Depuis un certain temps, il est de plus en plus question à Inata, village aurifère du Soum dans la région du Sahel, de l’imminence d’une marche de la population contre la Société des mines de Bélahouro (SMB) qui n’aurait pas respecté ses engagements vis-à-vis d’elle. Pour en savoir davantage sur les motifs réels de cette manifestation en projet, nous avons rencontré des personnes ressources de la localité. Issa Maïga dit Issa Sidwaya, conseiller municipal de Filio (premier village riverain de la mine), dit être à bout de souffle à force d’attendre la concrétisation des promesses de la société qui ne fait qu’exploiter les terres des populations depuis trois ans.
Des promesses non tenues
« Nous étions exploitants artisanaux et la SMB est venue déguerpir d’abord les populations sans dédommagements. Il a été dit que nos jeunes seront employés prioritairement. Mais il n’y a qu’un seul jeune de Filio qui travaille là-bas comme manœuvre. Il a été aussi question d’une fondation pour nous aider mais rien n’est fait et beaucoup d’autres réalisations n’ont toujours pas vu le jour », fait savoir, amer, le conseiller Maïga. Yacouba Maïga, président du Conseil villageois de développement (CVD), est, quant à lui, radical. En effet, il demande tout simplement le départ de la société. « La société n’est plus la bienvenue ici. Elle a détruit nos habitations, nos champs, nos pâturages et nous a condamnés à l’errance », lâche-t-il. Mêmes récriminations chez une autre personne rencontrée, à savoir l’imam de Sona, Boubacar Sawadogo. Le maire de la commune rurale de Tongomayel, Issa Sadou Tamboura, est aussi sur la même longueur d’ondes. Il regrette même l’époque où le site était exploité artisanalement, vu que la société minière n’a pas apporté grand-chose à l’amélioration des conditions de vie des populations qui ont été déguerpies des terres sur lesquelles elles vivaient depuis plus de 20 ans. Le maire se dit toujours disposé à un dialogue avec la société pour trouver une solution à la situation. Pour ne pas nous contenter d’un seul son de cloche, nous avons voulu approcher la société incriminée pour avoir aussi sa version des faits. Malheureusement, nos efforts sont restés vains.
Moumouny B. TAMBOURA
Lepays




