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La Tunisie, l’Égypte et la Libye représentent à eux seuls plus de 20% du trafic africain.

La catastrophe nucléaire au Japon, ainsi que les révolutions dans les pays arabes, ont fait perdre près de deux points en pourcentage au trafic aérien mondial.

En ce qui concerne l’Afrique, les pays les plus touchés sont ceux du Maghreb, bien évidement, où l’on a enregistré des baisses de 15 à 25%, en Égypte et en Tunisie notamment. L’essentiel du trafic de cette région provient du tourisme, le bassin méditerranéen étant l’une des destinations les plus touristiques de la planète, avec près de 200 millions de visiteurs par an. Cette manne s’est considérablement réduite ces derniers mois, immobilisant ainsi une bonne partie de la flotte des compagnies nord-africaines et mettant au chômage technique bon nombre du personnel. Le bilan pourrait même être plus grave si la situation ne s’inverse pas rapidement.

Les trois pays déstabilisés de ces derniers mois, à savoir la Tunisie, l’Égypte et la Libye, représentent à eux seuls plus de 20% du trafic africain.

«Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ces baisses ont eu des répercussions sur d’autres aéroports de la Méditerranée, comme en Espagne (+20% à Séville, +13% à Ténérife), ou encore en Turquie, pour ne citer que ceux-là.»

A plus long terme

S’agissant de la Libye, la situation et les frappes de l’Otan ont quasiment stoppé net le trafic aérien du pays. Les aéroports d’Afrique du Nord ont connu une diminution moyenne de trafic de près de 21%, avec des cas comme Sharm El Sheikh à -70%, le Caire à -54% et Tunis à -31%. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, ces baisses ont eu des répercussions sur d’autres aéroports de la Méditerranée, comme en Espagne (+20% à Séville, +13% à Ténérife), ou encore en Turquie, pour ne citer que ceux-là. Ces plateformes ont clairement bénéficié d’un report de touristes qui ont fui l’agitation des pays concernés.

Il faudra voir à plus long terme les conséquences et comment elles entacheront la hausse globale du marché africain, jusqu’alors l’un des plus dynamiques en termes de croissance.

Dans un communiqué publié fin février 2011, l’Association internationale du transport aérien (IATA) estimait une croissance d’une année sur l’autre à 14,3% du trafic passagers en Afrique au mois de janvier, même s’il faut relativiser ce chiffre puisque ce marché ne représente que 3% du trafic mondial et que le coefficient d’occupation reste le plus bas du monde avec seulement 68,7

Marge opérationnelle

Si le nord est touché de plein fouet, le reste du continent se comporte relativement bien. Dernièrement encore, Air France-KLM, l’un des leaders mondiaux du secteur, a augmenté son offre en Afrique en ouvrant de nouvelles destinations (Monrovia, Freetown, le Cap, etc.) ou en augmentant ses fréquences sur d’autres (Conakry, Bangui, etc.). Il en fut de même pour Lufthansa, Brussels Airlines, Delta Airlines et bien d’autres qui ont accru leur présence depuis 2010. Pour Giovani Bisignani, le directeur général de l’IATA , « la grande incertitude reste à ce jour le prix du baril de pétrole », et d’ajouter que « tout ce qui frappe le transport aérien peut le mettre à terre car la marge opérationnelle des compagnies aériennes est très faible ». La situation demeure donc encore très fragile.

Willy Kamdem | Lesafriques.com

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