Les travailleurs de Kalsaka Mining observent depuis le 14 Mai aux environs de 18 h, un arrêt de travail. La grève qui a mobilisé les 350 agents, a touché tous les secteurs de la mine. Malgré les négociations entamées, les 2 camps se regardent en chien de faïence. Dont le départ du DG de la mine serait la solution.
Gros engins, citernes, camions stationnés, des bureaux hermétiquement fermés, voici ce que présente maintenant Kalsaka Mining suite à la grève déclenchée par les travailleurs de la mine depuis le 14 Mai dernier. Par cet arrêt de travail illimitée, les miniers veulent se faire entendre par la direction générale et le monde entier sur leurs conditions de vie et travail qu’ils jugent misérables et lamentables a laissé entendre le délégué du personnel Zèba Moussa. Pour les grévistes il n’ya pas de négociation sans le départ sans condition du directeur général,?Reynolds Anin Yeboah et une augmentation non négociable de 80% applicable à tous les travailleurs. Pourtant le directeur général, voué à l’hégémonie, propose seulement 5%. Une parole de sourd s’est installée entre les deux camps qui a conduis à l’arrêt du travail « nos salaires sont assez bas, la majorité de nos travailleurs sont des ouvriers et si on parle de 5% ça ne représente rien. Entre leurs salaires et les notre, c’est le jour et la nuit » s’est voulu rassurant le délégué du personnel. Salif Ouédraogo, la soixantaine bien sonnée est un vieux de la vieille des mines.
Il a même été un cadre du département en charge des mines. Aujourd’hui travailleur de Kalsaka Mining est déçu et interpelle les autorités d’être regardant sur nos mines car il ya péril en la demeure « ?ça fait 2 ans que j’ai attiré l’attention du ministère des mines. J’ai même rencontré l’inspecteur technique (sans préciser le nom et prénom) pour lui expliquer la situation catastrophe de la mine. Tenez en tant qu’ingénieur je n’ai même pas le 1/4 de salaire d’un ouvrier Ghanéen sur ce site minier. Le plus bas salaire des travailleurs Ghanéens est de 4.000.000 F Cfa. Ils font 80% de la masse salariale? ». Les frondeurs sont exaspérés et revolter de voir des Ghanéens sans diplôme, sans qualification et sans compétence ravir les vedettes en matière de salaire pendant que ceux qui ont des compétences broient le noir a laissé entendre Salif Ouédraogo suivi d’un soupir qui en dit long. Le délégué du personnel a tenu à préciser qu’ils ne sont pas xénophobes car dit-il, nous avons aussi des frères Burkinabé dans d’autres pays mais demandent -ils, donnez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui l’appartient. Un jeune minier connu sous le sobriquet commandant zabra a été on en peut plus clair « dans l’armée, chacun connait sa place mais dans cette mine les caporaux gèrent les généraux ». Cette déclaration du jeune minier a été suivie d’un tonnerre d’applaudissement. Les travailleurs de Kalsaka Mining ont une longue liste de récrimination contre le Ghanéen Yeboah, tantôt dictateur, tantôt d’avoir privilégié les Ghanéens, réfractaires à tous les produits Burkinabé manque de respect aux couleurs nationales, des menaces de licenciements, des voyages privilégiés aux Ghanéens, les travailleurs de Kalsaka Mining semblent être décider a en finir avec le directeur général « le directeur général nous a informé qu’il arrêtait toute négociation et celui qui ne veut pas travailler peut rentrer » a expliqué un minier.
Cette phrase a blessé plus d’un sur le site et cela s’est traduit pas le départ précipité du directeur général sur le site « ?nous avons donné quelques minutes à la direction générale pour déguerpir les lieux le 15 Mai à 14h, ils se sont exécutés immédiatement? » a laissé entendre les miniers. En plus de des augmentations de salaire, les miniers disent être dépourvu de tout, les équipements vestimentaires délabrés, chaussures de sécurité qui n’existent que de nom, nourriture servi dans des conditions inimaginables, avenir sombre « ?il ya 3 à 4 démissions?par mois à Kalsaka Mining pour d’autres mines. Nous ne mangeons que des conserves même les sachets d’eau sont importés pourtant il ya des sachets d’eau au Burkina, des bons restaurants également » a laissé entendre le délégué du personnel. Les travailleurs de Kalsaka Mining étaient très nombreux à nous informer qu’ils travaillaient depuis 15 mois sur la mine sans contrat. Les miniers reproches également le directeur général de faire bénéficier des voyages dorés en avion alors que les Burkinabé sont obligés de débourser leurs propres frais pour se rendre dans leurs familles respectives. A.K a préféré requitl’anonymat. Il nous a révélé que la fosse est en surproduction. Cela veut dire que Kalsaka Mining fermera les portes bien avant les 6 ans de contrat qui les lie à l’état Burkinabé. Cela signifie également que la mine ne payera pas les taxes car elle bouclera les exploitations avant décembre 2011. Vrai ou faux, le temps nous situera.
Une chose est sûre rien ne semble être respecté à Kalsaka Mining la mine n’est pas clôturée et la poudrière est moins de 100 mètres d’un dépôt du carburant, les concessions de Kalsaka Mining portent les fissures des explosions de la mine. Suite à la crise, le département en charge des mines a dépêché une délégation conduite par le secrétaire général, la province du Yatenga était représentée par le Haut-commissaire du Yatenga, Jean-Baptiste Zongo et le directeur régional du travail, Sakandé Abdoulaye. La mission a entamé les négociations le 18 Mai à 12h 46 et se sont quittés le 19 Mai à 2h 37mn. La direction générale qui était de la partie était sous escorte policière et gendarme. Ce qui a étonné plus d’un c’est le fait que la mission a demandé au maire de Kalsaka de se retirer de la salle pourtant sa population demande également le départ du DG car dit-elle n’aurait pas respecté ses engagements vis-à-vis des propriétaires terriens. Le maire de Kalsaka qui est resté dehors avec la sécurité somnolait sous le hangar, las d’attendre il s’est retiré quelques heures après. Nous avons tenté de rentrer en contact avec la direction générale pour écouter sa version des choses. Depuis le 15 Mai jusqu’à l’heure on nous bouclions ce reportage.Le directeur des ressources humaines qui avait promis de donner suite à notre rencontre a lui aussi resté muet. La presse qui était sur les lieux a été contrainte de quitter non seulement sous le hangar mais carrément les limites de la mine. A moins que les soient disant négociateurs ont d’autres choses de louche derrière cette crise, comment empêcher les médias de rendre compte de ce qui se passe et de vouloir cacher les choses. C’est parce que ces gens ont voulu cacher certaines réalités qu’aujourd’hui la crise s’est installée.
Leur comportement nous étonne car même à la présidence du Faso et pendant la crise la presse était autorisée.
Martin Luther




