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Grands travaux : l’Afrique développe son réseau électrique

La consom­ma­tion éner­gé­tique afri­caine re­pré­sente seule­ment 6% de la consom­ma­tion élec­trique des pays in­dus­tria­li­sés. En dépit des po­li­tiques de bas ta­rifs des gou­ver­ne­ments afri­cains, en­vi­ron 550 mil­lions de per­sonnes, presque 75 % de la po­pu­la­tion de l’Afrique sub­sa­ha­rienne, n’ont tou­jours pas l’élec­tri­ci­té. En Afrique de l’Est en 2004, moins de 3 % des po­pu­la­tions ru­rales et 32 % des ci­ta­dins étaient rac­cor­dés à leur ré­seau na­tio­nal.

Or aug­men­ter la pro­duc­tion d’élec­tri­ci­té est es­sen­tiel pour que la crois­sance se pour­suive. De­puis plu­sieurs an­nées, de nom­breux pays s’en­gagent dans la construc­tion de nou­velles cen­trales élec­triques.

La pé­nu­rie d’élec­tri­ci­té freine le dé­ve­lop­pe­ment de l’Afrique

La pé­nu­rie d’élec­tri­ci­té ne freine pas seule­ment la pro­duc­ti­vi­té éco­no­mique ; elle fait aussi bais­ser la qua­li­té de vie des gens. “Sans élec­tri­ci­té, les cli­niques ne peuvent pas fonc­tion­ner nor­ma­le­ment, les com­merces doivent fer­mer au cou­cher du so­leil et les vac­cins ne peuvent pas être conser­vés au froid de ma­nière fiable”, ob­serve Vijay Modi, cher­cheur à l’Uni­ver­si­té Co­lum­bia à New York. C’est pour­quoi l’Afrique sub­sa­ha­rienne en­gage des « pro­jets ré­gio­naux d’in­ter­con­nexion éner­gé­tique”.

Créa­tion de mar­chés éner­gé­tiques ré­gio­naux en col­la­bo­ra­tion avec les grands or­ga­nismes in­ter­na­tio­naux

En Afrique aus­trale, les pays et les or­ga­nismes in­ter­na­tio­naux créent un mar­ché éner­gé­tique ré­gio­nal ef­fi­cace au sein de la Com­mu­nau­té de dé­ve­lop­pe­ment de l’Afrique aus­trale (SADC). Ce pro­jet ré­gio­nal offre des condi­tions fa­vo­rables à l’in­ten­si­fi­ca­tion des in­ves­tis­se­ments dans le sec­teur éner­gé­tique et fa­vo­rise l’in­té­gra­tion éco­no­mique ré­gio­nale. La Banque mon­diale fi­nance ce pro­jet à hau­teur de 296 mil­lions de dol­lars. C’est un des plus im­por­tants pro­jets fi­nan­cés par cette ins­ti­tu­tion fi­nan­cière sur le conti­nent.

Construc­tion de bar­rages co­los­saux à tra­vers tout le conti­nent

Les in­ves­tis­se­ments réa­li­sés dans ce pro­jet d’en­ver­gure fi­nancent les ins­tal­la­tions hy­dro­élec­triques d’Inga, en Ré­pu­blique Dé­mo­cra­tique du Congo. Ces grands tra­vaux amé­liorent la ca­pa­ci­té opé­ra­tion­nelle du sec­teur et ren­forcent la pro­duc­tion, le trans­port et la dis­tri­bu­tion d’élec­tri­ci­té dans la ré­gion. Avec un po­ten­tiel hy­dro­élec­trique de 100.​000 MW (dont près de 50.​000 MW se trouvent dans le site d’Inga), la RDC est éga­le­ment en me­sure d’ac­croître la ca­pa­ci­té de tran­sit du cor­ri­dor d’ex­por­ta­tion d’élec­tri­ci­té de la RDC vers les pays de l’Afrique aus­trale via la Zam­bie.

A l’image de ce qui se passe dans la SADC, les pro­jets pro­li­fèrent dans toute l’Afrique. D’autres pro­jets ré­gio­naux se dé­ve­loppent entre l’Afrique du Sud et le Mo­zam­bique qui construit son bar­rage de Ca­ho­ra Bassa. En Afrique Cen­trale, des lignes d’in­ter­con­nexion im­pliquent la RDC, le Rwan­da et le Congo Braz­za­ville. En Afrique de l’Ouest, des ini­tia­tives se créent entre le Mali, le Sé­né­gal et la Mau­ri­ta­nie. Le Bur­ki­na Faso en­vi­sage éga­le­ment, avec l’aide de la Banque Is­la­mique de Dé­ve­lop­pe­ment, de construire un bar­rage dans la Val­lée de Sa­men­dé­ni.

Entre la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo et le Bénin, une ré­so­lu­tion com­mune a été adop­tée pour construire une cen­trale ther­mique au Bénin. C’est un jalon es­sen­tiel pour la réa­li­sa­tion du Pool éner­gé­tique de l’Afrique de l’Ouest (WAPP).

L’Ethio­pie n’est pas en reste. Elle construit l’un des plus grands pro­jets hy­dro­élec­triques du conti­nent. Les tra­vaux du bar­rage Gil­gel Gibe III ont été lan­cés en 2008. Ce pro­jet, es­ti­mé à 1,5 mil­liards d’euros, de­vrait à terme per­mettre de pro­duire 4800 MW. Di­verses or­ga­ni­sa­tions fi­nan­cières sou­tiennent là en­core le pro­jet.

De ma­nière glo­bale, l’Agence in­ter­na­tio­nale de l’éner­gie es­time à 350 mil­liards USD le mon­tant des in­ves­tis­se­ments po­ten­tiels dans le sec­teur de l’éner­gie en l’Afrique pour les vingt pro­chaines an­nées.

Source : afriqueavenir.org

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