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Ex-vigiles de SMS : Honorable, honorez la décision de justice !

Les ex-vigiles de la société de gardiennage Super Multi-Services (SMS) ont animé une conférence de presse le mardi 7 février 2012 à la Bourse du travail de Ouagadougou. L’objectif était d’informer l’opinion publique sur le refus de leur ex-employeur, l’honorable Augustin Galyam Ouédraogo, d’honorer la décision du Tribunal du travail.

Les 48 ex-travailleurs de la société Super Multi-Services, à travers cette conférence de presse, entendaient dénoncer l’attitude de leur ex-employeur. En effet, les travailleurs déflatés étaient affectés à l’ambassade royale du Danemark et à la résidence de l’ambassadeur. Par ailleurs, SMS n’avait en tout et pour tout qu’un seul marché, celui avec l’ambassade du Danemark. Selon les délégués, leur ex-employeur a mis fin à leur contrat juste après la rupture de son contrat avec l’ambassade en 2006. Ils ajoutent que la plupart des ex-vigiles ont plus de 10 ans de service avec la société SMS et n’ont jamais été déclarés à la Caisse nationale de Sécurité sociale (CNSS) alors que l’employeur imputait indûment les cotisations sur leurs salaires. Selon Paul Badinba, délégué du personnel, face à cette situation, ils ont d’abord opté pour un règlement à l’amiable à l’Inspection du travail.

Mais contre toute attente, l’employeur, Augustin Galyam Ouédraogo, par ailleurs député à l’Assemblée nationale, a pris l’initiative de les attraire devant le Tribunal du travail ; il a été débouté et condamné à payer les droits de licenciement et des dommages et intérêts, qui s’élèvent à plus de 72 millions de francs CFA, décision confirmée par le délibéré du 12 juin 2009. La grosse exécutoire fut confiée à maître Bogoré/Zongo Rosine.

Cette dernière fera savoir qu’elle ne parvenait pas à saisir les biens de l’honorable, à cause de son statut de député et de la forme juridique de la société SMS qui est en effet une SARL. Pire notre conseil, maître Souleymane Ouédraogo, nous invoquera les mêmes raisons, puis avoue son impuissance devant le blocage. Selon Bayé Ido, délégué du personnel, “le juge en prenant sa décision ignorait-il le statut de l’employeur et la forme juridique de la société” ? En outre, notre avocat nous tourne le dos ; quelle curiosité !

Un avocat qui vous lâche après avoir dépensé tant d’énergie et gagné son procès. Face à l’impuissance de la puissance publique et au désistement de leur conseil, ils s’en remettent à leur syndicat la CGTB en l’occurrence. Selon Tandimba, un autre délégué du personnel, “nous avons adressé une correspondance à l’honorable député, notre employeur, avec ampliation au président de l’Assemblée nationale, lui demandant de nous solder depuis le 06 décembre. Dans deux semaines, s’il n’y a pas de prompte réaction, nous irons manifester avec nos femmes et nos enfants à l’Assemblée nationale”.

Jean Stéphane Ouédraogo

L’Observateur

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