Selon une information rapportée par le site internet du «The Korean Times», la justice sud-coréenne aurait demandé la délivrance d’un mandat d’arrêt à l’encontre d’un ancien ambassadeur du secteur énergétique. Au terme des diverses auditions qui courent sur l’affaire depuis la fin 2011, le procureur de la République de ce pays est parvenu à la conclusion que l’ancien haut cadre a joué un rôle décisif dans le scandale de la manipulation des actions en bourse, au profit de l’entreprise C&K international, la maison mère de C&K Minning, l’entreprise attributaire au Cameroun de la concession d’exploitation du Diamant dans la localité de Mobilong à l’est du pays. Les procureurs ont saisi le tribunal central de Seoul afin que soit délivré à l’encontre de Kim Eun-Seok, ancien ambassadeur en charge des questions d’énergie et des ressources qui a été déjà démis de ses fonctions en raison de ce scandale, fait savoir un communiqué de la justice sud-coréenne repris par une majorité des médias sur place. L’ancien ambassadeur Kim est inculpé pour avoir usé de son influence de haut responsable, en communiquant une information erronée sur le volume de la réserve de diamants découverts dans la zone de Mobilong. Information qui a permis à cette entreprise cotée à la KOSDACK (le marché financier sud-coréen), de voir augmenter la valeur de ses actions. Monsieur est suspecté de manipulation du marché, abus de pouvoir et falsification de documents officiels, a fait savoir le communiqué. Toujours selon la justice coréenne, des proches de l’ancien dignitaire auraient profité de cette manipulation et sont dans le collimateur de la justice.
La justice sud-coréenne qui dit avoir annulé le passeport de M. Oh Deok-Gyun le président de C&K international lui serait aussi impliqué dans l’affaire. Elle suspecte que ce dernier se soit refugié au Cameroun, même si un mandat international n’a pas été annoncé. Alors que ce scandale autour de l’exploitation des Diamants de Mobilong continue de secouer la classe politique coréenne, le gouvernement est resté très silencieux dans cette affaire. En coulisse on affirme que c’est une affaire coréenne qui ne concerne en rien la partie camerounaise. Pourtant au moment où s’ouvraient les premières enquêtes parlementaires en Corée du Sud, certaines personnes auditionnées avaient fait savoir que d’une certaine façon les autorités camerounaise avaient contribué à la validation du rapport d’évaluation des réserves de diamants. Faux affirmait-on côté camerounais. Ce sont eux les partenaires qui ont la technologie, nous leur avons fait confiance, affirmait alors plusieurs cadres proches du dossier, mais sous anonymat. Décembre 2010, l’exécutif camerounais avait officiellement remis le permis d’exploitation à l’entreprise C&K Minning, le premier remis dans un délais de temps très court (4 ans), pour les permis d’exploitation minière au Cameroun, avait fait savoir le ministre des Mines de l’époque, Ndanga Ndinga aujourd’hui sorti du gouvernement. C&K Minning était supposée débuter l’exploitation à partir du 16 décembre 2011. N’ayant pas toutes les clauses du contrat, il est difficile de dire à partir de quel moment il était considéré que les activités d’exploitation avaient débuté. Il y a quelques semaines, Cameroon-tribune le quotidien bilingue d’Etat, faisait un dossier sur ces diamants en insistant sur les retombés du projet et attribuait au passage le début de l’exploitation et ses bénéfices directs et indirects, à un nouveau succès du président Paul Biya. Il est difficile de dire si C&K Minning, détenu à près de 70% par C&K international aujourd’hui en difficulté, pourra avoir le capital matériel et financier pour démarrer de manière pertinente les activités d’exploitation à Mobilong.
Par Idriss Linge
Journal du Cameroun.com




