Le nom du successeur de Dominique Strauss-Kahn pourrait être connu mardi prochain. La victoire promise de la ministre française, qui a reçu un soutien tacite jeudi du secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner, irrite les ONG.
Le nom du successeur de Dominique Strauss-Kahn, en tant que directeur général du Fonds monétaire international (FMI) pourrait être connu dès mardi prochain après une réunion spéciale du Conseil d’administration de l’institution le même jour. Hier, ce Conseil devait auditionner la ministre française de l’Economie, Christine Lagarde, candidate au poste, après avoir entendu, mardi dernier, le second prétendant, le mexicain, Augustin Carstens.
Arrivée mardi soir dans la capitale américaine pour deux jours, Christine Lagarde avait indiqué le lendemain qu’elle abordait, comme «toujours», avec confiance son « grand oral ». Après des rencontres bilatérales au sein de l’institution, la ministre s’est entretenue, jeudi 23 juin, avec le secrétaire au Trésor américain Timothy Geithner. Une rencontre où la crise grecque devait être abordée après les inquiétudes manifestées mardi par le secrétaire au Trésor américain sur la gestion de cette crise par les Européens. «Je pense qu’il serait très utile que l’Europe parle d’une seule voix, une voix claire, sur une stratégie» contre cette crise, avait il déclaré lors d’une conférence organisée par le « Wall Street Journal » à Washington.
A l’issue de leur entrevue, le porte-parole du département du Trésor sans se déclarer ouvertement en faveur de la candidature de la Française pour le poste de directeur général du FMI a quand même indiqué que Timothy Geithner « estime que l’expérience et les solides compétences de direction de la ministre Lagarde font d’elle une candidate exceptionnellement douée pour la direction générale du FMI ». Les soutiens reçus par Christine Lagarde ne laissent guère planer de doutes sur sa future nomination en dépit des incertitudes judiciaires et de la menace d’une enquête de la Cour de justice de la République à son encontre dans le cadre de l’affaire Tapie. Un victoire promise qui irrite les ONG. Hier, Oxfam a regretté que « cette non-élection démontre que les réformes de gouvernance du FMI ces dernières années ont été insuffisantes (…) ».
RICHARD HIAULT
Les Echos




