Depuis un siècle, le monde moderne assiste tous les 30 ou 40 ans en moyenne à l’instauration d’un nouveau système monétaire: après le règne de l’étalon-or entre les deux guerres, les accords de Bretton Woods ont placé le dollar sur le piédestal
d’une référence monétaire mondiale. Depuis la dénonciation de ces accords en 1971 par le Président Nixon, ce système a été remplacé par… rien!
De nos jours, les monnaies voient leurs valeurs uniquement basées sur la confiance que leur accordent les marchés qui, dans l’esprit des autorités, possèdent une sagesse intrinsèque et sont censés s’autoréguler en cas de dérapage de l’un des facteurs ou de l’un des acteurs intervenants.
Le problème est que la crise de confiance des marchés obéit à des lois qui se réfèrent davantage à la psychologie et au chacun pour soi qu’à la raison, quitte à se saborder par des actions de panique. La récente crise de 2008 en a fait éclater l’évidence, et l’économie mondiale n’a dû son salut qu’à l’intervention énergique des Etats, ce qui est la négation même du principe de marché totalement libre.
Il est bien apparu que, si on laisse le marché aller sans garde-fous, la pression le rend par moments instable. Nous sommes aujourd’hui à la veille d’un nouveau crash, et nous allons voir pourquoi.
Depuis une dizaine d’années, le dollar a perdu 20 à 25% de sa valeur par rapport à l’or et à l’argent: il s’effondre régulièrement. Pour quelle raison ? Simplement à cause de la crise de confiance des investisseurs dans cette monnaie, qui n’est d’ailleurs plus qu’une monnaie fiduciaire, car ne reposant plus sur une base suffisamment solide garantie par une réserve de lingots d’or ou d’argent.
Perdant confiance, les investisseurs se tournent automatiquement vers les valeurs sûres qui ont toujours fait la preuve de la sécurité qu’ils procurent, et achètent des métaux précieux, or et argent. Ces métaux voient donc leur prix en dollars grimper, et le feront jusqu’à ce que leur valeur rattrape le volume de monnaie fiduciaire émis sur le marché.
Ce phénomène n’est pas nouveau, et s’est déjà produit à plusieurs reprises, la première connue eut lieu en 47 après JC. Cette hausse des métaux précieux annonce la mort programmée des monnaies fiduciaires. Ce marché n’est plus, comme par le passé, l’apanage de quelques très gros investisseurs, mais il est devenu mondial, par la grâce d’internet, et il n’est plus possible de le manipuler pour influer sur la parité d’une monnaie.
Depuis 1980, l’or a vu sa valeur multipliée par 24 et l’argent par 36. Il y a quelques années, les banques centrales vendaient de l’or pour en faire chuter le prix, mais elles n’ont pas pu enrayer la marche en avant de cette crise de confiance et depuis peu elles se sont mises à en acheter.
Comme la plus grosse partie consiste en transactions invisibles, le prix ne peut que monter davantage encore. Elles sont incitées en cela par les achats importants réalisés par les pays émergents, la Chine en tête. La Chine commence à thésauriser également de l’argent.
Faute d’une politique cohérente de rigueur budgétaire, la prochaine crise monétaire est inéluctable.
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