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La pauvreté ne recule pas dans les pays dépendants des matières premières

De plus en plus de pays en développement ont une économie dépendante des ressources naturelles. Mais malgré la hausse des cours mondiaux, ils ne voient pas la pauvreté reculer. C’est le constat de la Cnuced, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement.

Une étude toute récente de l’Institut d’études politiques de Colombo, au Sri Lanka, illustre le constat de la Cnuced. Le thé est la plus importante source de revenus du Sri Lanka – 1,5 milliard de dollars en 2010 – mais le nombre d’enfants mal nourris est plus important dans les plantations de thé qu’au niveau national.

La malédiction des matières premières est, sauf exception, toujours d’actualité. Le nombre de pays dépendants à plus de 60% des ressources naturelles a augmenté : on est passé de 85 Etats en 2002 à 91 Etats en 2010, mais leur population n’a pas profité de la hausse des prix des matières premières des dix dernières années. Dans ces Etats, l’extrême pauvreté touchait 58% de la population en 2002, elle était toujours de 53% en 2007, après la flambée des matières premières – et avant la crise. L’an dernier, où l’on a pourtant connu un nouveau pic des prix des denrées de base, 44 millions d’être humains supplémentaires ont été jetés dans l’extrême pauvreté.

Les explications de ce paradoxe sont nombreuses. La corruption, la faiblesse et la mauvaise redistribution des revenus des exportations agricoles et des activités d’extraction. Les régions minières qui fonctionnent le plus souvent en autarcie, sans profiter réellement au reste du pays. La plus-value sur les denrées de base quitte le pays, elle est encaissée à l’étranger par les intermédiaires et les transformateurs.

La plupart des pays en développement exportateurs de matières premières sont aussi importateurs nets de céréales, voire de pétrole. S’ils bénéficient de la hausse des prix mondiaux du thé, du café, du cacao, leur facture pétrolière ou alimentaire s’alourdit aussi fortement. Aujourd’hui, alors que les conditions du crédit se durcissent terriblement, il est encore plus difficile de diversifier l’économie, un impératif pourtant, selon la Cnuced, pour que les pays producteurs de matières premières ne subissent pas aussi durement les fluctuations des cours, de plus en plus brutales.

RFI

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