Suite aux manifestations pour soutenir le délégué du personnel menacé de licenciement pour avoir laissé couvrir une assemblée générale par la presse, le directeur de la Filature du Sahel (FILSAH) a sévi. Le vendredi 6 janvier 2012, il a licencié 7 ouvriers, infligé des mises à pied de 2 jours à 21 personnes, et de 4 jours à 2 personnes. Désemparés, les travailleurs sanctionnés sont allés chercher conseils auprès de l’Inspection du travail.
Hassane Maïga, Jérôme Koné, Fidèle Koléan, Oumar Zoungrana, Gérard Dabiré, Damata Dipama et Modeste Zongo sont ces malheureux employés de la FILSAH qui ont été mis à la porte le vendredi 6 janvier 2012 par le directeur de cette société qui n’a pas toléré que les travailleurs laissent couvrir leur assemblée générale (AG) par la presse. En plus de ces 7 licenciés, 23 autres personnes ont écopé de mises à pied de 2 jours et de 4 jours. Sur leurs notifications de licenciement, on pouvait y lire : « Licencié pour manquement grave à la discipline de l’entreprise » ou encore, « En refusant d’obéir aux ordres du directeur général, vous avez fait preuve d’insubordination caractérisée que nous ne pouvons pas accepter ». Pour rappel, c’est le 29 décembre 2011 que les travailleurs se sont mobilisés pour dire non à la menace de licenciement de leur délégué à la suite de leur assemblée générale tenue le 22 décembre 2011 pour présenter leur plate-forme revendicative. La direction, en son temps, s’était indignée que l’AG soit relayée par la presse. Les documents de licenciement précisent que le directeur général avait enjoint les travailleurs le 29 décembre 2011 de rejoindre leurs postes à 6h30mn et qu’ils ont catégoriquement refusé jusqu’à ce que les forces de l’ordre les évacuent de la cour. La direction a, par la suite, ciblé des personnes qui avaient reçu des avertissements au préalable, en tout cas, il y a moins de 6 mois, pour les licencier selon le règlement intérieur de la société, lit-on également sur les mêmes documents. Les licenciés ont, quant à eux, dénoncé « un licenciement abusif » car les faits de sanctions préalables dont ils ont été victimes ne sont pas constitués. Aussi, le même règlement intérieur ne donne pas droit à un licenciement à une récidive de moins de 6 mois. Pour ce qui concerne le mouvement du 29 décembre 2011, l’un des licenciés, Fidèle Koléan, a expliqué qu’il ne s’agissait pas d’un arrêt de travail puisqu’ils sont arrivés le matin à 5h30 mn pour travailler et ont trouvé la gendarmerie à l’entrée alors que, d’habitude, c’est le vigile qui prend leurs pièces d’identité. Se référant au même règlement intérieur de la société qui justifie leur licenciement, celui-ci stipule en son article 19 que « l’employeur ne peut demander au salarié de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent ». Or, le 29 décembre 2011, il y avait la présence des forces de l’ordre avec un changement brusque du système de travail (vérification des pièces par les gendarmes et non par les vigiles) qui ne favorisait pas un environnement de travail sain. Ils auraient donc marqué une pause pour observer la situation avant de s’assurer qu’ils peuvent bien travailler. Et c’est ainsi qu’ils ont rejoint leur poste deux heures plus tard. « Le problème vient en fait de la presse. Tout cela nous arrive parce que la presse a assisté à notre assemblée générale et s’en était fait l’écho », ont-ils relevé. Sinon les faits évoqués ne sont pas à l’origine de leur licenciement.
Josias Zounzaola DABIRE
Le Pays




