Les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI réunissent les ministres en charge de l’Economie et des finances de tous les pays membres, les banquiers centraux, les chefs d’entreprise, les universitaires et la société civile pour discuter du développement économique et des progrès dans la lutte contre la pauvreté. C’est à la veille de ce grand rendez-vous, que la vice-présidente de l’institution financière internationale a animé une visioconférence sur le contenu et la substance de ces réunions, les réformes en cours à la Banque Mondiale et la nécessité d’une reconstitution des ressources de l’Association internationale de développement (IDA) qui appuie 79 pays parmi les plus pauvres de la planète à travers des crédits sans intérêt et à long terme.
Pour la vice-présidente de la Banque Mondiale le continent africain a connu la relance la plus rapide après la crise financière internationale. Si le taux de croissance a été de 1,8 % en 2009, il est de 5,7% cette année, soit le plus élevé de tous les continents. Cependant, Mme Obiageli K. Ezekwesili a souligné que » la croissance est essentielle pour faire reculer la pauvreté, mais toute croissance ne peut pas réduire la pauvreté. Si la croissance est volatile les pauvres ne vont pas la sentir. Il y a des secteurs qui connaissent de forts taux de croissance comme les télécommunications, il faut faire en sorte que ceux-ci puissent se répercuter sur des secteurs comme l’agriculture, les infrastructures ». Un africain sur quatre a accès à l’électricité, or celle-ci est essentielle pour le développement.
La Banque mondiale soutient les économies africaines dans de nombreux domaines. Par exemple, l’un des domaines clés ou l’Afrique doit faire des progrès, est celui des infrastructures. Aux dires de la principale conférencière, améliorer les infrastructures sur le continent permettra d’augmenter le PIB de 2%. Après les crises énergétiques, économiques et alimentaires, les réformes engagées par certains pays du continent ont porté des fruits et beaucoup sont en passe d’atteindre les objectifs du millénaire surtout au niveau de l’accès à l’enseignement, la réduction de la mortalité maternelle. Ainsi, elle citera le Kenya, le Sénégal, la Mauritanie et l’Ouganda comme des pays qui ont réussi à réduire de moitié la pauvreté.
Cependant, la Nigériane estime qu’il est urgent de mettre l’accent sur la productivité agricole, d’accroître la compétitivité de l’Afrique, lutter contre le chômage, améliorer le climat des affaires pour une plus grande implication du secteur privé dans les domaines prioritaires, faciliter l’accès des PME aux financements. C’est pourquoi, la Banque Mondiale entend reconstituer les fonds de l’IDA qui lui permettent de faire face à la problématique du financement à des conditions plus avantageuses.
Ce fonds qui était de 4,7 milliards de dollars en 2007 a été porté à 7,6 milliards en 2009. Il a été le principal guichet de financement pour 39 pays africains. Dans ces pays, la Banque a revu sa stratégie à la suite d’une large concertation avec les acteurs de tous les domaines du développement socio-économique. Ce qui a permis à l’institution de comparer les idées dégagées et les politiques mises en œuvre. Un nouveau plan d’action a été adopté avec de nouvelles stratégies d’intervention. C’est dans ce sens que la Banque a beaucoup fait au Mali, notamment avec les petits exploitants agricoles dans l’accès aux semences, aux intrants et l’aménagement des périmètres irrigués. » Nous allons continuer à travailler avec l’Afrique. Lors de ces assemblées annuelles, nombre de pays vont se demander comment financer le défi du développement de l’Afrique qui est au carrefour de la transformation économique. Il faut considérer la Banque mondiale comme partenaire du développement de l’Afrique. Il y a beaucoup à faire sur notre continent. La route sera longue » a t-elle conclu.
Youssouf CAMARA
Source : maliweb.net




