Si le taux officiel du chômage au Burkina semble faible (moins de 3 %), il n’en demeure pas moins que la problématique de l’emploi reste une affaire brulante dans le pays. Il n’y a qu’à attendre la période des concours directs de la fonction publique pour être en prise avec la réalité. Par exemple en 2011, 432563 candidats postulaient pour 9.867 postes à pourvoir dans 112 concours.
Trouver de l’emploi à toutes ces personnes mises, pour le moment, en marge de la population active est l’une des priorités du ministère de la jeunesse, de la formation professionnelle et de l’emploi (mjfpe). Le département que dirige le philosophe Achille Tapsoba s’attèle à créer près de 55.000 emploi d’ici la fin de l’an 2012 au profit des jeunes et des femmes burkinabè. Pour y arriver un programme spécial devrait être bientôt lancé. Des informations reçues au département ministériel en charge de la jeunesse indiquent que ce programme qui s’étalera sur 3 ans coûtera annuellement près de 11 milliard de FCFA. Il entre en droite ligne de la Stratégie de croissance accélérée pour le développement durable adoptée par le Burkina et soutenue par les partenaires techniques et financiers.
Le programme spécial de création d’emplois pour les jeunes et les femmes du fait des résultats attendus dans sa mise en œuvre a été bien vendu aux partenaires du Burkina. En plus des 54. 209 emplois qu’il prévoit créer, il faut citer les 10.000 occupations et la formation de 45.000 jeunes diplômés et ruraux. Ainsi, jeunes citadins, jeunes ruraux, diplômés, déscolarisés et non scolarisés des 13 régions du Burkina sont visés par ce programme.
L’univers des petites et moyennes entreprises devrait également voir son espace s’agrandir en 2012 car le programme entend former 10.000 jeunes diplômés en entreprenariat et les insérer dans l’auto-emploi.
Les jeunes ne demandent qu’à croire à ce programme pour le moins ambitieux, pour peu qu’ils aient la conviction qu’il aidera à réduire de façon sensible le taux de chômage estimé à 2,4% et celui du sous-emploi qui frôle les 27% en milieu rural. Il y va de la stabilité sociale du Burkina quant on se met à l’esprit que les jeunes avaient été au premier rang de la vague de manifestations populaires du premier semestre 2011 avec son lot de coups durs que le pays a difficilement encaissé. Le « droit » à l’emploi figurait en bonne place des revendications. Aux politiques de savoir maintenant donner les réponses appropriées aux problèmes posés. Le temps presse surtout que 2012 promet d’être dur avec la crise alimentaire qui se profile. Les intéressés attendront donc impatiemment de mesurer, à l’aune du concret, les résultats du programme spécial de création d’emploi qui se veut être une réponse globale à la problématique du chômage et du sous-emploi des jeunes et des femmes en milieu urbain et rural.
Nous suivrons de près les avancées de ce programme qui prendra fin en 2014.
Christian Koné, pour Burkinapmepmi.com




