La Direction générale des services informatiques (DGSI) et les directions chargées de l’informatique au sein des régies financières ont organisé du 16 au 19 novembre 2011 à Ouagadougou, la 3e édition de la Conférence annuelle des services informatiques (CASI) du ministère de l’Economie et des Finances (MEF). Cette édition, placée sous le thème « 20 ans d’informatisation des finances publiques : bilan et perspectives », a donc la particularité d’être couplée avec le jubilé des deux décennies d’existence de ce système informatique. C’est ainsi qu’en marge de cette conférence, il sera organisé, du 24 au 27 novembre prochains, des journées portes ouvertes sur les prestations de la DGSI.
La Conférence annuelle des services informatiques (CASI) du ministère de l’Economie et des Finances (MEF) est un cadre de concertation entre les services informatiques du MEF et leurs partenaires des secteurs public et privé, une tribune idéale pour des échanges autour des questions importantes relatives au processus d’informatisation du MEF. C’est ainsi que la 3e Conférence annuelle des services informatiques (CASI) du ministère de l’Economie et des Finances (MEF), qui s’est tenue à Ouagadougou du 16 au 19 novembre 2011, a eu pour thème « 20 ans d’informatisation des finances publiques : bilan et perspectives ». Cette rencontre a permis de faire une halte et d’évaluer le chemin parcouru et de dégager les futurs chantiers du MEF en matière d’informatisation au moment même où ce département ministériel s’engage dans une réforme. Les participants ont ainsi fait le diagnostic de la gestion des projets informatiques au MEF dans un contexte de gestion axée sur les résultats, dégagé les nouvelles dispositions à prendre pour l’organisation des services informatiques pour leur plus grande efficacité, montré la place de l’infrastructure de communication dans le système d’information du MEF, montré la corrélation entre la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) et la cyber stratégie nationale.
Des acquis notables
En termes d’avancées, il a été noté l’amélioration de la gestion des finances publiques en fiabilité, rapidité et transparence, ce qui a eu pour impacts la célérité dans les traitements, la fiabilité de l’information financière, la transparence et traçabilité de l’information, la production à temps de la Loi de finances, de la Loi de règlement et du Compte de gestion pour le Parlement et la Cour des Comptes dans un contexte de séparation des pouvoirs et d’obligation de rendre compte. Les autres incidences positives de l’informatisation des finances publiques sont l’élaboration des tableaux de bord décisionnels pour les décideurs, du réseau informatique unique de l’administration publique avec ouverture permanente sur Internet pour tous les utilisateurs connectés, la plateforme unique de messagerie, l’hébergement des sites web des services publics, le partage de différentes ressources et téléphonie sur IP pour réduire la facture téléphonique de l’Etat. D’autres acquis majeurs sont la plateforme bureautique standard, l’exploitation des licences dans le cadre des contrats cadres du gouvernement avec les éditeurs de logiciels et le taux d’équipement avoisinant 1 PC pour 2 agents en moyenne générale.
Les entraves au bon fonctionnement des services informatiques
Les principales difficultés rencontrées sont l’insuffisance des effectifs d’informaticiens pour faire face à tous les chantiers prioritaires, d’où un rythme assez modeste du processus d’informatisation, la forte mobilité du personnel informaticien du MEF vers les secteurs parapublic et privé et les organismes internationaux, d’où l’impossibilité de capitaliser durablement les expériences et les savoir-faire, ce qui a un impact sur la maintenance du système notamment en son volet applications. Les autres entraves sont le long délai et les coûts onéreux de réalisation des grands projets logiciels, les insuffisances des financements pour réaliser rapidement toutes les ambitions, la disponibilité continue des interconnexions réseaux interurbaines tributaires de la stabilité des LS de l’ONATEL, la couverture encore incomplète de tous les services du MEF par le réseau informatique public (RESINA), les prestations de maintenance du parc informatique et du RESINA encore en-deçà des attentes malgré les énormes progrès réalisés. Les faiblesses relevées concernent aussi le professionnalisme et l’organisation du secteur de l’informatique au Burkina Faso globalement insuffisants en dépit de quelques bons exemples de référence et la maîtrise insuffisante de certains comportements à risques des utilisateurs. Des difficultés non négligeables qui ont suscité la formulation d’autant de perspectives et défis.
Les perspectives, défis et recommandations
Ceux-ci ont trait à la consolidation des acquis, l’adaptation des outils pour la mise en œuvre du budget programme de l’Etat à l’horizon 2015, la déconcentration de la gestion administrative et salariale du personnel de l’Etat dans les régions, les comptabilités intégrées des Collectivités territoriales et des EPE, la déclaration et le paiement d’impôts en ligne, le suivi des marchés publics et des dossiers des fournisseurs en ligne, le suivi des dossiers individuels des agents publics de l’Etat, le renforcement de l’intégration du système pour améliorer sa cohérence et faciliter son évolutivité. Les autres chantiers consisteront en la mise en œuvre des systèmes de management de la qualité et de la sécurité de l’information économique et financière, la poursuite de l’extension du RESINA aux services déconcentrés du MEF au niveau national et à l’étranger, l’amélioration du contenu de l’Intranet gouvernemental pour évoluer vers un réel travail collaboratif, l’opérationnalisation du plan d’équipement et accords-cadres avec des équipementiers informatiques. Sont aussi à relever, des défis comme la réduction des disparités entre le niveau central et le niveau déconcentré, l’alignement des référentiels techniques des services informatiques sur les standards internationaux et les bonnes pratiques reconnues et la réforme institutionnelle de la DGSI. La 3e CASI a, en outre, fait quatre recommandations, à savoir l’appropriation et la promotion par les responsables du MEF des applications informatiques, l’institution d’un cadre de concertation entre le ministère chargé des TIC et les directions des services informatiques des ministères et institutions, la mise en place d’un dispositif efficient de gestion et de suivi des projets informatiques propres à l’administration et l’actualisation et la formalisation d’une méthode de conduite des projets informatiques au sein du MEF tenant compte des référentiels de bonnes pratiques.
Juste PATOIN
Le Pays




