Une quarantaine d’administrateurs de serveurs de noms de domaine se forment aux opérations de registre dans la gestion des noms de domaine de premier niveau « .bf », du 9 au 13 janvier 2012, à Ouagadougou. Cet atelier technique est l’initiative de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), en collaboration avec ses différents partenaires dont l’African top level domain (AFTLD).
Les professionnels des technologies de l’information et de la communication d’Afrique se partagent les meilleures pratiques de noms de domaine pour mieux se les approprier et s’offrir assez d’espace sur le Net.
Il s’agit d’améliorer la gestion de la ressource critique que sont les noms de domaine Internet nationaux. Du point de vue du ministre des Transports, des postes et de l’économie numérique, Gilbert Noël Ouédraogo, cet événement, premier du genre, est de nature à marquer une étape importante dans la mise en place des bases d’une économie numérique stable et innovante.
Il a souligné que les recommandations du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) de Tunis en novembre 2005 avaient invité les pouvoirs publics à gérer ou superviser, selon les cas, leurs noms de domaine respectifs de premier niveau, à favoriser la sensibilisation à l’utilisation de l’Internet et à faciliter l’établissement de points d’échange Internet nationaux et internationaux. Selon lui, un nom de domaine renforce l’image professionnelle des sites Internet. « Il faut savoir que votre nom de domaine peut être réservé par vos concurrents. Il sera donc dommage de le perdre, surtout si vous avez trouvé le nom parfait et que vous n’avez pas été assez rapide pour le réserver ou le mettre à l’abri de quelques opportunistes » , a t-il averti, à l’adresse des participants. Il a affirmé que toute entreprise souhaitant communiquer et se positionner auprès des internautes burkinabè, a tout intérêt à posséder une extension en « .bf » ; ce qui permettra de souligner la présence de l’entreprise au Burkina Faso et son assujettissement aux lois nationales.
Le ministre Gilbert Noël Ouédraogo a précisé que les pays développés affichent des centaines de milliers de noms de domaines, alors qu’en 2011, la Côte d’Ivoire (.ci) en avait 2000, le Sénégal (.sn), 4000 et le Burkina (.bf) à peine 1000.
La fracture numérique
« Nous percevons nettement notre retard et le volume de travail à accomplir pour nous hisser au niveau des pays de la sous-région » , a-t-il reconnu. De son avis, l’approche pour une coopération multi-acteurs de la régulation d’Internet ciblée sur des enjeux précis doit être amplifiée et les échanges d’expertise sont à stimuler lors des séminaires communs sur les innovations technologiques et les processus de standardisation en cours.
Le directeur de la Francophonie numérique, Pierre Ouédraogo, a exprimé son inquiétude, sous un autre angle. « Vu le niveau de développement de l’Internet en Afrique, certains pourraient être tentés de ne pas se préoccuper des questions de la gestion des ressources Internet. Ce serait une erreur car comme on le dit, les absents ont tort » , a-t-il tiré la sonnette d’alarme. Il a ,par ailleurs, révélé que grâce à l’appui de l’OIF, des experts africains participent aux rencontres mondiales de l’Internet depuis 2000 et ont pu faire rejeter la demande d’une société non africaine qui voulait gérer le « africa ».Cette action a permis d’envisager en 2011, sous la houlette de l’Union africaine, d’obtenir la gestion du « africa ». Il a ajouté que c’est dans le but de préserver les intérêts des pays du Sud que l’OIF les accompagne dans le secteur de la gouvernance du Net. Pour lui, l’Internet est devenu une infrastructure critique, voire un champ de bataille où les grandes puissances et celles émergentes affûtent leurs armes.
« Il n’est pas rare d’entendre parler de cyber guerre, d’unités ou d’états-majors spécialisés dans la cyber sécurité et les cyber attaques… », a-t-il soutenu. Avec émotion, il a rappelé qu’il a assuré en 1997, le transfert de la base du « .bf » de la France au Burkina Faso sur les machines de l’Onatel dont il assumait le rôle de chef de projet Internet baptisé, « fasonet » d’où la connexion du Burkina à l’Internet. Ce projet, selon lui, a offert au Burkina Faso, le mérite d’être le premier pays de l’Afrique de Ouest à mettre en place un registre Internet local pour les adresses IP, avec les réseaux IP européens (RIPE). A l’époque, ce réseau assurait l’allocation des adresses IP dans une bonne partie de l’Afrique, avant la naissance du registre régional africain (Afrinic), basé à l’Ile Maurice.
Aimée Florentine KABORE
Sidwaya




