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La 33ème réunion de l’Association des Banques Centrales Africaines a posé les bases d’une intégration monétaire, financière et économique

Les pères des indépendances africaines ont rêvé d’un continent devant aspirer à une Afrique sans murailles monétaires. Une Afrique où les facteurs de la croissance économique joueront pleinement pour permettre aux États respectifs de relever les cinq défis majeurs dont la stimulation des échanges commerciaux intra-africains ; la stabilité monétaire, bancaire et financière ; la pleine intégration du continent dans l’économie mondiale ; la création d’emplois et des richesses pour combattre la pauvreté, et enfin, le défi du développement humain.

Jean-Claude Masangu Mulongo, Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), a réussi à réunir autour de lui environ 33 Banques centrales africaines sur les 40 composant l’Association. Pari gagné à travers une organisation impeccable qui redore le blason terni de la Rdc par plusieurs années de guerres. Le Chef de l’Etat Joseph Kabila s’est fait représenter par Athanase Matenda, Ministre des Finances. C’était hier jeudi 20 août 2009, à Kinshasa, en présence des membres du Gouvernement, du Chef de Cabinet du Chef de l’État, des 33 Banques centrales africaines sur les 40 composant l’Association, ainsi qu’une participation des représentants des institutions internationales, régionales et sous-régionales, et des acteurs du monde scientifique, bancaire et des affaires.

En effet, le choix du thème « Formulation de la politique monétaire en Afrique et la pertinence du ciblage de l’inflation », n’est pas dû au hasard. Il cadre avec les objectifs du Programme de coopération monétaire dont les moyens de réalisation sont les critères de convergence. « L’intérêt de la pertinence du ciblage de l’inflation réside en effet dans le fait que la réalisation d’un taux d’inflation faible favorise l’accélération de l’intégration monétaire, financière et économique, tout en contribuant à la stabilité du niveau général des prix, objectif premier de la politique monétaire », a indiqué Jean-Claude Masangu, avant de louer son institution qui a mis tout son cœur à l’organisation de cette prestigieuse rencontre continentale, afin que ces travaux se déroulent dans un esprit constructif, encadré par des conditions de travail confortables et empreintes de sérénité.

Pour la suppression des barrières héritées de la colonisation

L’intégration économique africaine est un projet ambitieux qui matérialise la vision des pères des indépendances africaines, qu’il s’agisse de Kwame Nkrumah du Ghana, de Julius Nyerere de Tanzanie, de Gamal Abder Nasser d’Egypte, ou encore de Patrice Emery Lumumba du Congo démocratique. Tous avaient souhaité la disparition des barrières artificielles, politiques, économiques et sociales héritées de la colonisation.

« Pour eux, une Afrique unie au plan économique et politique, avec toutes ses potentialités minières, énergétiques, forestières, agricoles et autres qu’elle regorge, pouvait peser significativement sur la gouvernance mondiale », a indiqué le représentant personnel du Chef de l’État. Et aujourd’hui, il est permis de dire que l’Afrique chemine véritablement vers la réalisation du rêve d’intégration économique. La détermination du Chef de l’État témoigne du soutien et de l’engagement de tous les Chefs d’État africains à poursuivre cet objectif. Pour le Chef de l’État congolais, à travers son représentant, l’honneur revient donc aux Gouverneurs des banques centrales africaines à qui les Chefs d’État et de gouvernements, par le biais de l’Union Africaine, ont confié la difficile mission de piloter cet ambitieux programme de coopération monétaire africaine.

L’objectif d’une inflation modérée a été atteint

C’est la conclusion à laquelle est arrivée François Kanimba, président sortant de l’ABCA et Gouverneur de la Banque nationale du Rwanda. En effet, en matière de formulation de politique monétaire, il convient de rappeler que depuis le milieu des années 80-90, avec les réformes économiques et financières soutenues par les Institutions de Bretton Woods, la majorité des banques centrales africaines ont adopté le ciblage des agrégats monétaires comme cadre le plus efficace pour la mise en œuvre de la politique monétaire. Couplé à une politique fiscale prudente, le contrôle de la croissance de l’offre de monnaie visait en effet la réduction de l’inflation en Afrique, d’une situation de fortes pressions qui prévalaient dans la plupart des pays à une inflation à un chiffre, comptable avec les objectifs de croissance économique.

Aujourd’hui, reconnait François Kanimba, nonobstant quelques exceptions, de pays encore en proie à des tensions sociopolitiques internes, nous sommes tous d’accord que le cadre de ciblage des agrégats monétaires a permis à nos pays d’atteindre de manière générale, l’objectif d’une inflation modérée. « Au cours de la dernière décennie, cette politique monétaire que nous avons poursuivie a en fait contribué de manière significative à la stabilité macroéconomique, avec une croissance économique relativement plus élevée et soutenue, des déficits fiscaux raisonnables et une position extérieure visible », a-t-il indiqué.

La Commission de l’UA apporte son appui à l’ABCA

« Face aux différentes contraintes qui freinent et annihilent souvent nos efforts, nous devrons conjuguer nos actions et permettre à l’Afrique de mieux s’intégrer à une économie globalisée pour accélérer son développement durable. La coopération entre la Commission de l’Union Africaine et l’Association des Banques centrales africaines s’inscrit dans cette volonté commune de mobiliser ensemble les nobles objectifs fixés par l’union Africaine en faveur de l’intégration économique et le développement accéléré du marché commun africain », s’est exprimé le Dr Maxwell Mkwezalamba, Commissaire aux Affaires économiques et représentant M. Ping, président de la Commission de l’Union Africaine. Toutefois, il a rassuré que la Commission ne ménagera aucun effort, pour que dans le cadre de la globalisation et de la mondialisation accélérée de l’économie, l’Afrique, en particulier la Rdc, puisse parvenir à mobiliser efficacement ses moyens pour réaliser ces nobles objectifs.

Expérience de la BCC en matière de maitrise de l’inflation (1990-2008)

Le programme de la journée d’hier prévoyait entre-autre l’échange d’expériences des Banques membres de l’ABCA. C’est ainsi que la parole a été accordée à Jean-Louis Kayembe wa Kayembe, Directeur général de la politique monétaire et des opérations bancaires sur « l’Expérience de la Banque centrale du Congo en matière de maitrise de l’inflation : stratégie, approches et résultats (de 1990 à 2008) ».

Pour lui, la Rdc a été en proie à l’hyperinflation au cours des années 1990-2001. Mais depuis 2002, l’hyperinflation a été éradiquée : la hausse du niveau général des prix a été ramenée à une moyenne annuelle de 12% durant la période 2002 à 2008. Pour y arriver, la BCC a adopté des stratégies, notamment, abandon des pratiques discrétionnaires de la politique monétaire, au profit de la stratégie basée sur la règle de transparence ; la révision en 2002 des statuts de l’Institut d’émission, avec comme principale innovation, l’interdiction à la Banque centrale d’accorder des avances à l’État.

En conséquence, les dépenses publiques sont exécutées sur base caisse. Comme résultat à tirer, à la BCC on note un ralentissement notable de l’expansion monétaire et baisse significative de l’inflation ; retour sur le sentier de la croissance économique : création des conditions favorables à l’expansion économique (comparée au recul de l’activité d’environ 5% en moyenne entre 1990-200, la croissance économique a été en moyenne de 6% contre une croissance démographique de 3%), etc. Au regard de tous les arguments qui ont été avancés, on doit retenir que les Banques centrales elles-mêmes ne peuvent pas résoudre le problème de l’inflation sans l’implication des Gouvernements.

Jean-Marie Nkambua

Source : africatime.com

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