La Banque Centrale des Etats de l’Ouest (BCEAO) a procédé jeudi, à Lomé, au lancement officiel de la Centrale des Incidents de Paiement de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (CIP-UEMOA), a constaté Burkinapmepmi.com.
La CIP-UEMOA est une base de données régionale mise en place par la BCEAO, répondant au besoin de centraliser et de diffuser des informations sur les incidents qui surviennent à l’occasion des paiements par chèque, carte bancaire, billet à ordre et lettre de change, dans les États membres de l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA).
Dans son allocution, le Président de la Fédération des Associations Professionnelles des Banques et Etablissements Financiers (FAPBEF-UEMOA) a salué les efforts déployés par la Banque Centrale depuis 2009 pour l’aboutissement de ce projet. Monsieur Zakari DAROU-SALIM a également mis un accent particulier sur la nécessité pour son organisation, de renforcer aux côtés de la BCEAO la confiance des usagers à l’égard des moyens de paiement scripturaux par le biais de cette Centrale.
Le Gouverneur Philippe-Henri DACOURY-TABLEY a pour sa part salué la célérité avec laquelle la grande majorité des banques se sont inscrits dans ce projet en cours depuis 2005 et qui permet aujourd’hui de rendre opérationnelle cette Centrale. Il a noté la présence des représentants du Parquet à la cérémonie, ce qui témoigne, a-t-il assuré, de leur engagement aux côtés de la Banque Centrale et du secteur bancaire « pour mettre en place un dispositif qui répond à un intérêt commun ».
Dans la même lancée, le corps judiciaire a été appelé à contribuer à l’efficacité du dispositif en s’appropriant et en appliquant les textes en vigueur, notamment la Loi uniforme relative aux infractions en matière de paiement scripturaux.
Le Gouverneur de la BCEAO a ensuite relevé l’intérêt crucial que revêt la mise en production de la CIP non seulement pour les acteurs économiques et financiers de l’Union mais également pour les utilisateurs des chèques, cartes bancaires et effets de commerce en général. Le Gouverneur a en outre insisté sur la nécessité pour tous les acteurs de poursuivre les efforts visant à consolider l’apport de la Centrale et les a assurés qu’il ne manquera pas « d’attirer l’attention des Ministres chargés des Finances sur cette question ».
Rendre la CIP pleinement opérationnelle devrait permettre selon le Gouverneur, de construire « une Centrale plus large qui regrouperait, outre les informations sur les incidents de paiement, les risques, les bilans des entreprises et toute autre information susceptible de permettre aux établissements de crédit et aux commerçants de mieux apprécier la qualité de leurs clients ». Ce dispositif permettra également de renforcer la confiance des banques et institutions de crédit à l’endroit des utilisateurs des instruments de paiement de bonne foi et aux demandeurs de crédit solvables.
La CIP-UEMOA reste accessible à tout acteur économique à travers trois modes pour vérifier la régularité d’un chèque ou d’une carte bancaire dans le cadre des transactions par serveur vocal, Internet et SMS.
La liste des personnes physiques et morales frappées d’une interdiction d’émettre des chèques ordinaires et d’utiliser des cartes de paiement interbancaires est également disponible à travers la CIP.
Cette interdiction peut découler notamment de l’émission d’un chèque sans provision ou de sanction prononcée par le Tribunal à la suite de la commission d’autres infractions telles que l’usage d’un chèque volé, la contrefaçon ou la falsification d’instruments de paiement.
Ouèmatou
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