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Grogne sur les sites miniers : ORCADE tire la sonnette d’alarme

L’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE) a organisé une conférence de presse durant laquelle elle a évoqué ses inquiétudes sur ce qui se passe sur les sites miniers au Burkina Faso et qui porte atteinte à la souveraineté nationale ainsi qu’à la paix sociale. Animée par Jonas Hien, chargé des programmes de l’ORCADE, cette conférence s’est tenue à Relax Hôtel de Ouagadougou. C’était le 5 novembre 2011.

Selon l’Organisation pour le renforcement des capacités de développement (ORCADE), les sites miniers au Burkina Faso connaissent trop de problèmes contrairement aux discours officiels. L’ONG ORCADE va un peu plus loin en relevant que si l’on y prend garde, une prochaine crise profonde viendrait du secteur minier. Elle a dénoncé le fait que les responsables de la mine d’Essakane aient demandé et obtenu le départ du Commissaire Amidou Drabo du poste de police d’Essakane au motif qu’il est trop proche des populations de la localité et que par conséquent ne veille pas sur les intérêts de la Mine. Pour Jonas Hien, chargé des programmes de l’ORCADE, la société civile n’accepte pas le cas Drabo qui remet en cause l’autorité que les Burkinabè ont confié à l’administration publique. « C’est une grande honte pour notre pays d’entendre qu’une sûreté de l’Etat a relevé une autorité de ses fonctions à la demande d’une entreprise commerciale », a-t-il dit avant de souligner que la société civile n’acceptera pas que ce cas reste impuni. Le Premier ministre qui a dit toute sa disponibilité à faire restaurer l’autorité de l’Etat a été interpellé sur ce cas.

« Nous n’avons plus d’autorité »

L’ONG ORCADE dit avoir passé une journée de négociation avec la population le 17 octobre 2011 sur le site minier d’Essakane. La population de 82 villages mobilisés s’apprêterait à prendre d’assaut la mine d’Essakane le 19 octobre 2011. La cause serait l’entêtement de la mine à pomper une eau sous forme de barrage. Selon Jonas Hien, en appelant la population au dialogue, elle leur servait ces propos en présence de la police d’Essakane : « Nous n’avons plus d’autorité, nous allons résoudre nos problèmes par la violence… Ce que nous vous demandons, appelez Ouagadougou, dites leur de faire venir toute la CRS. Car nous avons compris que le savoir-faire de nos autorités sur les sites miniers c’est utiliser les CRS pour réprimer les populations ; pendant que les ministres en charge des mines préfèrent aller manger avec les compagnies minières mais n’ont jamais 30 minutes pour échanger avec les populations riveraines. Que les CRS viennent donc. Certains de nous vont tomber. Nous voulons voir notre police tirer sur nous. Mais nous avons aussi confiance en nous. Nous sommes sûrs que nous viendrons à bout de la Mine d’Essakane ». Pour l’ONG ORCADE, les communiqués des données sur les activités réalisées au profit des populations par les compagnies minières sont à prendre avec beaucoup de prudence, car, après vérification de certaines données, elle a relevé 80% de faux. « Et cela parce que les compagnies minières sont seules sur le terrain. L’Etat ne les suit pas », a dit Jonas Hien.

Réduire la puissance des sociétés minières

Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on. Le Premier ministre est ainsi interpellé par l’ONG ORCADE sur l’interdiction des drapeaux officiels d’autres pays sur les sites miniers pour la raison qu’un site minier n’est pas une enclave diplomatique, et le respect des autorités au niveau local par les responsables des compagnies minières. Pour les organisateurs de cette conférence, le pays demeure fragile et la crise est loin d’être derrière nous. Les sites miniers sont alors une bombe à retardement. « Nous attirons donc l’attention des uns et des autres qu’il y a des tirs à rectifier surtout de la part des compagnies minières. Parce que nous estimons que la plupart des compagnies sont des puissances intouchables et on ne sait pas sur qui elles sont adossées pour se comporter de cette façon. Si ça continue comme ça, nous pensons qu’une prochaine crise profonde pourrait provenir des sites miniers. Et pour nous, il faut tout faire pour que cette crise que nous sommes en train de traverser soit une dernière pour permettre au pays d’aller de l’avant », a laissé entendre Jonas Hien avant d’inviter les organes de presse à s’investir dans ce secteur afin d’aider le pays à tirer profit des revenus issus de l’industrie extractive.

Hamadi BARO

Le Pays

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