Appel forcé de la deuxième tranche de capital. Mesure d’urgence prise par la BIDC confrontée à une insuffisance de ressources concessionnelles face à des besoins croissants de financement.
La 33e session ordinaire du Conseil d’administration de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) a pris la mesure de la nécessité qu’il y a pour l’institution communautaire de renforcer son capital social afin de compléter les efforts de mobilisation des ressources à l’interne et à l’externe. Une situation d’urgence pour le président de la Commission de la Cedeao, Victor Gbého, qui s’est donc dépêché dans la capitale togolaise pour assister personnellement, pour la première fois depuis sa nomination en février 2010, au Conseil qui, le 8 juillet, a examiné le mémorandum sur l’augmentation du capital de la BIDC et l’appel de la deuxième tranche du capital, mais aussi la stratégie de mobilisation de ressources concessionnelles internes à la Cedeao pour le financement du développement dans les Etats membres. Résultat: l’idée d’appel de la deuxième tranche du capital est acceptée et le capital est porté de 750 millions à 1,5 milliard de dollars. Fin de suspens pour Bashir Ifo, président par Intérim de cette branche financière de la Cedeao, qui a exhorté à cette mesure pour corriger un « défi d’insuffisance de ressources concessionnelles » et permettre à la BIDC de répondre à des besoins croissants de financement du développement dans cette communauté de quinze Etats.
A son avis, après le remarquable rebond de la récession en 2009, les économies africaines ont, presque toutes, été boostées par le fort dynamisme des économies émergentes pendant que la plupart des institutions financières internationales ont entrepris de mieux se repositionner dans ce tumulte. « La BIDC n’a pas fait exception », a précisé Ifo, soulignant que la Banque a maintenu le cap de la mise en œuvre des réformes et intensifié les initiatives de mobilisation de ressources pour répondre à son volume d’engagement de financement de projets. Apparemment très rassuré quant à la bonne santé de l’institution, le Conseil a approuvé six projets de financement partiel: deux approbations pour le secteur public au Sénégal et en Côte d’Ivoire pour un total de 60 millions de dollars, mais quatre approbations pour le secteur privé dont 5 milliards FCFA pour un projet d’extraction et de transformation de marbre et pierres ornementales au Togo, un prêt convertible de 3 milliards Cfa en faveur de Financial Bank-Togo et une prise de participation de 500 millions Cfa dans le capital de la Caisse régionale de refinancement hypothécaire (CRRH) de l’UEMOA.
Par Olivier Tovor, Lomé
Les Afriques




