La crème du monde de la finance nationale et internationale s’est retrouvée hier 24 mars 2011 dans la salle polyvalente du palais de Kosyam pour tenir autour du maître des lieux la seconde session du Conseil présidentiel pour l’investissement (CPI). En ouvrant ce conclave, le patron du CPI, Blaise Compaoré, a invité tous les partenaires de cette aventure à maintenir le cap pour que la courbe des investissements soit toujours ascendante. Il s’est prononcé.
Aucun investisseur, même s’il possède la touche de Midas, n’ira mettre son argent dans un pays où il n’y a pas de garantie. Bien que le risque soit inexistant, n’importe quel homme d’affaires voudrait un minimum de sécurité. D’où le thème de la présente session : “La sécurisation des investissements privés au Burkina Faso”. Avant de donner le top de départ des travaux, le président du Faso a fait observer une minute de silence à la mémoire de toutes les victimes du séisme intervenu le 11 mars au Japon ; tout en exprimant aux familles meurtries sa compassion. Puis il a fait une radioscopie de l’économie burkinabè, marquée par un bond substantiel du taux de croissance (7,5%) en 2010 contre 3,1% en 2009.
Ces “performances enregistrées dans les secteurs de l’économie réelle, dans nos comptes extérieurs et dans les finances publiques, ne sont pas seulement imputables à la forte croissance des productions agricoles et minières… elles sont aussi le résultat de la qualité de la gestion économique, en termes de proactivité par rapport aux facteurs exogènes et d’initiatives vigoureuses prises dans les domaines dans l’entrepreneuriat agricole, des réformes fiscales, des incitations à l’investissement et au développement des infrastructures à l’activité économiques”.
Ces flux d’investissement ont connu leur essor dans le secteur minier. Pour le chef de l’Etat, l’édification d’un environnement propice à l’effervescence des investissements doit être une “quête permanente”. Le BF a mis en place un espace de bonne gouvernance politique, ainsi qu’une stabilité institutionnelle qui incitent à l’investissement. Mais, foi de Blaise Compaoré, il reste à parfaire la “qualité du cadre juridique”.
D’où ces mots : “J’appelle l’ensemble des Burkinabè à préserver les investissements publics et privés déjà réalisés dans tous les domaines d’activité…”. Avant les propos du président du CPI, son secrétaire permanent, Djibrina Barry, a présenté les gourous présents à cette grand-messe consacrée à l’investissement au Faso : Français, Japonais, Chinois… ont fait le déplacement à Ouagadougou, toutes des personnalités qui pèsent dans le monde des affaires. Des affaires qui sont tributaires des relations avec les institutions de Bretton Woods, dont la Banque mondiale.
Son représentant, le vice-président Thierry Tanoh, vice-président de la Société financière internationale (SFI), a dit quelques mots. Ce dernier a égrené d’abord les réalisations engendrées depuis la première session tenue en novembre 2009 : mise en place du projet et promotion de l’arbitrage et de la médiation ; financement additionnel de 20 millions de dollars pour le Projet d’appui à la compétitivité et au développement de l’entreprise (PACDE) ; rôle de croissance de Bagré de 115 millions de dollars (projet en cours)… Commentaire du grand argentier du Burkina, Lucien N. Bembamba : “C’est un engagement fort pour nous, pour réaliser la croissance à travers la SCADD”.
Bémol selon Tanoh à toutes ces considérations : “Les taux d’investissement privés et le flux d’investissement étrangers restent en deçà de ce qui est nécessaire pour faire du Burkina Faso un pays émergent”. La sécurisation des investissements dans le privé, selon Tanoh, se heurte à des écueils tels la faible qualité des services judiciaires, les insuffisances du dispositif de facilitation des transactions foncières, l’insuffisance et le coût élevé des transports, de l’énergie.
Blaise s’est prononcé sur le sac des commerces :
“Il faut que ça cesse !”
Cette session s’est tenue au lendemain du pillage de certains commerces de Ouaga par des militaires. Qu’en pense le chef de l’Etat ? “Je crois que depuis un certain temps, nous avons eu des événements malheureux car bien avant les militaires de l’autre nuit, il y a eu d’autres. Mais comme je le dis, nous sommes dans un pays de liberté, on peut ne pas être content et manifester. Mais ce qui est important, c’est de savoir qu’on doit être prêt, toujours, pour le dialogue. Qu’il faut faire confiance à la justice de son pays et qu’il faut respecter le bien public. Avant on voyait des civils faire ces casses, il y a pas longtemps de cela ; maintenant ce sont des militaires. Il faut qu’on arrête cela dans ce pays, si nous voulons consolider la cohésion sociale et faire du Burkina Faso un pays respecté et respectable”. Avez-vous pensé aux causes profondes de ces actes ? Questionna un journaliste. “Lesquelles ? Voyez qu’est-ce que vous en pensez, a répliqué le président du Faso. La justice a été saisie pour un certain nombre de cas, le commandement militaire également. Le gouvernement avisera en temps opportun”, a-t-il poursuivi.
Z.D.Z.
Lobservateur.bf




