Une délégation de députés burkinabè a visité, le samedi 17 décembre 2011, la Société des fibres textiles (SOFITEX). C’est l’usine d’égrenage complexe Bobo 3 qui a retenu l’attention des parlementaires. Le directeur général de la SOFITEX, Jean-Paul Sawadogo, a présenté la société à ses hôtes avant d’insister sur la nécessité d’aider l’Etat à contenir la flambée du prix de l’engrais.
Constater de visu le fonctionnement de la SOFITEX et ce qui entoure l’or blanc du Burkina. C’est la raison principale qui a justifié le déplacement de députés burkinabè au complexe Bobo 3 le samedi 17 décembre 2011. Pour rappel, le complexe Bobo 3, mis en service depuis 1989, est la plus grande usine de la SOFITEX au Burkina Faso en terme de capacités. Il dispose de 4 égreneuses à 170 scies chacune et d’une capacité d’égrenage de 500 tonnes par jour, soit 75 000 tonnes pour une campagne normale de 150 jours qui s’étale de novembre à avril. Après leur accueil par le directeur général de la SOFITEX, Jean-Paul Sawadogo, et ses collaborateurs, les parlementaires ont eu quelques minutes d’échanges sur la filière coton de façon globale. Le DG de la structure a axé son intervention sur 4 points à savoir la production du coton biologique, le mécanisme de fixation du prix d’achat plancher de coton graine et les ristournes, le bilan de la crise cotonnière au début de la saison et les menaces qui pèsent sur la filière coton. Sur le premier point, Jean-Paul Sawadogo a fait savoir à ses hôtes que le Burkina est entré de plain-pied dans l’expérimentation du coton génétiquement modifié (CGM) à 50% et tire des avantages en terme de gain dans la production et sur le plan économique même si le CGM est toujours sujet à caution. La fixation du prix d’achat a été expliquée aux élus comme étant effectuée par une commission ad hoc composée de tous les acteurs de l’interprofession et présidée par l’Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB). Cette commission fixe le prix suivant un mécanisme qui prend en compte le cours du coton sur le marché mondial. Toutefois, après la vente, les bénéfices sont répartis entre la SOFITEX et les producteurs. En ce qui concerne le briefing de crise, le DG a fait savoir que 100 000 hectares de champs de coton ont été détruits de même que des intrants correspondant à une perte de deux milliards de F CFA. On a également déploré des pertes en vies humaines. Cette situation aurait un impact direct sur la production céréalière car l’expérience a démontré que la production de coton entraîne une bonne production de maïs. Cette crise étant liée à l’instabilité des prix de l’engrais, le DG s’est vite inquiété de la flambée du prix des engrais de façon exponentielle. « Des bruits courent que l’engrais risque de connaître encore une hausse de prix cette année. Si l’Etat ne prend pas des dispositions pour contenir cette hausse, il y aura une seconde crise. Et s’il y a une seconde crise, c’est la fin de la filière coton au Burkina. Et c’est la catastrophe pour plus de quatre millions de populations qui tirent leurs revenus du coton », s’est lamenté le DG de la SOFITEX. Après ce bref entretien, les hôtes de Jean-Paul Sawadogo ont sillonné les différents services de la SOFITEX où ils se sont imprégnés de la haute technologie innovante mise en place pour offrir des fibres textiles de haute qualité sur le marché. De la salle de conditionnement à l’égrenage en passant par le laboratoire de contrôle de la qualité et la certification des semences au pont bascule, aucun compartiment n’a été oublié.
Josias Zounzaola DABIRE
Le Pays




