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La saison des délestages a sonné

La Société nationale d’électricité du Burkina (SONABEL) a rendu public le programme de délestage concocté pour faire face à la forte demande d’énergie liée à la canicule. Ce plan s’étend du 16 mars au 28 juin 2009. Conscient des conséquences que cette opération aura sur les abonnés, le premier responsable de la structure, Salif Kaboré, a insisté sur le fait que tout sera mis en œuvre pour minimiser le plus possible les désagréments sur les populations.

C’est connu, la période chaude de l’année, qui va généralement du mois de mars à mai, est difficile à vivre pour la population et aussi pour la SONABEL. En effet, c’est le moment au cours duquel la demande en électricité est très forte. Avec une puissance disponible pour la pointe 2009 de 113 MW et une demande d’énergie estimée suivant les données historiques à 125 MW, il est évident qu’un plan d’approvisionnement s’impose pour la nationale de l’électricité au Burkina Faso. L’actuelle mesure a connu un début d’application le 16 mars et devrait s’étendre jusqu’en fin juin 2009. Ici le conditionnel s’impose parce qu’à écouter Salif Kaboré, le présent programme n’est pas gravé sur du marbre.

D’abord, le délestage tournant envisagé évitera autant que possible les services et les zones sensibles tels que l’hôpital Yalgado, les zones industrielles et certains bâtiments de l’administration publique. Ensuite, a précisé le directeur général dans sa déclaration liminaire, il sera automatiquement suspendu à chaque fois que la disponibilité en énergie permettra de faire face ponctuellement à la demande. Oui, la saison des délestages pour l’année 2009 a sonné. Aux abonnés de se préparer à l’accueillir. Mais en faisant quoi ?

Là est la grande question. Peut-être en prenant soin d’éteindre leurs appareils en attendant le retour du « jus » ou qu’une « pluie des mangues » amène une petite fraîcheur qui va provoquer la baisse de la demande en énergie ! Mais pendant qu’on y est, parlant de pluie, cette situation ne pourrait-elle pas se répercuter sur l’approvisionnement en eau, sachant que l’ONEA la fait monter dans ses cuves grâce à l’électricité fournie par sa consœur, la SONABEL ?

En effet, si au manque d’électricité se greffait celui de l’eau, ce serait alors le comble de l’embêtement. Non, ce ne sera pas le cas, ont heureusement rassuré les intervenants. « Nous savons où se trouvent les sites de l’ONEA. Nous ferons de telle sorte que ces installations ne connaissent pas d’interruption d’électricité ».

Que de difficultés d’approvisionnement rencontrées par la nationale d’électricité depuis deux ans ! C’est le constat que l’on peut se faire aujourd’hui, corroboré par cette mesure rendue publique hier matin au siège de l’institution. Comme il fallait donc bien s’y attendre, les interventions des journalistes ont tourné autour de cette grande question : à quand la fin des délestages au Burkina ? Avant d’y répondre, Salif Kaboré a tenu à clarifier les choses.

Avec insistance, le patron de la boîte a fait remarquer que dans toutes ses sorties médiatiques, il n’a jamais promis qu’il n’y aura plus de coupure de courant électrique. De là à lui reprocher de n’avoir donc pas respecté ses engagements serait donc un pas qu’il ne faudrait pas franchir. Mieux, a-t-il poursuivi, lors d’un voyage de presse organisé par sa structure à Bobo, il affirme avoir tiré la sonnette d’alarme sur les difficultés qui pointaient à l’horizon.

Et de renvoyer les hommes de médias à leur souvenirs en ces termes : « Rappelez-vous qu’il y a un an, pratiquement jour pour jour, je vous disais que 2008 et 2009 seront des années difficiles pour nous (SONABEL et clients) et qu’à partir de 2010, la situation sera beaucoup plus confortable ». Surtout grâce au projet d’interconnexion Bobo-Ouaga qui, malheureusement, tarde à voir le jour. Qu’en est-il ?

A écouter le principal orateur du jour, le retard de son exécution n’est pas imputable à la SONABEL, encore moins à l’Etat : « La responsabilité est surtout à chercher du côté des bailleurs qui ont été très lents au niveau des procédures ». Mais cette fois-ci, Salif Kaboré a fait la promesse suivante, en utilisant le conditionnel bien sûr ! « Les mesures que nous avons prises sont transitoires et visent uniquement à gérer la pointe de cette année.

Les difficultés d’approvisionnement que nous connaissons depuis deux ans devraient prendre fin avec l’achèvement des travaux de construction de la ligne d’interconnexion Bobo-Ouaga, prévu pour fin 2009, et la mise en service de la nouvelle centrale de Komsilga, prévue pour le dernier trimestre de l’année en cours ». Touchons donc du bois pour que l’avenir donne raison au DG de la SONABEL.

Issa K. Barry

Source : lobservateur.bf

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