Le géant américain de l’automobile General Motors discuterait d’un rachat de 5 % du capital du constructeur français PSA Peugeot Citroën, rapporte, mardi 28 février, le quotidien économique français Les Echos. Compte tenu d’une capitalisation de l’ordre de 3,6 milliards d’euros, une telle participation représenterait dans les 180 millions d’euros. GM s’est refusé à tout commentaire tant qu’il n’y a pas d’accord et que les discussions pourraient tourner court.
De sources proches des négociations, l’accord comporterait une clause de maintien du statu quo (« standstill agreement ») prévoyant que GM ne pourrait pas monter davantage dans le capital du français sans l’autorisation de celui-ci. PSA, qui a connu une année 2011 très difficile, avait confirmé, mercredi dernier, que des discussions étaient « en cours » pour une éventuelle alliance avec un autre constructeur, sans citer General Motors.
PARTENARIAT ENTRE LES DEUX GROUPES
PSA avait annoncé mardi dernier qu’il étudiait un projet d’alliance, sans plus de précisions sur l’identité de son partenaire potentiel. Mais des sources avaient affirmé qu’il s’agissait de l’américain General Motors, confirmant des informations de presse.
Pour GM, une alliance serait un moyen de diminuer les charges d’exploitation de sa filiale européenne déficitaire Opel. Pour Peugeot, ce serait une ouverture vers l’international bienvenue à un moment où les ventes ploient en Europe. Des analystes disent qu’une alliance permettrait à GM et à Peugeot de mettre en commun des ressources pour concevoir des véhicules. Mais ils ajoutent qu’il faudra peut-être dix ans avant d’en recueillir véritablement les fruits et que d’autres mesures s’imposeront pour surmonter le problème essentiel de deux constructeurs en Europe, la surcapacité. « Franchement, nous pensons que ce sera source de complications à un moment très délicat de sa propre restructuration », avait dit la semaine dernière Matthew Stover, analyste chez Guggenheim Capital Markets, faisant référence à Opel. GM, qui a perdu 747 millions de dollars en 2011 en Europe, a dit ce mois-ci qu’il présenterait bientôt de nouvelles initiatives pour la restructuration de sa filiale européenne. « Globalement, GM a bien plus à offrir à PSA que l’inverse », ajoute M. Stover.
Le Monde




