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La Grèce avec un grand C

L’agence Moody’s a abaissé vendredi soir la note souveraine de la Grèce de « Ca » à « C », soit le plus bas niveau de son échelle de notation, après l’accord intervenu sur l’échange de dette négocié dans le cadre du deuxième plan de sauvetage.

Cet échange de dette implique une perte attendue dépassant 70% pour les investisseurs, correspond selon les critères de l’agence à une note ‘C' ». « La décision parallèle de ne pas assigner de perspective sur la note grecque est basée sur la très forte probabilité d’un défaut de l’Etat grec sur ses obligations et sur le fait que ‘C’ est la note la plus basse sur l’échelle de Moody’s », explique l’agence.

Moody’s passe ici après Standard & Poor’s qui avait abaissé la note de la Grèce à « SD » (Défaut Sélectif), et après Fitch Ratings qui a aussi attribué la note « C » à Athènes.

L’opération de sauvetage qui a été avalisée doit permettre à la Grèce de réduire son endettement public de 100 milliards d’euros sur un total de plus de 350 MdsE. Moody’s doute toutefois que cela suffise à régler les difficultés du pays : « Le plan de l’Union européenne et l’offre d’échange de dette va réduire le fardeau de la dette de la Grèce, mais le risque d’un défaut une fois que l’échange de dette aura été mené à bien reste élevé ».

Moody’s pense en effet que la Grèce continuera de faire face à des problèmes de solvabilité à moyen terme « car son stock de dette continuera à dépasser largement 100% de son PIB pendant plusieurs années et il est peu probable que le pays puisse accéder au marché de l’endettement privé une fois que le deuxième plan d’aide arrivera à son terme. En conséquence, ses projets de réformes économiques et budgétaires feront toujours face à d’importants risques d’application. »

Une faillite de la Grèce entraînerait des coûts pour l’économie mondiale de plus de 1.000 Milliards d’euros selon un rapport de l’organisation bancaire internationale IIF.

La Banque centrale européenne serait particulièrement touchée par un défaut désordonné d’Athènes, de par son exposition à la dette grecque, mais aussi par les actions qu’elle devrait prendre pour éviter une contagion de la crise aux autres « maillons faibles » européens. Par ailleurs, un défaut de paiement grec menacerait directement de déstabiliser le Portugal, l’Irlande, l’Italie et l’Espagne… Ce rapport de l’organisation bancaire internationale aurait été remis le 18 février dernier aux dirigeants européens selon plusieurs sources de presse…

Boursier.com

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