passage dans un pays, qu’ils aient un endroit où leurs produits soient exposés et vendus. Elle recherche une représentation, une convergence et une extension des produits africains au monde. Pour elles, les tenues des pays africains gagneraient à être réunies dans une seule boutique d’un pays à un autre.
La préférence des burkinabés pour les friperies peut résulter de leur faible pouvoir d’achat. Mais Christelle pense que de nos jours, des statistiques ont démontré que les africains commencent à accorder de la valeur pour ce qui vient de chez eux. Cela devient comme une fierté d’être habillé africain. Surtout dans les grandes rencontres telles que les séminaires et conférences que ce soit à l’interne ou à l’externe, une identité se dégage à travers les couleurs et les dessins propres à chaque pays. Elle pense que cela va changer parce que les friperies sont certes moins chères mais en fait elles ne sont pas diversifiées.
De son avis : « Au fur et à mesure, y aura un changement et les gens commencent à le comprendre. Peut être que c’est lié au fait que ce n’est pas un domaine assez sponsorisé, mais cela va venir. Je crois vraiment en ces stylistes qui au jour le jour créent et essayent de faire mieux que ce qui est sur le marché. Et les prix vont baisser ».
Directrice académique d’une université anglo-saxonne au Burkina Faso, Christelle réussit à tirer son épingle du jeu, dû en grande partie à son bilinguisme qui lui offre de grandes opportunités. Pour elle, ce qui est important en tant que manager d’entreprise qui a l’ambition d’évoluer, le minimum c’est deux langues.
Elle conclue en s’adressant à la jeunesse surtout féminine que : « l’impossible, c’est juste quand ça prend trop de temps sinon cela n’existe pas. Tout est possible tant qu’on a la volonté de réussir dans la vie ».
En conquérant le marché de la mode burkinabé, Christelle Tiendrébéogo veut conquérir aussi celui des autres pays africains à travers leur convergence dans sa boutique.
Espérons que cela apportera un plus à l’évolution de la mode burkinabé et en général de la mode africaine.
Bicaba Pascaline, pour Burkinapmepmi.com | pascaline@burkinapmepmi.com




