Dans le droit de réponse ci-dessous, le Projet pilote de lutte contre le paludisme par les biolarvicides dans la ville de Ouagadougou rassure, quant à l’innocuité et à l’efficacité des produits chimiques importés dans le cadre du projet.
Faisant suite à l’information parue dans votre rubrique « Confidences du week-end » du lundi 19 septembre 2011 et d’un autre article publié le 30 septembre dernier sous la plume d’Antoine Battiono, il nous est apparu indispensable d’apporter des éléments de clarification à travers le droit de réponse suivant. En effet, la commune de Ouagadougou, le gouvernement, à travers le ministère de la Santé, et la Commission de l’UEMOA sont engagés dans la mise en œuvre d’un projet dénommé « Projet de lutte contre le paludisme par l’utilisation de biolarvicides à Ouagadougou ». Notre pays, à travers sa capitale, a été retenu pour la phase pilote de ce projet qui sera à terme élargi à d’autres Etats membres de l’UEMOA. A la lecture de l’information parue dans votre journal sous les titres « des produits chimiques non réglementaires importés au Burkina », et « des produits dangereux introduits au Burkina », la coordination du projet se voit dans l’obligation de rétablir les choses dans leurs justes et vraies proportions.
1-« L’importateur n’est pas en règle vis-à-vis des documents »
Les produits chimiques sont commandés par la coordination du projet à travers elle, donc la Commission de l’UEMOA, le ministère de la Santé et la ville de Ouagadougou, à la société « LABIOFAM » qui est signataire de la convention qui régit la mise en œuvre du projet pilote. Cette convention dans l’une de ses dispositions stipule que : « la mairie de Ouaga assure le paiement des factures des biolarvicides et des produits chimiques à « LABIOFAM ». La convention en son article 6 mentionne que « la mairie est chargée de commander, de stocker et de gérer les produits chimiques et les biolarvicides ». La convention en son article 13 précise que « les matériels, les services et travaux entrant dans le cadre de l’exécution de ce projet seront exonérés de tous droits de douanes, impôts et taxes et ce, en application de l’article 13 du protocole additionnel n°03/96 du 10 mai 1996 relatif aux droits, privilèges et immunités de l’UEMOA ». Toutes les factures, les certificats d’analyse, les certificats d’inspection des produits, les DPI délivrés par le ministère du Commerce, les certificats de contrôle provisoire de qualité délivrés par le Laboratoire national de santé publique (LNSP), les Autorisations provisoires de commandes (APC) délivrées par la Direction de la protection des végétaux et du conditionnement (MAHRH) ont été délivrés par les autorités compétentes dans ces matières. Au regard de ce qui précède, nous ne voyons pas de quels documents il est question.
2- « Des pesticides qui seraient interdits d’usage dans les pays du CILSS «
La liste des produits autorisés par le Comité sahélien des pesticides, organe du CILSS compétent en la matière, est consultable à souhait sur le site www.insah.org. La cyperméthrine et le bacillus thuringiensis qui sont les produits commandés par le projet figurent bien sur cette liste revue et corrigée en mai 2011. D’autre part, il faut préciser que l’OMS a fourni au ministère de la Santé, la liste des larvicides recommandés pour la lutte contre les larves de moustiques et les produits (larvicides) qui sont arrivés à Ouagadougou figurent bien sur cette liste. Il en est de même pour le produit chimique (cipermethrine), lui aussi figurant sur la liste des insecticides recommandés par l’OMS pour lutter contre les moustiques adultes.
3-« Ce produit est dangereux… »
L’expérience en cours au Burkina Faso a été déjà menée dans plusieurs pays, tels le Ghana, la Tanzanie, le Nigeria ainsi qu’en Asie et en Amérique latine sans conséquences aucunes. D’ailleurs, le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) du Burkina Faso a été invité à participer à une rencontre organisée par la Commission de la CEDEAO afin de partager l’expérience du Ghana avec les autres pays membres sur l’utilisation des produits LABIOFAM/Cuba et ceci, dans le cadre du développement du plan stratégique pour l’élimination du paludisme dans l’espace CEDEAO d’ici à 2015. Plusieurs études sont disponibles au Centre national de recherche et de formation sur le paludisme et au niveau de l’OMS, qui ont fourni la preuve de l’efficacité et de l’innocuité de ces produits sur l’homme, la faune et la flore. La sortie des produits s’est effectuée après communication aux services des Douanes des documents requis. Ils sont stockés dans des installations maintenues à température constante et ceux-ci feront l’objet d’inspections périodiques de la part des services nationaux compétents comme la Direction de la protection des végétaux. Nous déplorons profondément la publication de tels articles sans recherche d’informations scientifiques irréfutables sur la question par votre organe qui a pourtant assisté à la conférence de presse donnée par le maire de Ouagadougou le 8 août dernier sur le sujet et qui en a fait un large écho. Qui diffuse ces informations alarmistes et à quelles fins ? A l’évidence, nos centres d’intérêt ne sont pas les mêmes. Nous, à la coordination du projet, avons à l’esprit que notre pays, à travers sa capitale, a été retenu pour la mise en œuvre de cette phase pilote au regard du sérieux dont il a toujours fait preuve dans la conduite de telles actions. 20 000 cas de paludisme dénombrés chaque semaine à Ouagadougou actuellement, voilà le chiffre qui doit retenir notre attention et le parallèle fait entre les pesticides utilisés dans le cadre de ce projet et les déchets du Probo Koala est franchement d’une légèreté déconcertante. En tout état de cause, notre démarche n’a pour objet que de rassurer nos compatriotes et tous ceux qui vivent à Ouagadougou, de l’innocuité des produits utilisés. Avec l’espoir que ces informations dissiperont les éventuelles préoccupations suscitées par les contrevérités parues dans votre publication, nous réaffirmons la disponibilité de la Coordination du projet à collaborer étroitement avec les médias comme promis d’ailleurs lors de la conférence de lancement par le maire. En tout état de cause, les institutions-parties dans la mise en œuvre de ce projet que sont le gouvernement du Burkina Faso à travers le ministère de la Santé, la Commission de l’UEMOA et la ville de Ouagadougou ne sauraient se liguer pour faire entrer des produits prohibés au Burkina Faso. A quelle fin ?
La Coordination de Projet pilote de lutte anti-moustique par l’utilisation des biolarvicides.
Le Pays




