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Développement de l’élevage : Luc Adolphe Tiao encourage des promoteurs d’unités de production de Koubri

Une aviculture moderne, deux élevages laitiers et une usine de fabrication d’aliments pour bétail. Tels sont les sites que le Premier ministre, Luc Adolphe Tiao, a visités ce jeudi 15 mars 2012 aux alentours de la commune rurale de Koubri. C’est par la ferme avicole « Moalaou SA » de Abou Ouattara à Nambé, à environ une trentaine de kilomètres de Ouagadougou, que le chef du gouvernement a débuté sa tournée. Sur 15 ha abritant une poussinière, deux bâtiments de démarrage de poulettes et deux bâtiments pour pondeuses, ce promoteur pratique l’aviculture industrielle et les hôtes d’une matinée de Abou Ouattara ont été séduits.

Poulaillers entièrement climatisés, système d’alimentation, d’abreuvage et de ramassage d’œufs mécanisés…la ferme avicole Moalaou est unique au Burkina Faso. L’investissement a coûté environ 450 millions de FCFA. « J’ai commencé en 1987 avec un système semi-artisanal de 500 poules pondeuses au sol. Il y a sept ans, j’ai décidé de passer à un système industriel. Et les potentialités qu’il offre encourage tout promoteur à aller dans ce sens », a souligné Abou Ouattara qui fait près de 2 milliards de FCFA de chiffres d’affaires par an. Pour l’heure, il dispose de deux bâtiments de 62 000 poulettes de 13 semaines et d’un bâtiment de 50 000 pondeuses de 19 mois. Comme difficultés, le promoteur regrette la fiscalité très élevée sur les intrants et les équipements d’élevage.

Après Nambé, Luc Adolphe Tiao et cinq membres du gouvernement qui l’accompagnaient ont mis le cap sur Tanvi-Nakamtenga à environ quinze km de Koubri. Là, s’érige la ferme laitière « ANAJA » de 18 ha de Jacques Yaméogo où il pratique depuis 2004 un système d’élevage intensif. Les infrastructures, constituées de deux étables, quatre box pour veaux, contiennent à ce jour 25 vaches, 12 génisses, 15 vêles et veaux. Sa production journalière est de 100 litres de lait (avec un pic de 130 litres) et la meilleure vache produit 15 litres de lait par jour. Mais c’est le biodigesteur qui a particulièrement attiré l’attention de Luc Adolphe Tiao.

Le responsable technique du Programme national de biodigesteur, Achille Sanou, a expliqué au chef du gouvernement le fonctionnement du système jusqu’à l’obtention du biogaz. « C’est le méthane surtout que nous recherchons car il comporte moins de risque que le carbone et alimente correctement les lampes et les foyers. Nous faisons aussi des tests pour pouvoir l’adapter au réfrigérateur », a-t-il indiqué.

Les efforts des moines de Koubri salués

De retour de Tanvi-Nakamtenga, le chef du gouvernement a fait une halte au monastère St. Benoît de Koubri pour visiter l’unité de production laitière qui s’y trouve. Les moines se sont installés dans cette localité depuis 1962, et selon un des responsables, Frère Augustin Bourgou, même si sa communauté a pour activité essentielle la prière, elle ne s’isole pas pour autant de son entourage. Il en veut pour preuve la construction de 40 salles de classe, 137 barrages, l’alphabétisation de près de 420 personnes, etc. La ferme, créée en 1972, dispose de 37 vaches, 12 génisses, 26 vêles et veaux et de trois géniteurs. La production est de 270 litres de lait/jour (avec un pic de 470) et la meilleure laitière peut produire 25 litres de lait/jour. Le lait frais pasteurisé, le fromage, la confiture sont les principaux produits qu’on y trouve et qui achalandent de nombreuses alimentations de Ouagadougou. Aux moines, Luc Adolphe Tiao leur a avoué que si l’élevage est prospère aujourd’hui au Burkina Faso, c’est en partie grâce à leurs efforts inlassables.

Sur les diverses fermes visitées, la difficulté d’accès aux aliments pour bétail a été la principale préoccupation des promoteurs. Cette difficulté sera bientôt levée avec la construction, par l’Etat et des privés, d’une usine de fabrique d’aliments pour bétail. C’est avec la visite de ce site que le Premier ministre Luc Adolphe Tiao a achevé sa tournée. L’usine située à Koubri sera constituée, entre autres, d’équipements de réception de matières premières et d’ingrédients divers, de matériels de production de tourteaux d’oléagineux et de production d’aliments enrichis. « C’est une usine d’une capacité de 100 000 tonnes/jour d’aliments enrichis qu’il faut différencier des aliments de base. Car il y en a qui pensent que le son et les tourteaux constituent uniquement les aliments complets. C’est une usine professionnelle qui fabriquera des aliments professionnels et qui seront vendus à des coûts abordables pour les producteurs », a indiqué le conseiller technique du ministre des Ressources animales, Adama Ouédraogo, précisant que l’ouvrage qui a déjà démarré coûtera 5 milliards de FCFA dont 1,7 milliard comme fonds de roulement pour les charges d’exploitation lors des six premiers mois de fonctionnement de l’usine.
Ainsi, d’ici à juillet 2012, foi des techniciens, les éleveurs de bovins, d’ovins, de caprins et de volailles auront des aliments enrichis à leur disposition.

L’initiative des promoteurs saluée par Luc Adolphe Tiao
« L’élevage est l’une des ressources importantes de notre pays et le potentiel est énorme. La visite se situe dans le souci du gouvernement de promouvoir ce secteur. Le premier site que nous sommes allés voir est une ferme avicole qui utilise des procédés industriels pour la production de poules. Nous avons été très impressionnés par ce que fait ce promoteur, M. Ouattara, qui a un chiffre d’affaires de près de 2 milliards de FCFA par an. Voilà un créneau qui peut être porteur pour les entrepreneurs burkinabè. Il faut encourager cette initiative parce qu’aujourd’hui, nous consommons énormément de poulets et d’œufs. Malgré l’importance de sa production, ses produits ne suffisent pas. Il appartient au gouvernement d’encourager la multiplication d’unités de genre car si M. Ouattara a réussi, d’autres personnes le peuvent également. Nous avons voulu aussi visiter une ferme laitière modeste, qui n’a pas nécessité un investissement aussi important que ce que nous avons vu dans la première ferme. Il prouve aux Burkinabè qu’avec peu de moyens ils peuvent gagner leur vie. Nous saluons donc l’initiative de Jacques Yaméogo et surtout son programme de biodigesteur. On a vu qu’il utilise cette technologie qui lui permet de disposer de l’énergie à bas prix. Nous avons lancé ce programme l’année dernière et nous l’encourageons car c’est une technologie que l’on peut implanter partout au Burkina Faso.
Nous avons été par la suite chez les moines. Ils sont là depuis 1962 et ils font énormément de choses pour le Burkina Faso en matière d’appui aux populations, de réalisation d’infrastructures sociales. En plus, ils ont été pionniers dans l’élevage moderne. Nous avons vu leur ferme laitière afin de les encourager et montrer que le gouvernement s’intéresse particulièrement à l’élevage intensive. Il est bien de faire de l’élevage extensif, mais il y a des problèmes de terre. Enfin, nous avons terminé cette visite sur un projet-phare du gouvernement qui est la réalisation d’une usine de fabrication d’aliments pour bétail de grande envergure. Car partout où nous avons été, le problème d’aliment s’est posé ».

Sidwaya.bf

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