Courant mai 2011, un client entrepreneur rend visite à son gestionnaire dans son bureau. Après quelques échanges, et fort de la confiance qu’il place en son banquier, l’entrepreneur confie son chéquier à son gestionnaire, monsieur Ouattara S., le temps de toucher de l’argent au guichet.
Mal lui en a pris, car le gestionnaire n’a trouvé mieux que de soutirer une feuille du chéquier de l’entrepreneur qui ne soupçonne rien à son retour, et par conséquent, ne vérifie donc pas.
Après le départ de son client, le gestionnaire remplit le chèque d’un montant de 475.000 F CFA et l’envoie à son ami d’enfance Kambou S., un instituteur à Bobo-Dioulasso afin de se soustraire de toute responsabilité.
Sur recommandations du gestionnaire indélicat, l’instituteur alla trouver au grand marché de Bobo, un employé de commerce, Sawadogo R. à qui il demande d’endosser le chèque et de le toucher pour lui. De bonne foi, le commerçant s’exécute.
Arrêté quelques jours plus tard par la gendarmerie et traduits devant le Tribunal correctionnel de Bobo-Dioulasso pour complicité de vol de chèque, de faux et usage de faux en écritures privées, l’instituteur a reconnu avoir compris que « l’affaire n’était pas claire » mais ne pouvait pas se débiner, au regard « des nombreux services » que le banquier lui avait rendus antérieurement. Le parquet a relevé « la mauvaise foi patente » de l’instituteur en demandant une requalification des faits en délit de recel. Il a requis une peine de prison de 12 mois et une amende de 300.000 F CFA, le tout assorti du sursis à l’encontre de l’enseignant. Quant à l’employer de commerce reconnu « témoin de bonne foi », le procureur a requis la relaxe pure et simple.
Le gestionnaire, monsieur Ouattara S., auteur direct n’a jamais été inquiété, ni gardé. Il aurait remboursé les 475.000 F CFA et s’est même payé le luxe de ne pas se présenter aux convocations du tribunal. Le dossier a été mis en délibéré pour le 13 avril prochain.
A qui faire confiance de nos jours ?
Sidwaya.bf




