Les transferts illicites d’argent effectués de 1970 à 2008 ont fait perdre à l’Afrique 854 milliards de dollars pendant que 650 autres milliards disparaissent annuellement dans le monde par cette même voie, a indiqué mardi à Dakar, Dr Abdullahi Shehu, directeur du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA).
Les pays les plus affectés par les flux financiers illicites, c’est-à-dire «des sorties de fonds privés à l’origine de l’accumulation d’actifs étrangers», sont le Nigéria avec 89,5 milliards de dollars, l’Egypte avec 65,5 milliards, le Maroc avec 25,2 milliards et l’Afrique du Sud avec 24,9 milliards, a dit Dr Shehu.
«La vente de drogue et des produits contrefaits sont les premières causes de ces transferts illicites. Mais, ces flux sont aussi inter liés aux ressources pétrolières», a expliqué le directeur du GIABA, au cours du séminaire mensuel de l’Institut africain pour le développement économique et la planification (IDEP, basé à Dakar) qu’il animait.
Ce sixième séminaire de l’année avait pour thème : « les flux financiers illicites : Implications pour la lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et le développement».
Parmi les causes des transferts financiers illicites, le Dr Shehu a aussi noté «la corruption et la fraude fiscale».
«Il y a des flux financiers illicites pour corrompre les gens et les institutions. Leur principal canal d’utilisation demeure le vol d’actifs», a-t-il souligné. Pour lui, « ces flux entraînent l’exploitation de l’homme, la culture de l’impunité, les faux investissements et la détérioration de l’image économique d’un pays».
Dans l’Economie moderne, la finance et les flux financiers sont au centre de l’investissement et du développement économique. Cependant, déplorent les experts économiques, du fait du manque de transparence et de régulation du système financier international, des ressources financières considérables disparaissent et produisent des activités criminelles dont le terrorisme, la corruption et des évasions fiscales.
ET/od/APA




