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E-commerce : Quand les TIC révolutionnent le commerce !

Dans le contexte fortement concurrentiel actuel, l’efficacité et l’efficience sont
des déterminants stratégiques pour la compétitivité des entreprises. Pour s’imposer, celles-ci se mettent au diapason des dernières Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) en lien avec leurs domaines
d’actions. Dans ce mouvement général de professionnalisation de l’activité économique, les entreprises burkinabè ne sont pas à la traine. Au contraire, elles ont de plus en plus recours aux TIC pour booster leurs affaires. TIC et
commerce font donc bon ménage !

Avec la généralisation d’Internet, le commerce électronique défini comme
étant la production, la publicité, la vente et la distribution de produits et
services à travers des moyens électroniques est en train de connaître un
essor sans précédent dans le monde.

Il bouleverse sur son passage les vieilles habitudes du commerce national
et international en favorisant l’émergence de nouveaux métiers, de nouveaux modes d’organisation, de nouveaux comportements du consommateur, de nouveaux produits, etc.

Aux Etats Unis et en Europe, les ventes effectuées via Internet se chiffrent
en milliards de Dollars et d’Euros. Elles devraient connaître un accroissement exponentiel dans les années à venir. En Afrique, le commerce électronique s’installe progressivement dans les moeurs économiques.

La facilitation du commerce passe par la simplification, l’harmonisation et la normalisation des procédures, le but étant de créer un réseau de commercialisation efficace.

Après l’automobile, les banques et surtout les produits culturels que sont
les livres, les disques ou encore le tourisme… l’Internet commercial investit
désormais des secteurs d’activités plus variés comme l’agro-alimentaire,
les services aux entreprises, les produits industriels, etc. Les mutations
technologiques constituent un des piliers de cette révolution.

La numérisation du son, de la voix et de l’image a permis une véritable
explosion du multimédia, facilitant la pénétration de l’informatique dans des
secteurs comme l’art, la culture, le cinéma… L’augmentation de la largeur de bandes passantes grâce aux fibres optiques, aux réseaux numériques à intégration de services (RNIS), aux réseaux câblés, aux satellites, aux logiciels qui démultiplient les vitesses de transmission des fils de cuivre des lignes téléphoniques classiques et aux techniques de commutation à large bande a ouvert la voie vers les autoroutes de l’information qui sont l’infrastructure de base du commerce électronique.

Les mutations économiques constituent le second pilier de ce changement
radical.

La baisse tendancielle du coût des équipements informatiques (micro-ordinateurs de plus en plus puissants et de moins en moins chers) a favorisé leur dissémination dans le monde entier et plus particulièrement auprès des entreprises et du grand public.

De grandes opportunités à saisir

Tout compte fait, le commerce électronique n’est pas une nouvelle invention. En réalité, il a commencé à Le Journal de la Semaine de l’Internet être pratiqué au début des années 1970 par certaines organisations grâce aux
techniques de l’échange de données informatisé (EDI). Les grands groupes
industriels ont adopté cette technologie et l’ont imposée à leur multitude
de fournisseurs de produits semi-finis et de services, rationalisant ainsi leurs
systèmes d’approvisionnement et réalisant du même coup des gains de productivité.

Les services qui se prêtent le mieux au commerce électronique sont les fournitures d’accès Internet, l’hébergement de pages Web, la publicité et le marketing, les services financiers et de courtage, le tourisme et les voyages, les loisirs, l’information, etc.

Les téléservices qui sont des services réalisés à distance et livrés soit sur le
lieu de production soit chez le client ouvrent de larges perspectives au commerce électronique puisqu’ils s’appliquent dans des secteurs aussi
variés que l’éducation (télé-enseignement), la médecine (télémédecine), la
bureautique (télé-saisie de documents), les télécommunications (centres
d’appels), etc. Les produits qui ont connu le plus de succès jusqu’à présent ou qui ont un fort potentiel de développement sont les équipements informatiques, les logiciels, les livres, la musique, les cadeaux, les fleurs, les vêtements, les produits alimentaires et agricoles, les produits d’artisanat. Ces produits peuvent être catégorisés entre les biens tangibles et les biens immatériels.
Le développement du commerce électronique passe par une généralisation des paiements électroniques sécurisés. L’usage de plus en plus généralisé des cartes de crédit favorise le commerce électronique grand public. En effet les consommateurs ont acquis l’habitude, notamment dans les pays développés, de
payer de plus en plus leurs transactions (dans les centres commerciaux, les restaurants, les agences de voyage, les factures d’eau, d’électricité et de
téléphone, les abonnements, etc.) en utilisant leur cartes de crédit.

Le Burkina timidement dans le ecommerce

Le Burkina a très vite compris les enjeux des TIC en matière de commerce
et dans bien d’autres secteurs économiques et sociaux. La création de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques (ARCE) participe de cette vision.

Cette structure est appelée à jouer le rôle d’arbitre entre les différents opérateurs en veillant au respect strict de la réglementation. L’utilisation des
TIC dans le commerce revêt plusieurs formes au Burkina Faso. Avec la carte
INNOVA par exemple, le client peut effectuer des paiements électroniques en toute quiétude. Depuis le 27 mai 2010, la carte régionale Ecobank est désormais valable sur le réseau Nedbank en Afrique du Sud. Cette nouvelle extension permet à ECOBANK de marquer sa présence dans 30 pays africains. La carte permet aux clients d’ECOBANK d’accéder au Rand, la monnaie sud africaine sur tout le réseau Nedbank sans opérer de change. La Direction générale des douanes a également mis en place un serveur de collecte des documents nécessaires au dédouanement des marchandises.
Ce système a l’avantage de réduire les procédures douanières, dans l’optique de permettre l’amélioration des indicateurs de performance dans le cadre du commerce transfrontalier. Ce système permet à l’opérateur qui veut importer un produit de connaître les documents exigibles pour son dédouanement. A
partir de ce système, la douane burkinabè espère donner un souffle nouveau au commerce transfrontalier.

Dans le domaine immobilier, de nombreuses agences proposent la location/vente de maisons, l’achat de parcelles… en ligne. Les femmes
de l’association Song-taaba commercialisent leur beurre de karité et bien d’autres produits sur Internet.

De nombreux autres projets sont en train d’être conçus par plusieurs autres personnes ou structures.

Si le commerce électronique est en pleine expansion en Afrique et au Burkina, il n’en demeure pas moins que certains défis doivent être relevés par les différents acteurs.

Parmi les obstacles au développement du commerce électronique au Burkina, il y a le faible niveau d’équipement en informatique des ménages et des entreprises, le coût des télécommunications, le niveau de sécurité encore perçu insuffisant pour faire des transactions commerciales sur Internet, notamment l’appréhension à donner son numéro de carte de crédit ou son compte bancaire.

Les Burkinabè ont une forte propension à acheter ce qu’ils peuvent voir et toucher, ce qui explique le succès des foires commerciales alors que par définition le commerce électronique tend à supprimer le contact physique.

La 6è édition de la SNI permettra justement de dégager des pistes de solutions appropriées pour un commerce électronique en phase avec les objectifs de croissance accélérée du pays.

Arsène Flavien BATIONO

Extrait Journal SNI 2010

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