Au Burkina Faso, le crédit-bail est en plein essor. Parallèlement au système bancaire classique, cette technique de financement des investissements professionnels est proposée aux petites et moyennes entreprises qui peuvent ainsi s’équiper par le biais du crédit-bail, tout en évitant de trop lourdes dépenses. Le produit financier permet en conséquence de renforcer la capacité et la compétitivité des PME et PMI burkinabé ainsi que des TPE.
Burkina Bail est une société de référence au Burkina Faso. Abdoulaye Kouafilan Sory en est le directeur général. Economiste de formation, simultanément formé à l’université de Ouagadougou et à celle de Grenoble, il dirige cette société de leasing depuis 2000. « Le crédit-bail est un produit très adapté aux besoins d’investissements des entreprises. Il complète l’offre des services financiers des banques classiques. Avec un contrat de crédit-bail, les loyers payés sont directement déductibles de la base de calcul des impôts sur les bénéfices, toute chose permettant aux PME/PMI de réaliser de substantielles économises d’impôts ». Peuvent en bénéficier les entreprises et les professions libérales burkinabé ainsi que les entrepreneurs étrangers dont les performances commerciales et la situation financière sont jugées compétitives. Des investisseurs d’origine française comme la société de courtage en Assurance Vincent&Associés et la Chocolaterie S2A ont trouvé de cette manière une réponse appropriée pour s’équiper. Des entreprises s’accordent à dire que les conditions de locations sont avantageuses. Selon Burkina PME/PMI, portail d’entrepreneurs, (ndlr :www.burkinapmepmi.com) l’établissement financier Burkina Bail confirme sa place de moins disant avec un taux débiteur maximum de 18 %. Ses conditions de garantie seraient également moins exigeantes que celles des banques.
La société de crédit-bail qui a démarré ses activités en 1998 a su, au fil du temps, développer des instruments financiers innovants pour mieux répondre aux besoins de sa clientèle. L’établissement de droit burkinabé a pour mission de proposer des produits financiers en adéquation avec les besoins et les ambitions des PME et PMI de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Son siège social est basé à Ouagadougou. C’est l’un des principaux acteurs du marché du crédit-bail et de l’affacturage au Burkina Faso. Il est doté d’un capital de 1 000 millions de F.CFA détenu au 31 décembre 2009 à 47 % par la Banque internationale du Burkina (BIB), une filiale du groupe United Bank of Africa (UBA), ainsi que par divers investisseurs institutionnels. Parmi eux, Cauris Investissement SA-Fund, une société de gestion de fonds de capital-investissement qui est présente depuis l’origine au capital, avec 18 % de participation. Cette dernière est du reste une émanation de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Netherlands development Finance company (FMO) est l’autre investisseur de la compagnie de leasing, intervenant pour sa part à hauteur de 34 %. Enfin, 1 % du capital est détenu par le personnel et d’autres investisseurs privés. Parallèlement, l’établissement de crédit a établi des partenariats avec la BOAD, la Banque européenne d’investissement (BEI), le fonds de développement belge BIO et International Finance Corporation (IFC), membre du groupe de la Banque mondiale chargé des opérations avec le secteur privé.
Montée en puissance
Très rapidement, la croissance de Burkina Bail est allée crescendo, à telle enseigne qu’à partir de 2000 la société a développé un vivier de partenaires pour consolider ses positions et a introduit de nouvelles dispositions juridiques, de sorte à développer la pratique du métier au Burkina Faso. La BOAD a par ailleurs consenti en 2003 à un prêt d’un montant d’un milliard de F.CFA pour la mise en place d’une deuxième ligne de crédit-bail. En 2004, l’établissement a obtenu le prix burkinabé de la qualité. Ses bons résultats lui ont en outre valu, l’année suivante, de remporter le Prix Uemoa du Management des Ressources. A la même période, un nouveau produit a été lancé : l’affacturage. Cet outil permet de transférer la gestion du poste client à un établissement de crédit qui se charge de pré-financer les factures et d’en assurer ensuite le recouvrement. Il résout de la sorte les difficultés de trésorerie des PME/PMI. Toutes ces performances ont finalement permis à Burkina Bail d’obtenir, en 2006, la certification ISO 9001 version 2000. La même année, le cumul des ressources mobilisées essentiellement auprès de BIO, la BOAD, FMO et la BEI atteignait 12 000 millions de F.CFA. Ces ressources ont été affectées au financement des investissements de 600 PME/PMI.
Dafani, une usine de transformation de mangues, est l’une de ces entreprises à avoir eu accès au crédit-bail. Elle doit du reste sa reprise d’activités à divers opérateurs financiers, dont Burkina Bail qui a secouru ce fleuron de l’agro-industrie burkinabé, après une interruption occasionnée par des difficultés de trésorerie. D’ici à septembre ou octobre 2010, la fabrication et la distribution de ces jus de fruits devrait de nouveau reprendre.
Burkina Bail a également été le partenaire financier de la compagnie de transports en commun TCV qui a pu bénéficier du crédit-bail pour le financement d’autobus. Avec toujours la possibilité de se porter, au final, acquéreur du bien. Il en est de même pour la Société de Transport Mixte Bangrin (STMB) et pour EuropCar Burkina Faso. Dans le secteur médical, c’est la Clinique du cœur, spécialisée dans la prise en charge des pathologies cardiovasculaires qui a pu financer une partie de son équipement technique, dès 2005.
L’intervention de l’établissement financier peut également concerner des PME/PMI burkinabé qui développent des affaires à l’étranger. C’est le cas d’un entrepreneur partenaire d’un projet de réalisation d’une centrale thermique au Mali, que Burkina Bail a soutenu en 2007, aux côtés de la Banque internationale pour le Mali (BIM). 500 millions de F.CFA ont été injectés dans l’acquisition d’équipement.
Le crédit-bail en appui au développement des entreprises burkinabé
Force est de constater que l’engouement pour ce type de financement ne se dément pas au Burkina Faso. L’environnement des affaires est en effet favorable à son développement, a fortiori depuis qu’une nouvelle génération d’entrepreneurs est apparue sur la scène économique, contribuant fortement à la dynamisation du tissu industriel. Pour soutenir ces initiatives, IFC a lancé Africa Leasing Facility, un programme sur cinq ans couvrant 13 pays africains et visant à introduire le crédit-bail comme produit financier innovant en Afrique subsaharienne. Destiné aux TPE et PME/PMI, cet instrument qui sera opérationnel dès juillet a été dévoilé en présence du ministère burkinabé de l’Economie et des Finances. L’intention est de promouvoir sur trois ans le développement du leasing. A cet effet, il est recommandé d’améliorer l’environnement fiscal et légal ainsi que l’information et la formation à destination des PME et des institutions de régulation, et de « renforcer la capacité des acteurs et opérateurs du crédit-bail ».
Alios Finance Burkina Faso est l’un de ces opérateurs en question. Il propose des solutions tel le crédit-bail à destination des entreprises. Sa formule permet de financer à 100 % des véhicules, des engins de chantiers et forestiers, des groupes électrogènes, des chariots élévateurs ou encore le matériel informatique. Et comme dans toujours, il est possible à la fin du contrat de devenir propriétaire du bien financé.
En 2008, le montant des financements consentis par cet établissement à des entreprises établies au Burkina a connu une progression importante, avec 4 020 milliers d’euros investis, contre 2 262 milliers d’euros lors de l’exercice précédent. L’entité qui est une succursale d’Alios Finance Côte d’Ivoire appartient au holding Alios Finance (qui réalise 55 millions € de chiffre d’affaires), lequel est présidé par Ahmed Abdelkefi, fondateur et président du Conseil d’administration de Tunisie Leasing. S’agissant des autres administrateurs, il est à souligner la participation d’Africinvest, un fonds de capitaux dont les actionnaires et les investisseurs sont notamment la banque de développement néerlandaise FMO, la BEI et BIO. African Financial Holdings (AFH), un groupe de droit luxembourgeois actionnaire de BOA (Bank Of Africa), fait également partie du conseil d’administration, comme CFAO, OPTORG et la société Finnfund. Quant au management d’Alios Finance, il est confié à Jan Albert Valk.
Paru dans Afrikan Banker – Juillet-Septembre 2010
Source : veronique.narame.over-blog.com




