Un peu d’histoire
Créé à la suite de la 2e guerre mondiale, le système monétaire international se reconstruit autour de la stabilité du dollar, sur lequel les autres monnaies sont indexées. Le FMI est le garant de cette stabilité en venant au secours des monnaies en difficulté grâce à des prêts à long terme en dollars, lui-même indexé sur l’étalon-or.
En 1971, la convertibilité garantie du dollar en or est abandonnée par le gouvernement américain, suite à une détérioration prolongée de la balance des paiements. L’économie mondiale entre dans un système de taux de change flexibles et l’impact sur le FMI est profond. Il ne peut plus intervenir directement en soutien des monnaies et se reporte sur le soutien aux pays excessivement endettés (Amérique latine dans les années 80, Asie du Sud-Est à la fin des années 90, Russie en 1998 et de nouveau l’Argentine en 2001). Seul parmi les pays européens, la Grande Bretagne y a recours dans les années 70, suivi de l’Irlande, la Hongrie, l’Ukraine, la Roumanie et la Grèce lors de la récente crise financière.
Une aide conditionnée à des réformes profondes
Le FMI est un dernier recours, « pompier » du système monétaire international, il intervient lorsque les marchés financiers abandonnent la partie. Il n’accorde son aide qu’à la condition de réformes économiques poussées, visant à rétablir la confiance des marchés et la capacité du pays à se financer. De fait, il prend la main sur la politique économique menée par le pays débiteur, un véritable coup dur pour les dirigeants du pays et pour la population soumise à des mesures d’austérité budgétaire.
Dans l’arsenal habituel, d’inspiration libérale, du FMI on trouve notamment: la dévaluation de la monnaie nationale de façon à rétablir la balance commerciale, l’ouverture des marchés de biens pour favoriser les échanges internationaux, la privatisation de l’industrie, les réformes fiscales, etc.
Pour quel résultat ?
Il faut être bien conscient du fait que l’impact d’un crédit accordé par le FMI est beaucoup plus important que le montant du prêt. L’expérience prouve que c’est un gage de confiance qui rassure les marchés financiers et qui permet au pays de pouvoir réemprunter assez rapidement.
Le cas de l’UE
L’intervention du FMI dans la crise de la dette européenne pose problème car en théorie, l’UE, et à fortiori la zone euro, devait être capable de se réguler et de résoudre ce type de problématique. C’est avant tout un aveu d’échec pour le système de gouvernance européen. En outre, l’UE n’est pas représentée de manière unifiée au sein de la gouvernance du FMI, ce qui confère aux Etats-Unis une domination non négligeable et explique l’empressement de l’Europe à conserver sa mainmise tacite sur la présidence du FMI.
Anna Schoeffler | Monnaietime.fr




