Les importateurs-exportateurs du Burkina disposent désormais d’un entrepôt et de bureaux modernes au port de Tema au Ghana. Situées dans la zone commerciale du port, ces infrastructures d’un coût d’environ 1 milliard 600 millions de F CFA ont été inaugurées, le vendredi 16 avril dernier.
A cette occasion, le ministre du Commerce, de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat, Léonce Koné, a été entouré du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), El hadj Oumarou Kanazoé, ainsi que de plusieurs membres du bureau consulaire. La partie ghanéenne a été conduite par Boubacar Soumanou, représentant le ministre des Transports.
Avant de procéder à la coupure du ruban symbolique ouvrant l’accès aux locaux, plusieurs personnalités ont pris la parole. Il s’agit de : l’ambassadeur du Burkina au Ghana, du représentant du ministre ghanéen des Transports, du vice-président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso, Lanciné Diawara. Bien entendu, c’est le ministre Koné qui a prononcé le discours inaugural.
Tous ont rendu hommage à l’excellence des relations diplomatiques et économiques entre le Ghana et le Burkina, ce qui a permis la réalisation de ces infrastructures.
Ces réalisations qui interviennent après celles d’ Abidjan, de Lomé et de Cotonou, font en gros 12 000 mètres carrés, c’est-à-dire 6000 couverts et quelque 5000 mètres carrés de terre plein. Le choix de Tema se justifie par le volume croissant du trafic en transit pour le Burkina ayant passé de 1900 tonnes en 1997 à plus de 600 millions de tonnes en 2009.
Cet entrepôt constitue un cadre propice pour stocker, traiter et sécuriser les marchandises en transit au port de Tema. Ce qui traduit la ferme volonté de la Chambre de commerce de doter sa représentation de locaux fonctionnels au Ghana où passe près d’un tiers des marchandises du Burkina, a souligné M. Diawara.
Le ministre du Commerce, de la Promotion de l’entreprise et de l’Artisanat a alors, saisi cette occasion pour saluer l’esprit de dialogue des autorités ghanéennes. Cet esprit ayant permis la création d’un cadre permanent de concertation entre nos deux pays pour trouver des solutions idoines aux problèmes communs.
Avec ces infrastructures, la CCI-BF devra désormais pouvoir assumer convenablement à Tema, une de ses missions essentielles : apporter son appui aux opérateurs économiques au cours de leurs opérations d’importations et d’exportations. Aussi, les bénéficiaires, venus nombreux, se réjouissent pour la plupart, de cette initiative.
Certains cependant, tel Victor Ouédraogo, résidant au Ghana, craint que cet espace sous loué à l’opérateur de transit SDV, ne soit pas facilement accessible aux opérateurs burkinabè. (Lire encadré).
Pour sa part, Roland Félix Semporé, représentant de la Chambre de commerce à Tema rassure : « Nous sommes en train d’étudier le mode de gestion le plus approprié pour satisfaire les opérateurs qui utilisent le port de Téma. Il faut savoir que la SDV est une des sociétés au monde dont le cœur de métier est de gérer des entrepôts et nous sommes en train d’étudier la question de l’exploitation de ces magasins »
La cérémonie s’est achevée par la signature d’une convention d’occupation du terrain entre le directeur général de l’Office des ports du Ghana, Nesta Galley et le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF), El hadj Oumarou Kanazoé. Aux termes de cette convention, le Ghana cède au Burkina un terrain d’une superficie de 15 900 m2 pour une durée de 25 ans renouvelable.
Avant l’entame des activités inaugurales, le site de l’entrepôt a été béni par des prières religieuses catholiques, musulmanes et traditionnelles africaines.
Jérôme Bilélé BENIN
Quelques appréciations sur la réalisation
Victor Fofana représentant de la CCIBF de 1993 à 1999
« Cette nouvelle infrastructure qui vient après Abidjan, Lomé, Cotonou, ouvre une porte supplémentaire aux opérateurs burkinabè. Ainsi, une fois leurs marchandises au port de Téma, elles sont plus sécurisées et mises en traitement dans les mains d’opérateurs que la Chambre de commerce maîtrise.
Par exemple, nous avons des collaborateurs ou des compagnies avec lesquelles nous avons beaucoup travaillé comme SDV, Mesland qui nous appuient aussi dans la gestion du fret de notre pays. Vous avez par exemple devant vous, des caisses de Brafaso qui sont arrivées au port mais à défaut de place, elles ont été déplacées ici. Par ailleurs, les importateurs n’ont toujours pas l’argent pour transporter immédiatement les marchandises à l’arrivée de chaque bateau.
Cet espace constitue alors un endroit de transit qui permet d’évacuer les produits au fret plus tard. Naturellement, il convient de donner l’information afin de faire découvrir cet important outil. C’est pourquoi la présente cérémonie se veut être le lieu de rencontre tous les opérateurs économiques »
Victor Ouédraogo, opérateur économique résidant au Ghana :
Nous serons réellement rassurés si ces infrastructures s’ouvrent véritablement aux opérateurs et que nous pouvons y stocker nos marchandises en souffrance au port à destination du Burkina.
Car il y a des moments où des arrivages connaissent ici de très longs délais d’enlèvement. Or, au delà de 21 jours, il y a des frais de magasinage et des containers à payer qui se chiffrent à des centaines de dollars par jour. Malheureusement, cet entrepôt est sous-louée, à SDV.
Il faut alors craindre d’autres tractations avant d’avoir une disponibilité d’espace. Nous avons parfois mal au cœur de voir qu’on paie des millions pour des frais de surenchère qui, du coup, jouent sur les prix de revient. Le consommateur est obligé de peiner pour accéder à cette marchandise »
Ousmane Guiro, DG de la douane représentant du ministre de l’Economie et des Finances
Je dois tout d’abord louer les efforts fournis par nos opérateurs économiques qui, en dépit des difficultés qu’ils rencontrent, se déploient sur tout le continent et au-delà, pour élargir les sources d’approvisionnement afin de faire prospérer leurs affaires.
Ainsi, les ouvertures de la Chambre de commerce vont contribuer à sécuriser le trafic à destination du Burkina. Plus le trafic est sécurisé, plus les recettes de la douane sont sécurisées. Ainsi, à travers ces infrastructures, la douane pourra avoir beaucoup d’informations sur l’arrivée des marchandises à destination de notre pays.
Donc, ceci est une bonne chose tant pour l’administration des douanes que pour les opérateurs économiques. Il faut aussi apprécier cette réalisation à sa juste valeur car les produits périssables ont besoin d’être dans des endroits adéquats pour être bien conservés.
Une des missions de la douane, c’est de faciliter le trafic, qui se développe sur l’axe Téma-Burkina Faso, et des dispositions seront prises pour répondre positivement à cet accroissement de trafic. Ce qui signifie que nous allons déployer les agents conformément aux nouvelles exigences. A ce niveau, nous n’avons pas de souci.
Du reste, quand la frontière Burkina-Côte d’Ivoire a été fermée, la douane a déployé des agents dans les postes de Bittou et de Dakola pour répondre à l’accroissement du trafic qui s’est déporté sur les ports de Lomé et Téma.
S’agissant des lourdeurs qui pourraient nuire aux effets de cette belle réalisation, je peux affirmer que la douane a 72 heures pour effectuer les formalités douanières. Je suis sûr qu’il y a des marchandises qui ne font pas 48 heures dans nos magasins.
En tous les cas, nous mettrons tout en œuvre pour corriger ces lourdeurs. Avec l’informatisation de nos réseaux, nous pourrons davantage réduire le délai de traitement des opérations.
Propos recuillis par BBJ
Source : sidwaya.bf




