Des risques de dégradation économique subsistent pour les pays de l’Uemoa, du fait de la crise en Europe et de la sécheresse au Sahel. Le Fmi prône des mesures appropriées sur le plan macroéconomique pour faire face à ces menaces.
Les pays membres de l’Uemoa ont réussi une bonne gestion macroéconomique en 2011, année difficile, réussissant à contenir l’inflation et à préserver la stabilité financière dans toute la région. Ceci malgré la crise politique en Côte d’Ivoire au début de l’année dernière, la grave sécheresse dans le Sahel, la forte hausse des prix internationaux de l’alimentation et des combustibles.
Les membres du Conseil d’administration du Fmi ne sont pas insensibles à ce bon comportement, d’où leurs félicitations adressées aux autorités régionales pour leur bonne gestion macroéconomique, lit-on dans le dernier « Rapport des services du Fmi sur les politiques communes des pays membres » de l’Uemoa. Cependant, le Conseil ne manque pas de prodiguer des conseils face à certains défis et contreperformances. Il indique que « les progrès en matière de convergence ont été mitigés, et que des risques de dégradation subsistent étant donné la crise en Europe et la sécheresse actuelle au Sahel ». En conséquence, des mesures « appropriées » s’imposent sur le plan macroéconomique si ces risques se concrétisent.
Accélérer l’intégration régionale
A moyen terme, le Fmi suggère « d’améliorer le cadre de politique macroéconomique, de s’attaquer aux faiblesses structurelles fondamentales, de consolider la stabilité de l’Union en tirant parti de l’expérience dans la zone euro et en renforçant la surveillance régionale ». Les pays membres de l’Uemoa doivent également réduire leur déficit budgétaire à moyen terme dans le but de préserver la stabilité des finances publiques.
Cette réduction du déficit budgétaire doit se faire tout en portant une attention aux besoins urgents en matière d’infrastructures. Tout en se satisfaisant de l’examen en cours du critère de convergence relatif à la dette, le Conseil d’administration du Fmi propose d’envisager une stratégie plus globale en ce qui concerne la viabilité des finances publiques. Les pays membres sont invités à appliquer « promptement » les directives relatives à la gestion des finances publiques, à maîtriser les traitements et salaires, à opérer de larges réformes fiscales et à remplacer les subventions aux prix du pétrole par des dispositifs de sécurité sociale bien ciblés et adaptés au contexte régional.
L’orientation de la politique monétaire de l’Uemoa est « dans l’ensemble appropriée », estime le Fmi, mais il est quand même nécessaire de renforcer le système de gestion et de prévision des liquidités, d’accélérer la mise en œuvre des réformes du marché interbancaire qui sont prévues. Le Conseil d’administration trouve que les réserves de change sont adéquates et que le taux de change réel pour l’ensemble de l’Uemoa semble plus ou moins correspondre aux paramètres économiques fondamentaux dans la région. Le secteur financier régional est résilient, mais il faut renforcer encore la réglementation et le contrôle prudentiels en les alignant sur les meilleures pratiques internationales.
Il est aussi nécessaire de mettre en place un système plus formel pour la gestion des crises. Entre autres recommandations, le Fmi invite au développement du secteur financier dans le but d’atténuer les contraintes de financement intérieur, de soutenir la croissance. L’intégration régionale doit être accélérée, d’où la nécessité de redynamiser les politiques régionales, de veiller à leur application intégrale et de renforcer la coordination entre les pays membres. Les pays de l’Uemoa gagneraient à supprimer les obstacles au commerce intra-régional et à la mobilité des facteurs, à améliorer le climat des affaires afin de rehausser la compétitivité hors prix. Le Fmi invite enfin au développement des infrastructures régionales.
Malick CISS | Lesoleil.sn




