Les futurs commerçants pensent en priorité à la création pure, qui leur laisse une plus grande marge de manœuvre pour exercer leur créativité et mettre en œuvre exactement l’idée de commerce qu’ils ont conçue.
– L’âme du commerce
« Cela peut être intéressant de reprendre une affaire juteuse mais on se retrouve très vite enfermé dans le système de son prédécesseur, remarque François Foussier, président de l’association de commerçants “les Vitrines d’Orléans” et vice-président de la chambre de commerce et d’industrie du Loiret en charge du commerce. Tout commerce a une âme et c’est celui qui le tient qui le fait vivre. »
– Le pari de la création
« Si la clientèle était très attachée au précédent propriétaire, le repreneur court le risque de ne pas la séduire, prévient Pierre Creuzet, président de l’Institut de développement économique des cœurs de villes (IDEE Coeurs de villes). Une création pure est un pari. On peut gagner beaucoup, y compris à la revente. Et la nouveauté est plus excitante, à la fois pour le commerçant et pour la clientèle. Le changement de propriétaire est plus immédiatement visible. L’idéal, c’est une création pure sous un nom connu. »
– Un historique qui a fait ses preuves
« Reprendre, ça coûte beaucoup plus cher que de créer ex nihilo, reconnaît Madjid Yahiaoui, conseiller en création et suivi d’entreprises, CCIP 94. Mais c’est bénéficier d’un historique et d’un outil de production commercial qui a fait ses preuves. En revanche, si l’entreprise à reprendre employait des salariés, êtes-vous capable de continuer à travailler avec eux ? N’est-ce pas un trop gros morceau si vous débutez dans le commerce ? À moins d’être un manager dans l’âme, peut-être vaut-il mieux commencer seul. Tout dépend surtout de vos moyens financiers. »
– Moins coûteux
« Il est plus facile de créer, car les engagements financiers sont moindres, observe Michel Cottet, directeur général de la Société interprofessionnelle artisanale de garantie d’investissements (SIAGI). C’est plus sécurisant de reprendre, mais on observe parfois une déperdition rapide de chiffre d’affaires suite au changement de propriétaire. Si l’on analyse les taux de sinistralité comparés, on constate que les dépôts de bilan interviennent plus rapidement en création, et plus tardivement mais de façon plus brutale en reprise. »
En savoir plus : Comment choisir mon implantation ?
Cohérence entre le produit et le quartier
« Il faut surtout éviter le piège qui consiste à vendre un produit qu’on aime, mais dans le “mauvais quartier”, prévient Élisabeth Vinay, responsable des études techniques professionnelles de l’Agence pour la création d’entreprise. Tout dépend des résultats de l’étude de marché ! »
Le centre-ville pour se faire plaisir
« Aujourd’hui, le consommateur se rend en périphérie pour les grandes surfaces généralistes ou spécialisées, mais également au centre-ville, où il a envie de se faire plaisir et où il est prêt à dépenser plus, affirme François Foussier. En principe, la mairie peut vous fournir des informations sur tous les projets municipaux en cours, jusqu’aux prochains changements de sens interdit. Mais il faut parfois recourir au système D pour se faire une idée du bon emplacement. Certains signes ne trompent pas : lorsqu’une enseigne comme la Fnac s’installe dans une rue, vous pouvez la suivre les yeux fermés. Enfin, le bon emplacement dépend de ce que vous voulez faire, mais certaines règles de base restent valables dans tous les cas : mieux vaut être plus près d’un concurrent que plus loin ; et mieux vaut être près d’un concurrent que d’un espace vide. »
Clientèle ciblée
« Il faut choisir une zone mais sans être trop restrictif, explique Madjid Yahiaoui, conseiller en création et suivi d’entreprises, CCIP 94. Surtout, veillez à toujours positionner votre point de vente en fonction de la clientèle (femmes, mères, classes moyennes, bobos, clientèle de bureau, etc.) que vous visez, de l’attractivité du lieu et de son accessibilité. »
Tout se calcule
« Le choix de l’implantation est absolument primordial, martèle Pierre Creuzet. À moins d’être un grand nom de la restauration ou une grande enseigne de périphérie dotée d’un grand parking, les clients n’ont aucune raison de faire un détour pour venir chez vous. Même une bonne notoriété ne remplace pas un bon emplacement. Les gens ont du mal à le comprendre, mais à quatre boutiques près, vous êtes morts ! La seule option pour le commerce de proximité, c’est l’hypercentre-ville. »
Intéressez-vous au commerce précédent
« Le chiffre d’affaires réalisé par le commerce qui occupait précédemment l’emplacement est un bon indicateur, même si vous exercez une activité différente », affirme Pierre Creuzet.
Extrait de APCE




