Comme on le sait déjà, les travailleurs de l’Union interafricaine des droits de l’homme (UIDH) sont sans salaire depuis avril 2008. Et les choses sont allées de mal en pis, puisque tout le personnel a été licencié en juillet 2009 pour « motif économique ». A ce jour, les ex-travailleurs courent vainement après leurs droits. Traînant en plus une vingtaine de mois d’arriérés de salaire, le personnel et les responsables de l’UIDH ont entamé des tractations devant l’Inspection du travail. Les négociations ayant échoué, l’affaire a été portée devant la justice burkinabè.
Ainsi, le 31 décembre 2009 une première audience a été programmée au rôle du tribunal du travail de Ouagadougou. Constatant l’absence de l’UIDH, le tribunal avait reporté le procès au 14 janvier 2010. Ce jeudi donc, le dossier N° RG 326/2009 a été appelé. Une fois encore, l’UIDH n’était pas là. Mais cette fois, dans une lettre adressée à la présidente du tribunal, l’organisation de défense des droits humains demandait le report du procès afin de pouvoir se constituer un conseil (avocat).
Une requête à laquelle Me Prosper Farama, l’avocat des ex-travailleurs, n’a trouvé aucune objection. Ainsi, le dossier a été renvoyé au 11 février 2010. Selon Me Farama, c’est déjà quelque chose de gagné, car si l’UIDH se trouve un avocat, alors « il y aura un débat de droit ». Par contre, il a précisé que, quant à ses clients, ils n’accepteront plus un autre report. L’UIDH, comme on le sait, est dirigée par le Malien Me Brahima Koné, et, de plus, la structure étant une organisation internationale, n’y a-t-il pas risque que le dossier traîne ou soit jugé sous d’autres cieux ?
Face à ces questions, Me Farama reste serein, et il a déclaré aux journalistes : « Quels que soient les cieux sous lesquels il faudra se déporter pour juger cette affaire, nous sommes partants. Pour nous, le droit reste le droit. Il y a eu des licenciements abusifs. Et du point de vue du droit, l’UIDH ayant un siège ici à Ouaga, les travailleurs ayant été embauchés à Ouaga, la juridiction compétente est bel et bien le tribunal du travail de Ouaga.
Et nous espérons que l’UIDH, qui est une institution de droit, n’usera pas de manœuvre frauduleuse ni du dilatoire pour retarder ce dossier. Je pense qu’on ne peut pas défendre les droits humains et faire du dilatoire pour empêcher des travailleurs d’accéder à leurs droits ». Ce qui est sûr, on ne tardera pas à connaître le nom de l’avocat de l’UIDH, puisque cette institution organisera, à Ouagadougou le 21 janvier 2010, une conférence de presse à l’hôtel Pacific.
Extrait : Une lettre pour Laye
Source : lobservateur.bf




