Sur l’avenue France- Afrique à Ouaga 2000, est installée une unité de transformation de la viande en produits de boucherie et de charcuterie appelée. « La générale des Viandes ». L’histoire de cette entreprise se confond avec celle de son promoteur, Adama Ouena, dont le chemin a croisé celui du PAFASP, un jour de décembre 2008, à l’occasion des Journées de l’entrepreneuriat burkinabè (JEB).
Adama Ouena revient de loin. Après avoir monté son projet depuis 2006, il tournait en rond faute de moyens financiers pour entreprendre ce dont il a toujours rêvé : une unité de transformation de la viande en produits de boucherie et de charcuterie. « J’étais complètement découragé », se souvient-il. « Je ne savais plus quoi faire », dit-il. Lorsqu’il raconte ces moments difficiles, il a encore la gorge nouée par l’émotion : « J’ai postulé pour le prix PAFASP organisé par la Maison de l’entreprise dans le cadre des Journées de l’entrepreneuriat burkinabè et mon dossier a été retenu ». Adama Ouena, avec son projet baptisé « la Générale des Viandes », fait partie des cinq lauréats que le PAFASP prime chaque année depuis 2007 au cours des Journées de l’entrepreneuriat burkinabè (JEB). M. Ouena est de l’édition 2008. Son prix, d’un montant de cinq millions de francs CFA (le montant total de son projet était de dix millions) lui a permis de démarrer ses activités. Avec cet argent, il s’achète l’équipement de base et ses activités démarrent réellement en décembre 2009 sur l’avenue France-Afrique à Ouaga 2000. Très vite, la jeune entreprise a su conquérir une clientèle exigeante. « La contribution du PAFASP a été déterminante dans le démarrage de nos activités. Sans ce prix, on serait probablement encore tous au chômage ! », avoue-t-il tout en servant un gigot d’agneau à un fidèle client de la maison. Pour la pérennité de son unité, M. Ouena a été formé dans les domaines de la création et de la gestion d’une entreprise, la fiscalité applicable aux entreprises agricoles, les formalités pour l’exportation des produits agro-sylvo-pastoraux. Et le résultat est là : dix millions de francs CFA de chiffre d’affaires mensuel avec une douzaine de personnes employées. Visiblement, M. Ouena a su faire fructifier le capital confiance que le PAFASP a placé en lui. En primant des acteurs comme M. Ouena, le PAFASP est dans son rôle : promouvoir l’émergence d’unités modernes de transformation de viande répondant aux normes d’hygiène et de qualité requises et contribuer à la création de richesses.
Relever le défi de l’exportation de la viande
Et c’est le même souci qui a guidé l’appui que le PAFASP apporte à la Société africaine de charcuterie et de salaison (SACS). Située dans la zone industrielle de Kossodo à Ouagadougou, cette unité de transformation ravitaille déjà le marché local en produits de boucherie et de charcuterie. Elle ambitionne de s’attaquer aux marchés des pays voisins, notamment ceux du Ghana et du Bénin. L’appui du Programme, d’un montant de dix-huit millions de francs CFA, vise à permettre à cette unité de s’équiper pour un conditionnement sous vide de la viande. Une technique qui permet d’offrir des produits de qualité, sains et dans le respect des normes en vigueur. Cet appui va lui permettre d’acquérir du matériel d’emballage, de pesage et de charcuterie. Toutes choses qui permettront de valoriser la production locale et de mettre en place une unité quasi-industrielle de transformation de la viande en vue d’une exportation dans les normes requises. Selon le co-gérant de la SACS, Marc Vanoverschelde , la société compte exporter vers le Ghana sa première cargaison de viande au cours du premier trimestre de cette année. Actuellement, l’unité abat sept bœufs par semaine et sans doute que ce chiffre va croître dès le démarrage du conditionnement sous vide pour l’exportation. Dans le cadre de l’accompagnement de promoteurs pour l’émergence de véritables professionnels à l’export de la viande, le PAFASP appuie le processus de recrutement d’un partenaire technique de référence pour l’exploitation et la gestion de l’Abattoir frigorifique de Ouagadougou (AFO). Un processus est également en cours pour l’accompagnement d’un opérateur économique en vue d’exporter de la viande vers le Togo à partir de l’Abattoir moderne de Ouahigouya (AMO). Dans le même temps, pour assainir l’environnement commercial de l’AFO , le PAFASP apporte un appui à la toute nouvelle brigade de lutte contre les abattages clandestins et la viande foraine dans la commune de Ouagadougou. Le commandant de la police municipale, Clément Ouango, également commandant de cette brigade, juge que l’appui qu’il attend du PAFASP, notamment en matériel roulant, doit lui permettre de commencer la lutte. A terme, ces actions conjuguées devraient permettre l’émergence de véritables professionnels nationaux pour l’exportation de la viande.
Renforcement des capacités des acteurs de la filière
Le PAFASP a développé un programme de formation des acteurs en amont et en aval de la filière en vue de renforcer leurs capacités techniques et professionnelles.
– En amont (maillon production), 25 formateurs en techniques d’embouche bovine provenant de différentes localités du Burkina ont été formés qui, à leur tour, ont formé 692 producteurs dont 60 femmes. Cette activité a été conduite en partenariat avec le Projet ATP (Agribusiness Trade Projet).
– En aval, (maillon transformation), 29 agents provenant de 4 abattoirs et de 3 boucheries modernes ont été formés en techniques de découpe et en bonne pratique d’hygiène.
Par Abdoulaye TAO
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