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La politique monétaire dans l’UEMOA au 3ème trimestre 2011

Les Etats membres de l’UEMOA ont évolué au cours du troisième trimestre 2011, dans un environnement caractérisé par le ralentissement de la croissance mondiale. Les cours des
matières premières, dans un tel contexte, se sont orientés à la baisse durant le trimestre, après la hausse enregistrée depuis le début de l’année. L’inflation dans le monde est restée à un niveau élevé. Le marché des changes a été marqué par une forte volatilité, en raison des inquiétudes suscitées par la crise de la dette souveraine en Europe et aux Etats-Unis.

Au sein de l’UEMOA, les indicateurs de conjoncture font apparaître une reprise de l’activité dans le secteur non agricole, imputable au raffermissement des performances dans l’industrie et dans le tertiaire. Les résultats préliminaires de la campagne agricole, en particulier la
production céréalière, apparaissent peu satisfaisants. Pour l’ensemble de l’année 2011, les dernières estimations situent le taux de croissance de l’Union à 1,2% contre une prévision précédente de 1,0% et une projection initiale de 4,5%. Une normalisation plus rapide que
prévu de la situation en Côte d’Ivoire a été observée.

S’agissant des conditions monétaires, les taux d’intérêt du marché monétaire ont connu des évolutions contrastées au cours du troisième trimestre 2011, dans un contexte de statu quo au niveau des taux directeurs de la BCEAO. Par rapport au deuxième trimestre 2011, le taux moyen pondéré des appels d’offres d’injection de liquidités à une semaine a enregistré une baisse de 9,4 points de base, pour ressortir à 3,3429%. Les taux sur le guichet des appels d’offres à un mois se sont également détendus, passant de 3,5559% à 3,4213%, d’un trimestre à l’autre. Pour sa part, le taux moyen pondéré des prêts à une semaine sur le marché interbancaire est passé de 3,4079% à 3,7693% au cours de la même période.

Les taux débiteurs moyens des banques se sont accrus de 26 points de base pour se situer à 8,59% alors que les taux de rémunération des dépôts de la clientèle sont, pour leur part, restés quasi-stables à 5,28%. Les taux moyens pondérés des émissions de bons du Trésor se sont détendus de 33 points de base d’un trimestre à l’autre pour se fixer à 5,54%.

Au niveau des agrégats monétaires, les données sur le troisième trimestre 2011 laissent apparaître une légère accélération du rythme de croissance de la liquidité globale, après la période de décélération observée depuis un an. En effet, la masse monétaire s’est accrue de
14,1%, en glissement annuel, sur le troisième trimestre 2011, après 13,6% un trimestre plus tôt. La position nette des gouvernements s’est dégradée de 187,2 milliards et les avoirs extérieurs nets ont, pour leur part, enregistré une hausse de 73,7 milliards. Le taux de
couverture de l’émission monétaire a poursuivi sa baisse, s’établissant à 110,6% contre 111,2% un trimestre plus tôt et 116,5% au troisième trimestre 2010. Les crédits à l’économie se sont accrus, en glissement annuel, de 12,9% en moyenne sur le trimestre, après une hausse
de 16,1% au trimestre précédent.

Un léger ralentissement de la hausse des prix a été observé au troisième trimestre 2011. En effet, le taux d’inflation en glissement annuel est passé de 3,9% à fin juin 2011 à 3,6% à fin
juillet 2011, 3,5% à fin août 2011, avant de remonter à 3,8% à fin septembre 2011. La hausse des prix reste toujours influencée par le renchérissement des denrées alimentaires et des carburants.

En perspective, le taux d’inflation en glissement annuel s’établirait en moyenne à 2,8% sur le quatrième trimestre 2011 contre 3,6% au troisième trimestre 2011, en raison essentiellement d’un effet de base, l’évolution des prix au quatrième trimestre 2010 ayant été affectée par la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Le taux d’inflation, en moyenne annuelle dans l’UEMOA, s’établirait à 3,8% en 2011 contre une prévision de 3,7% sur la base de données définitives à fin juin 2011. Le taux d’inflation en 2011
varierait entre 3,7% dans le scénario optimiste et 3,9% dans le scénario pessimiste.

L’évolution des prix se situerait, en moyenne, à 2,6% en 2012, dans une fourchette de 1,8% à 3,3%. La baisse de la production céréalière de la campagne agricole 2011/2012 pourrait entraîner une hausse des prix en 2012, notamment pendant la période de soudure. A l’horizon
de 24 mois, le taux d’inflation est projeté à 2,2%, en phase avec l’objectif de stabilité des prix dans l’Union.

BCEAO

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